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 Fantasies and Impromptus [Kaiju]

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MessageSujet: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Ven 9 Aoû - 9:26


Il manque que le feu de camp





Parfois, il y a des bonnes journées. On se lève, il fait beau, on n'a mal nulle part, personne ne vous embête, vous faites votre boulot et tout va bien. Et puis il y a des jours sans. Où on se lève en se prenant les pieds dans le tapis, au sens propre, où on se cogne dans la douche, où on fait rouiller la bouilloire et que son contenu bouillant passe à trois millimètres de vos pieds, que vous vous faites engueuler par-dessus le marché, où votre cravate préférée vous reste dans la main, usée jusqu'à la trame, où les clients sont plus chiants que d'habitude... Enfin la totale. Dans ces cas-là, il y a trois options. La première, se pendre, directement, pour éviter que ça recommence. Un peu radical, quand même. La deuxième, se gaver de somnifères et dormir jusqu'à un jour meilleur (en général le lendemain, vu que ça pourrait difficilement être pire), et la troisième : se prendre une cuite.

A savoir que ce n'était pas tout à fait l'activité favorite de Requiem. Il avait un assez mauvais souvenir de cuite, une obscure soirée passée à l'université, qui avait relativement mal tourné en définitive. Ils avaient décidé de partager la booze avec le département de Médecine, et se réveiller sur une table d'autopsie, un corps ouvert en Y à côté de lui avait laissé un souvenir impérissable, mais pas nécessairement de ceux qu'on aimait voir remonter à la surface. Donc, avait-il décidé, il avait besoin de prendre de la hauteur, et surtout de ne pas boire seul.

Bien entendu, il aurait pu traîner Melody avec lui, mais on ne raconte pas tout à sa petite sœur, quoiqu'elle puisse croire. Il avait fait un rapide crochet par la maison pour se changer (le jean et les tennis trouées seraient suffisantes, plus une chemise en flanelle au cas où le temps se rafraîchirait), laisser un mot à Melo pour lui dire qu'il ne serait pas là pour le dîner, et prendre sa gratte. C'est elle qui l'avait faite et il l'aimait beaucoup, mais il n'irait pas lui dire. Il redescendit discrètement pour que les éventuelles clientes ne tombent pas en pâmoison, entra dans la première boutique de spiritueux qu'il croisa, et y fit quelques emplettes.

Chargé comme un âne, il monta ensuite vers le Château. Il ne s'y rendait globalement jamais. Il n'en avait pas besoin. Mais son bon ami, son presque-Oncle, travaillait et peut-être même vivait là-bas. Il ne lui avait jamais demandé, en fait. Mais là n'était pas la question du jour. Il n'avait pas eu de ses nouvelles depuis au moins une semaine, et il s'inquiétait un peu. Problème récurrent, d'ailleurs. Il s'attachait toujours trop à des gens qui, en général, ne voyaient en lui qu'une distraction. *Je suis une midinette* pensa-t-il. Cette pensée le fit rire. On ne le changerait plus maintenant.

Plus il approchait des portes, plus il se rendait compte que c'était étrangement silencieux. Enfin, qu'il n'y avait personne, en somme. Rien de bien grave. Il allait faire un sitting, et au bout d'un moment, quelqu'un irait bien se plaindre au Gardien qu'un hurluberlu faisait le pied de grue avec une guitare et de l'alcool. Nuisances sonores. Tapage nocturne. La totale. Un nouveau rire lui échappa. Il avait besoin de faire des conneries ce soir.

Arrivé à destination, il posa son sac, où les bouteilles s'entrechoquèrent de façon satisfaisante, il enleva ses chaussures, sortit sa guitare de son étui, alluma une cigarette, et s'assit en tailleur. Il ouvrit une bouteille de bière qu'il planta ensuite dans le sol pour qu'elle tienne debout, et détacha son médiator de son collier. Un léger effleurement lui suffit pour se rendre compte qu'elle était parfaitement accordée. Il y faisait attention. Il démarra la mélodie en frappant du doigt sur la caisse, puis débuta sa reprise, chantant de sa voix grave les paroles des All American Rejects. Night Drive était une excellente chanson...

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MessageSujet: Re: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Ven 9 Aoû - 11:05

HRP:
 
Kaiju marchait, transformé, tout prêt du Château Ambulant qui allait bientôt se poser.

