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 Qui a dit que le destin, c'était du flan? [Krow]

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MessageSujet: Qui a dit que le destin, c'était du flan? [Krow]   Mer 24 Avr - 10:29

« Mais attend, je comprends pas : ton arrière-grand-oncle a renié ton cousin germain parce qu’il avait oublié de changer l’eau de l’aquarium où vivaient ses axtoltot –c’est vraiment dur à dire ce truc, c’est quoi d’ailleurs ?- ce qui a fait qu’ils sont morts intoxiqués par une algue carnivore qui a profité de l’eau pas fraîche pour se développer ? C’est ça ? … Trop coooool, on dirait une intrigue de Plus belle la vie ! Au fait, c’est quoi un cousin germain ? Parce que ça m’a toujours fait pensé à un gros moustique allemand, mais maintenant j’ai un doute…»

Gummy secoua la tête en signe de perplexité, ce qui fit voler ses mèches dans tous les sens, et assomma au passage une innocente mouche qui voletait par-là.

« Axolotl… » corrigea son interlocuteur d’un filet de voix, avant d’émettre un discret râle d’agonie.

Le jeune homme avait une vingtaine d’années, une allure dégingandée, une tignasse hétéroclite mais globalement rousse qui encadrait un visage habituellement rieur. Il n’était pas vraiment beau, mais doté d’un charisme indéniable -en temps normal.
Et puis il avait croisé Gummy.
Désormais, il se tenait affalé sur un banc en pierre, épuisé, tremblant, pâle, migraineux, pas encore vomissant, mais ça n’allait probablement pas tarder. Ses yeux bleu marine avaient perdu leur petite étincelle caractéristique, s’étaient troublés et avaient acquis une fixité inquiétante, si bien que ceux d’une morue ayant séché au soleil pendant une semaine auraient probablement eu l’air plus vivace. Ses cheveux indomptables d’ordinaire s’étaient flétris tels des coquelicots cueillis depuis plus de trente secondes ; ils étaient devenus ternes, gras, et pendaient lamentablement sur son front. Cela prouvait que Gummy, bien que reconnue quasi-unanimement comme la onzième plaie d’Egypte (et la première de Skies Kingdom), ferait la fortune des coiffeurs. Par respect pour ce malheureux garçon, nous arrêterons cette description (à peine exagérée) ici, mais il aurait été tout aussi judicieux de parler de sa peau desséchée et parsemée de plaques rouges (une allergie, vraisemblablement, mais à quoi ? Mystère….) ou des rides précocement apparues au coin de ses yeux et sur son front (d’où l’intérêt des cheveux pendouillants, hé !). Pour faire court, le jeune homme, prénommé Hubert soit dit en passant, était devenu une loque, et maudissait intérieurement cette saleté de gamine, ainsi que sa descendance (en supposant qu’elle en ait un jour une, ce dont il doutait un peu) sur 90 générations.

En effet, au cas où vous en doutiez encore, c’était bien Gummy qui, du haut de ses 1m50, avait provoqué une telle déchéance chez un garçon pourtant peu impressionnable de nature. Tout avait commencé quatre heures plus tôt : alors qu’il vaquait à ses occupations dans une des ruelles du quartier commerçant, Gummy était sortie de nulle part juste devant son nez. Bien qu’il ait pu assister à de nombreuses choses étranges, loufoques et invraisemblables depuis son arrivée sur Skies Kingdom, Hubert n’avait encore rencontré qui que ce soit possédant cette aptitude, aussi avait-il gentiment abordé la gamine afin d’assouvir sa curiosité quant à son drôle de don. Erreur fatale. Car voyez-vous, si Gummy a naturellement tendance à stalker tout ce qui bouge, si vous commettez la bourde de lui adresser la parole en premier, elle se sent obligée de vous accorder encore plus d’attention que d’ordinaire. Autrement dit, au lieu de vous coller pendant trois heures, elle vous collera pendant le double, c’est-à-dire six heures (qui a dit que je prenais mes lecteurs pour des quiches ?).
Ainsi, la gamine, ravie de l’attention qu’elle venait de susciter chez ce charmant jeune homme, commença par lui expliquer en détail le fonctionnement de son passionnant pouvoir. Nul doute que si un jour il ne savait plus quoi faire, Hubert pourrait désormais entreprendre (sans besoin de documentation extérieure) la rédaction d’une thèse sur la téléportation. Et puis une deuxième sur le changement de voix, aussi, étant donné que, après avoir terminé son petit laïus de trois quarts d’heure sur son premier don, Gummy avait derechef enchaîné sur un exposé équivalent à propos du second.
Puis, alors que Hubert pensait enfin pouvoir se débarrasser de ce fléau à couettes, Gummy avait laissé échapper à voix haute une innocente réflexion, quelque chose comme « Oh, mais tu sais que tu ressembles un peu à Clyde. Tu connais Clyde, au fait ? ». « Pas du tout » avait lâché sans y prendre garde le jeune homme (qui soit dit en passant ne pouvait être comparé audit Clyde que par la couleur de sa tignasse, et encore). Deuxième erreur fatale.
Répondre à Gummy est en soi une chose dangereuse, mais lui répondre lorsqu’il est question de Clyde est absolument fatal. La gamine serait capable d’écrire trente-six thèses et leurs mémoires associés à propos de Clyde. L’idée l’a d’ailleurs effleuré, mais écrire nécessite d’une part une quasi-immobilité et d’autre part une certaine dose de concentration, deux choses que Gummy est tout bonnement incapable de mettre en œuvre. A défaut de les écrire, cependant, elle est tout à fait capable de vous les déclamer en live, et même avec différentes voix, au cas où vous vous lasseriez de la sienne. C’est précisément ce qu’elle entreprit de faire pendant une heure et demie. Croyez-moi, entendre une gosse relater avec la voix de ‘Tibiscuit (mais siiiii, le petit pain d’épice dans Shrek !) les exploits tirés par les cheveux d’un héros surréaliste est une forme de torture au moins équivalente aux plus terribles des supplices chinois.

Hubert avait donc déjà subi pendant trois heures la compagnie harassante de Gummy, et entendu suffisamment de récits mythomanes à propos d’un dénommé Clyde pour développer une allergie définitive au prénom en question, lorsqu’il eut ce qu’il pensait être une brillante idée : puisque cette gamine était insupportable par son flot de paroles continu, il suffisait de la faire taire (jusque-là, rien que de très sensé). Voire de lui rendre la pareille (c’est là que ça se gâte). Autrement dit, Hubert décida de battre Gummy sur son propre terrain, c’est-à-dire de la noyer à son tour sous un flot de paroles débiles.
Je ne sais pas si c’était de la naïveté, de la prétention ou de la bêtise. Quoi qu’il en soit, ce fut une troisième erreur fatale, ce qui commençait à faire beaucoup.
La coupant au milieu de son laïus alors qu’elle venait d’adopter la voix de Pierre Palmade (il aura au moins échappé à ça), il se lança dans une description aussi barbante que fantaisiste de son arbre généalogique. Le sujet lui avait paru parfait, dans le sens où il pouvait inventer n’importe quelle ânerie, la gamine n’aurait jamais aucun moyen de vérifier la véracité de ses propos (chose qui ne serait de toute façon jamais venue à l’esprit de Gummy). Il espérait que la description des cors aux pieds de son arrière-grand-oncle la dégoûterait suffisamment pour qu’elle daigne arrêter de le suivre partout.
Il ne savait pas, hélas, que Gummy était susceptible de s’intéresser à absolument tout et n’importe quoi (y compris les déboires plantaires d’octogénaires) et même d’alimenter généreusement une conversation sur un sujet dont elle ne savait absolument rien. En quelques minutes, il perdit le contrôle de la situation, et c’est ainsi que, une heure plus tard, ils étaient encore en train de discuter des micmacs familiaux du jeune homme. Quoique « discuter » est un grand mot : Gummy alimentait à elle toute seule 90% de la conversation, et Hubert compétait par des onomatopées et des gargouillements les 10% restants.