On allait le faire s’arrêter un peu le temps d’aller chercher des pièces de rechange pour sa mécanique, d’après ce qu’on lui avait dit. Bon et bien, grand bien leur fasse, ce n’était pas lui que ça regardait. L’androgyne était seulement le Gardien des Portes de ce bâtiment pour le moins singulier, et rien de plus. Les questions existentielles sur les moteurs, il les laissait à l’autre hystérique rousse qu’il appréciait pourtant plus qu’il ne le laissait paraître. Ses pas étaient lourds, sur ce sol poussiéreux. Bien plus que d’habitude, en plus. La fatigue devait commencer à apparaître, mais il ne pouvait pas se permettre d’aller faire une sieste maintenant. L’immense bicoque stoppée, il dut aller faire un tour rapide aux alentours, afin de vérifier s’il n’y avait pas de danger susceptible de menacer l’intégrité de la construction qu’il devait surveiller.

Jamais assez trop prudent, Kaiju profitait de son potentiel terrifiant pour éloigner les badauds trop curieux et les plausibles voleurs cachés çà et là dans les branches des arbres et les buissons en contre-bas. Objectif atteint, il pouvait donc aller se coucher près du Château, comme un bon gros chien de garde prés à mordre le premier gus venu et dont la tête ne lui reviendrait pas. Le souci, lorsque l’on a son job – parfois ingrat, disons le franchement – c’est qu’il lui faut souvent prendre sur lui pour satisfaire les demandes de ceux qui logent dans le complexe ambulant. Comme là, tout de suite, maintenant. L’une des vigies avait repéré un, je la cite « individu suspect avec des sacs encore plus suspects que lui ».

Kaiju ne pouvait pas parler, sous sa forme monstrueuse. Ou alors ce n’était pas très compréhensible, donc il avait arrêté les frais peu de temps après être arrivé dans cet infernal endroit tout mielleux. A la place, il laissait faire son instinct et se gargarisait avec sa gorge assortie à sa taille, histoire d’essayer au moins de communiquer. Problème numéro un : Ça ne marchait jamais. Problème numéro deux : Se référer au problème numéro un. Oui, en clair, les extras sociaux de ce gars-là étaient diablement réduits lorsqu’il se transformait. Seule une rare poignée d’individus ne le craignait pas – l’une d’entre eux, d’ailleurs, qui se reconnaitra à coup sûr, n’a même pas peur de lui envoyer des escarpins sur le nez !- et pouvait supporter sa présence ainsi sans frôler la tachycardie. C’est tout.

Partant donc de ce postulat, Kaiju entama une petite marche sur ses quatre immenses pattes et parti en direction de ses informations fraichement recueillies. Quelle ne fut pas sa surprise – bonne, à n’en pas douter – de voir Requiem, assis peinard avec ce qui devait probablement être des bouteilles d’alcool à en juger par l’alcool amère à l’odorat. L’ex-nippon aimait bien ce gosse. Un peu – beaucoup- idiot parfois, mais sympathique. Bon, certes, il lui avait fait traverser un banc lorsque ce dernier avait essayé de le draguer en le prenant pour une femme … Mais c’avait été bien mieux après ! La preuve, ils se revoyaient souvent, dès qu’ils le pouvaient, pour discuter un peu ou boire un verre. Ou les deux. C’était donc bien loin de « l’individu suspect » tout juste décrit à la bête immonde qu’incarnait Kaiju. Tant mieux, dans un sens. Les courses poursuites commençaient à le lasser.

Arrivant donc vers Requiem, notre protagoniste, si habitué à sa forme cauchemardesque, en avait oublié qu’il ne se tenait plus sur ses deux jambes. Sa taille n’avait donc plus rien de normale, au moins autant que son apparence. Instinctivement, il voulut appliquer une petite tape sur le sommet du crâne de Requiem. Rien de bien méchant, juste une petite salutation sympathique. Il ne réalisa cependant qu’il ne pouvait le faire avec ce corps – au risque de l’écraser sans ménagement – qu’au moment où il abaissa sa patte vers le crâne du concerné. Heureusement pour ce dernier, Kaiju pu dévier sa paluche juste à côté de lui, faisant sursauter le sol, et les bouteilles, aussi.

Oups.

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MessageSujet: Re: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Ven 9 Aoû - 11:50


Une bière?