« Axotol ? Ouais, c’est vrai que ça sonne mieux comme ça ! Et c’est quoi, c’est quoi, hein, hein, hein ? »

Hubert ne se sentit pas le courage de se lancer dans une description de ce charmant batracien qu’est l’axolotl. Cela n’empêcha pas Gummy de continuer sur sa lancée.

« C’est marrant comme mot, on dirait du vietnamien, ou peut-être de l’islandais… »

Inutile de préciser qu’elle n’avait jamais entendu aucune des deux langues qu’elle avait citées.

« Ah non, je sais ! Ça ressemble aux noms trop bizarres des Dieux du peuple qui vivait il y a longtemps et construisait des espèces de parymides avec tout un tas de marches, là ! Les… attend, ça va me revenir… … … Ah oui, les Paztèques ! J’ai fait un exposé dessus en CM2 ! » confia-t-elle avec une fierté un peu déplacée si on considérait qu’elle avait mis 20 bonnes secondes pour sortir une ânerie. Pour toute réponse, Hubert tressaillit vaguement du pied.

« Mais je sais toujours pas ce que c’est, n’empêche. J’ai l’impression que c’est un truc difficile à décrire, c’est ça ? » demanda-t-elle en avant de disparaître pour réapparaître sur le banc à côté du jeune homme, un air compatissant sur la visage. « Hé, tu sais quoi, l’idéal ça serait que j’en voie un ! Tu sais pas où je pourrais trouver un axotlotlt ? »

Une petite lueur d’espoir s’alluma au fond des yeux troubles d’Hubert. Il rassembla ses dernières forces pour dire la première chose qui lui vint à l’esprit :

« L’étang fleuri… » lâcha-t-il d’une voix rauque.

« C’est vraiiiiii ? Trop cool, c’est tout près, enfin pas trop, mais pas si loin quand-même ! »

Elle se comprenait, on va dire que c’était le principal…

« Tu sais quoi, je vais y aller avant qu’il fasse totalement nuit ! » Elle s’arrêta brusquement, l’air déçue. « Mais j’ai pas eu le temps de finir de te raconter les aventures de Clyde, c’est super dommage… »

Hubert fut pris d’un accès de panique. Il gargouilla quelques mots que Gummy interpréta comme cela l’arrangeait.

« Ouais, t’as raison, je pourrai le faire la prochaine fois qu’on se verra ! Ban bah c’était braiment cool de te rencontrer ! Un peu court, mais cool ! A la prochaine ! »

Et au grand soulagement du garçon, Gummy disparut définitivement. Il ferma les yeux. Avant de sombrer dans un sommeil réparateur, il se jura de changer de nom, d’adresse, de style vestimentaire, se teindre les cheveux et de porter à vie des lentilles de contact de couleur, et ce dès son réveil. Il était prêt à tout pour ne plus jamais recroiser cette gosse.

***

Gummy arriva à l’étang fleuri en trois minutes et quatre téléportations. Elle y avait déjà été auparavant, durant quelques heures mémorables où elle avait harcelé successivement tous les jolis couples et les honnêtes marchands qui s’y trouvaient alors.
Cette fois-ci, la nuit tombant, la plupart des marchands avaient quitté l’endroit, en revanche, plus d’une dizaine de couples s’étaient déjà dispersés autour de l’étang. Il fallait admettre qu’entre le soleil qui finissait de décliner à l’horizon, la douce brise et les premières lucioles qui apparaissaient au-dessus de l’eau, le lieu était absolument parfait pour une ballade en amoureux, voire plus si affinités. Les pauvres tourtereaux avaient cependant bien mal choisi leur jour. En effet, Gummy, après avoir jeté un rapide coup d’œil aux environs sans apercevoir quoi que ce soit pouvant correspondre à la dénomination d’axolotl, entreprit d’aborder chaque couple de façon plus ou moins subtile afin de leur demander s’ils n’avaient pas vu un « axoloxtl », ou un « axotlok », voire un « axotlop », le nom de ce malheureux animal étant un peu plus malmené au fur et à mesure qu’elle avançait dans son sondage. Elle essuya naturellement des réponses peu amènes, mais il en fallait plus pour désarçonner Gummy. C’est au beau milieu de sa septième tentative qu’elle le vit.