Apparemment, les gens du Château étaient moins réactifs que prévu en ce qui concernait les intrus sur leur terre. Il n'avait pas encore vu l'ombre du Gardien, Et pourtant il restait seulement la moitié de la bière, et... s'il visait encore à peu près bien, la moitié d'une bouteille d'alcool local, genre tords-boyau. Tout doucement, il sentait les lambeaux de sa conscience partir en fumée, comme la bouilloire le matin-même. Il était calme, terriblement serein. Même s'il avait l'impression d'avoir des hallucinations. Comme si le sol tremblait sous lui. Il devait y avoir quelque chose dans cette liqueur.

Il avait l'impression d'être replongé dans l'absinthe, pendant un moment. Mais il avait arrêté à ses dix-huit ans. Comme le LSD. Et pourtant, alors qu'il relevait la tête pour voir le ciel qui sombrait à l'horizon, il eut l'impression qu'une éclipse avait lieu. Puis il réalisa que quelque chose approchait. Son inclination première hurlait quelque chose comme *OMFG!!!* dans son esprit. Elle l'incitait à prendre ses jambes à son cou, même s'il n'était plus sûr de savoir lesquelles étaient les siennes.

Puis, au fur et à mesure qu'il levait la tête pour essayer de discerner les détails, l'abattement s'empara de lui. Il ne savait pas quel genre de Dieu régnait sur Skies Kingdom, mais quand il décidait que votre journée serait foutue, il ne prenait pas ça à la légère. Une mort ordinaire dans les Landes. Bouffé par... D'ailleurs, c'était quoi ce truc? Il avait beau essayer de voir, il n'arrivait pas à recoller les morceaux. Comme si la peur n'avait pas réussi à déchirer le brouillard de son cerveau. Ou qu'en définitive, il n'en avait pas envie.

Quand il vit la patte arriver, il pensa *pas la guitare*. Qu'il reste au moins ça de lui. Mais elle s'écrasa au sol, à côté de lui. Alors, soit la bestiole était myope et avait donc du mal à viser, soit elle avait dévié son coup. Ce qui était étrange. Cela dit, le choc l'avait fait tomber à la renverse, et ses jambes s'étaient dépliées d'elle-même. Il avait éloigné la guitare de l'arme incriminé, et vaguement rattrapé une bouteille sur le point de choir. Décidément, cet alcool maison lui retournait l'estomac.

Il avait un peu de mal à fixer son regard, allongé comme ça, la "chose" au-dessus de lui. Repas c'était un métier intéressant. Pas beaucoup de perspectives d'avenir, certes, mais au moins on était utile à quelqu'un. Pas comme lui. Quoique, Melody avait peut-être besoin de lui. Difficile à savoir avec elle. Après tout, elle finirait pas trouver quelqu'un dont elle aurait plus besoin et à partir. Et Sona avait déjà tracé sa route le jour où elle avait décidé de les abandonner sans se retourner.

Il sentit le début d'un nouvel élancement dans ses mains et lâcha rapidement la guitare. Il aurait au moins sauvé ça. La "crise" fut intense, et il s'arc-bouta, les talons s'enfonçant dans le sol meuble alors que la bouteille éclatait en fragments qui se plantèrent dans sa main. Il serra les dents tout le temps qu'elle dura, puis se roula en boule contre la patte, sa main ensanglantée serrée contre sa poitrine. Parfois, il en avait assez. Un rire un peu douloureux lui échappa quand il constata contre quoi il était appuyé. Jusqu'à ce qu'il se dise que, de toute façon, il n'était pas certain de vouloir survivre s'il ne pouvait plus jouer. Quelle merde. Sa respiration était haletante. Il avait mal. Le verre, le sang et l'alcool ne faisaient pas bon ménage, après tout...

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MessageSujet: Re: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Ven 9 Aoû - 22:53

Pourquoi est-ce que Kaiju sentait au plus profond de lui qu’il aurait dû s’attendre à une réaction pareille ? Toute personne à peu près –et soulignons bien le « à peu près » - normale prendrait peur en le voyant. A juste titre, en plus de ça. Il hésitait très sincèrement entre désespérer et désespérer. Dans les deux cas, il avait du mal à en croire ses yeux. Requiem était vraiment un imbécile fini. Quel dommage que le monstre ne puisse pas se face-palmer, là, tout de suite. Franchement, c’est la première chose qui lui traversa l’esprit. Surtout lorsqu’il vit le jeune homme se rouler en boule contre sa patte. Non mais … Idiot spotted. Et encore, cet illuminé empestant les effluves d’alcool avait de la chance d’être « tombé » sur Kaiju et pas un autre individu capable de prodiges semblables.

La bête lâcha un soupir épais et peu discernable autrement que comme un grognement, pour un « humain » plus ou moins basique. Puis, il tourna les talons. Enfin, les pattes. Tout ça en prenant soin d’éviter d’écraser par mégarde le pauvre alcoolisé qui était en train de choir la, misérablement.

Retournant vers le Château Ambulant puis le contournant, Kaiju se défaussa petit à petit de son apparence hideuse pour s’infiltrer dans la bâtisse et revêtir des habits décents, tout de même. Après tout, il serait toujours moins gênant pour tout le monde qu’il ait quelque chose sur le dos pour ouvrir le dialogue et s’expliquer avec Requiem au sujet de sa …. Disons … Seconde apparence ? Oui, nous dirons cela, par souci de simplicité.

Avant de redescendre, il n’omit pas de s’armer également d’une trousse à pharmacie contenant le nécessaire pour soigner une personne suffisamment hors de la lucidité standard de ses propres idioties – quoi que … ce n’était pas de sa faute en fin de compte, s’il s’était blessé, le jeunot ? Mwarf, au pire si c’était vraiment le cas, il se ferait pardonné en payant sa tournée de bière et voilà tout, ça irait mieux après. Enfin, il espérait que ça allait marcher aussi simplement qu’il avait envie que ce soit le cas. Ce qui avait probablement peu de chance d’arrivée, au final.

Prenant une grande inspiration, il refit le chemin en sens inverse vers son camarade des Landes – et Seigneur, ce que c’était long lorsqu’il n’était plus que sur deux jambes !- et prit place à côtés de lui, tâchant de ne plus lui coller autant la frousse. Deux comme la précédente, et son cœur risquait de vraiment lâcher, alors autant le ménager au maximum. Arquant un sourcil, Kaiju soupira quelque peu et trancha alors le silence ;
    « Ça va, remis de tes émotions ? »
Il observa les bouteilles et opta pour les changer de places, genre, loin de Requiem, pour commencer. Il aviserait après.
    « Désolé pour l’attente, cette boîte à pharmacie était mieux caché que je ne le pensais. »
Il prit la main du blessé et entreprit, tout d’abord, en extraire les morceaux de verre.
    « Oh, et, pour info’, la créature qui t’as collé la peur de ta vie, c’était moi. »
Se mordant la langue, il cherchait une phrase appropriée, comme pour se justifier. Même s’il n’y avait pas du tout la nécessité de le faire, finalement. Ahem. Kaiju et sa logique à la con, après tout.
    « Je pensais pourtant t’avoir parlé de mon premier don, bizarre. »
Au moins, comme ça, les choses étaient claires et nettes. Est-ce qu’au oins il avait pris le temps de lui parler de son second don, au moins ?
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MessageSujet: Re: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Dim 11 Aoû - 16:20


Et un, et deux et… trois Kaiju ?!?


La patte est partie. Après un grognement saisissant et, étonnamment… compatissant ? Non, sûrement une vue de son esprit embrumé par l’alcool. Sa main commence à le brûler, de façon surprenante, et il met un temps certain à se souvenir pourquoi. Ah oui, une bouteille avait subi une « corrosion » dans sa main. Avait éclaté en plantant ses petites aiguilles de verre dans son outil de travail. Ce n’est pas tout à fait vrai. Il peut travailler sans mains, il lui suffit de suffisamment embobiner ses clients. Être avocat signifie plus avoir de la gouaille qu’effectuer un travail manuel. La musique en revanche, c’est un autre problème.

La douleur lui a un peu éclairci l’esprit. Une bonne chose s’il en croit le nombre de cadavres de bouteilles autour de lui. Il soupire et renonce à essayer de se redresser. La chose a disparu. Il s’en est douté, et pourtant, maintenant, il se sent un peu seul. Une vague réminiscence semble titiller les confins de sa conscience. Les souvenirs d’une conversation, autour d’un verre. Les détails lui échappent encore. Allongé sur le dos sur l’herbe devant le Château, la main posée sur le ventre, il contemple les étoiles. La douleur entame un flux et reflux des plus insaisissables. Puis, au fur et à mesure, il commence à anticiper la marée. Jusqu’à ce qu’un bruit de pas le pousse à relever la tête. Les yeux plissés, il tente de reconnaître la silhouette, mais il n’a pas fréquenté grand-monde, ici. D’ailleurs, l’individu n’est pas venu seul. Ils sont deux, peut-être trois, difficile à dire.