« T’es vraiment sûr que t’as pas vu d’axotlkdtsrwltsargh… »

Comme Hubert un peu plus tôt, elle termina sa phrase dans un gargouillement, quoique la cause ne fut pas exactement la même. Sa mâchoire se décrocha, son cœur s’emballa, ses yeux s’emplirent d’étincelles, sa gorge se serra, mais pas bien longtemps, vu qu’au bout de quelques secondes à peine elle fût en mesure de brailler :

« ARTHUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUR !!! »

Car c’était bien lui, à quelques mètres de là, se tenant au bord de l’étang illuminé par la chaude lueur qu’émettaient les lucioles. Sans plus attendre, Gummy s’élança, laissant sur place le couple effaré. Elle parcourut en un temps record la distance qui la séparait de celui qu’elle considérait -de façon totalement injustifiée- comme son âme sœur, et lui sauta au cou. Ce fût… Humide.
C’est-à-dire que Gummy, tout à son émotion, n’avait pas intégré le fait que son aimé se trouvait vraiment très près du bord. Tous deux emporté par son élan, ils crevèrent la surface de l’étang et s’enfoncèrent profondément dans l’eau glacée.
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MessageSujet: Re: Qui a dit que le destin, c'était du flan? [Krow]   Jeu 25 Avr - 16:34

« Krow. Je m’appelle Krow. »

Telle fut la première pensée de Krow ce jour-là. Et aussi la dernière, pensait-il, puisqu’il venait vraisemblablement de se faire percuter par une chose. Une chose mortellement dangereuse et qu’il espérait bien ne pas être ce qu’il pensait qu’elle était, sinon il vaudrait mieux qu’il soit mort, car cette chose allait le tuer à petit feu … Une minute, je reprends ma respiration et je vous explique tout depuis le début.

DONC. Où en étais-je ? Ah oui. La première pensée de Krow. Alors non, il n’avait pas une mémoire défaillante. C’est juste qu’il avait du mal à s’y faire. Je voudrais bien vous y voir, vous. Il s’était fait appeler Arthur pendant 15 ans, et voilà qu’on l’appelait Krow ! N’importe qui aurait du mal. Ouais, bon, il l’avait choisi, ce nom, mais quand même …
BREF. Sa première pensée. Et la deuxième fut « Faut que je visite cette ville. Ou je vais me perdre un jour. » ce qui paraissait à peine plus logique. Du coup, il était parti la visiter, cette ville.
Au début, tout allait bien. L’endroit était sympa, et il ne s’était perdu que 3 fois (ouais, il manque un peu de sens de l’orientation). Mais il avait retrouvé son chemin, donc pas de problème. Et puis, vers la fin de l’après-midi, il s’était dirigé vers un lieu qui allait faire son malheur à tout jamais …

Lorsqu’il arriva, le soir commençait à tomber. L’endroit était joli. Trop joli. Un mignon petit étang avec des toooonnes de mignonnes petites fleurs autour. Ceci était un euphémisme. Krow eut soudain très envie de vomir. Tout ça était affreusement kitsch. Quelle horreur.
Mais le pire restait encore à venir.
Le jeune homme déambulait lentement, tel un fantôme errant sur le lieu de son décès, sans comprendre ce qui lui arrivait. Et puis. Il y eut un hurlement bestial (je n’ose pas le retranscrire ici, mais si vous voulez VRAIMENT savoir ce que c’était, allez voir la dernière phrase en bleu dans le post de Gummy. A vos risques et périls), un choc affreux (Krow eut l’impression de se prendre tous les bâtiments de la ville, c’est pour dire) et une chute (très courte). Puis un gros PLOUF.
Krow eut une pensée dérangeante :

« Je connais ce hurlement, euh, cette voix … … … NON, PAS ÇA !! »

Il creva brusquement la surface de l’étang, bien décidé à fuir avant qu’il ne soit trop tard. Même s’il aurait dû savoir qu’on échappe pas à Gummy. Jamais. (musique dramatique)
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