Mais plus ils se rapprochent, plus Requiem a l’impression d’en reconnaître un. Kaiju ? Ce n’est pas trop tôt. Ils sont vraiment laxistes ici. Il aurait pu être n’importe qui et pourtant il avait pu rester un temps infini assis là. Puis allongé là. Quoique ce… Monstre ? Non, le mot n’était pas bon. Bête ? Créature ? Ah, oui, créature était bien mieux. S’il s’agissait de l’aide du Gardien, il y avait de quoi trembler et introduire un peu de laisser-aller. Ses pensées n’ont de toute évidence pas recouvré toute leur cohérence, mais peu importe. Alors que les silhouettes avancent, elles se fondent en une. La tête lui tourne à cette vision, et il se rend compte qu’il s’est relevé. Enfin, assis. Il ne faut pas trop lui en demander à cet instant.

Quand son camarade de beuverie prend la parole et commence à déplacer les bouteilles, il ne peut s’empêcher d’ajouter, la voix encore un peu pâteuse :

« Il faudrait revoir la sécurité. J’suis resté là au moins une heure avant que qui que ce soit débarque… T’as failli arriver après le festin. »

Il ne relève pas la remarque sur la boîte à pharmacie. Trop compliqué de se demander comment il le sait. Mais il sent qu’il commence à glousser. A cause du coup du festin. Il voulait parler de l’alcool, mais en fait, l’idée qu’il aurait pu se faire damer avant est le déclencheur d’un long fou rire, que la seconde déclaration n’arrive pas à entamer. A peine arrive-t-il à déclarer, entre deux quintes et un grognement quand l’autre extrait le verre :

»Tu parles d’un problème écailleux ! Enfin, épineux… »

Et de repartir de plus belle. Il finit par se calmer, quand les soubresauts de son estomac contracté commencent à lui rappeler la quantité d’alcool ingurgité. Ce ne serait pas forcément de bonne augure de vomir sur le Gardien. Il soupire, grogne, essuie les larmes de rire qui coulent de ses yeux et rapproche sa guitare avant de froncer les sourcils. La fameuse conversation mystère. Elle portait probablement sur ça. Mais il a encore du mal à s’en souvenir. Il hausse les épaules, déclenchant une nouvelle vague de douleur inattendue, et lâche ensuite, d’une voix presque normale, basse et indolente :

« Entre voir ça et savoir… J’avais ramené assez pour deux, normalement. »

Il parle des bouteilles désormais. Il ne se rend pas encore compte qu’il est anesthésié par le peu de sang traînant encore dans son alcool, mais le contrecoup, à tous les niveaux, sera probablement violent. Restait à voir le verdict concernant sa main…
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MessageSujet: Re: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Dim 11 Aoû - 18:00

Bon, apparemment, il était quitte pour aider Requiem à passer ce passage grandement alcoolisé. Magnifique. Comme s’il n’avait que ça à faire. Oh, pas de méprise, il aimait bien ce jeune homme ! Seulement, même si Kaiju n’avait à proprement dit rien prévu pour occuper sa soirée, l’opportunité de tenir compagnie à un alcoolo’ sur le retour le laissait étrangement de marbre. Mais bon, il n’allait pas le laisser là non plus, c’aurait été cruel. Et contre ses principes, accessoirement.

Soupirant à s’en percer les poumons, le Gardien prit sur lui et commença par essayer de terminer sa tâche actuelle en ôtant méticuleusement les brisures de verres dans la paume de son camarade.

Malheureusement pour lui, le niveau de farce de ce fameux acolyte avoisinait le néant absolu. Mais il riait tout seul de sa propre bêtise – au moins, il y avait bien une personne à qui sa profitait, c’est l’essentiel. Aussi, la main lésée échappa à celle de Kaiju qui commençait à désespéré très légèrement. Juste un peu. Vrai. Non, faux. Il commençait à beaucoup désespéré. Surtout qu’il ne comprenait même pas pourquoi Requiem se tordait de rire comme ça. Il faut dire que l’humour et Kaiju, en général, ça fait deux. Vois bien davantage. Mais là, il avait beau chercher … rien ne venait. Il supposait donc que c’était mieux ainsi et laissa alors l’impatience prendre un peu le dessus sur son actuel état, presque stoïque.
    « Si tous les rodeurs se comporte comme toi, je pense au contraire que je n’ai pas grand souci à me faire. »
Et Bam, dans les dents. Ce n’était pas un compliment, mais toutefois ça n’avait rien d’une vanne. Une petite mise en garde, peut-être ? Il était bien le seul à pouvoir le savoir, après tout. Tournant sa paume droite vers le jeune idiot, il fit bouger ses doigts de manière à faire comprendre qu’il voulait quelque chose de précis. Par acquis de conscience, il crut bon d’ajouter des mots, afin de se faire comprendre au maximum.
    « Ta main. Montre. Si ça s’infecte, tu vas trouver le moyen de me casser les oreilles continuellement après et je n’y tiens pas. »
Tout à fait sympathique, bien sûr, n’en doutons pas du tout. Malgré ces mots si durs et paraissant inflexibles, en réalité, Kaiju s’inquiétait beaucoup pour ce sale môme qui agissait comme s’il avait encore douze ans. Il lui souhaitait tout le bonheur du monde, là n’est pas la question, mais si seulement il pouvait faire preuve d’un peu de maturité parfois … Bon, là, il était à moitié pardonné, il était bourré.
    « T’occupes pas de l’alcool pour l’instant. En revanche si tu n’essaie pas de faire le maximum pour prendre sur toi, je te scalpe pour que tu retrouves tes esprits, c’est compris morveux ? »
Après tout, quitte à avoir un deuxième pouvoir style Wolverine, pourquoi ne pas en profiter ? Ce serait idiot de se priver, surtout quand on peut faire une blague de ce genre à un individu pas très en phase avec lui-même, présentement. Huhu. C’était d’un drôle. Ou pas.
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MessageSujet: Re: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Lun 12 Aoû - 15:58


“I’ve really been on a bender and it shows”


Instantanément, il se calme. C’est étrange comme certains mots, prononcés sur un certain ton, ont cet effet. Plus de rire ni de chant pour l’instant. Il remet sa main calleuse et ensanglantée dans celle de Kaiju et essaie de remettre de l’ordre dans ses pensées éparpillées aux quatre vents. Ce n’est pas comme s’il avait eu l’intention explicite d’embêter son ami pendant son travail, mais le fait est que le résultat s’approchait certainement de cet effet non escompté.

Dodelinant de la tête, il essaie de faire le point sur la soirée écoulée et de calmer les soubresauts de son estomac quand il intercepte les paroles de son acolyte du jour. D’ailleurs, il avait oublié, perdu dans l’alcool, le fait que leur humour respectif n’était pas compatible. Non pas que l’un ou l’autre soit mauvais… Encore que Requiem ne trouvait pas souvent quelqu’un qui apprécie son humour. Melody y était le plus souvent insensible, et Sonatine riait de tout suivant ses humeurs. Quant à ses autres amis… Le tour était encore plus vite fait, puisqu’il n’en avait pas. Il ne put donc s’empêcher de bouder un peu en entendant dire qu’il se plaindrait. Ce n’est pas comme s’il avait le choix. Il fallait bien entretenir la conversation, et on ne pouvait pas dire que le Gardien soit toujours le plus joyeux des drilles.

Il en vient à se demander comment ils ont vraiment réussi à s’entendre jusque-là. Peut-être parce qu’il était suffisamment stupide et avait assez peu d’amour-propre pour revenir le voir après cette correction monumentale qu’il avait reçue. Le concept de la bonne poire lui collait à la peau, parfois. Il secoue la tête. Il a envie de poser la question, et en même temps, il a terriblement peur de la réponse. Pourquoi Kaiju le supporte-t-il ? Par pitié ? Par amitié ? Par… Il n’en a aucune idée en réalité. De sa main indemne, il triture son pendentif, représentant trois plumes d’acier. Il hésite encore. Non, finalement, il a beaucoup peur. Si ça tient pour l’instant, tant mieux. A trop réfléchir, il a gâché de plus belles relations et un grand nombre d’occasions.

Perdu dans ses pensées, il n’a pas écouté la moitié de ce qui lui a été dit, mais il intercepte la dernière proposition. Il soupire et acquiesce, avant de recommencer à glousser. Il ne s’est pas retenu longtemps. Il essaie de s’expliquer :

« Tu ne peux pas faire ça. Tu aurais une émeute sur les bras. La moitié des femmes de cette ville me trouvent sexy avec ces cheveux… »

D’accord, pour le coup, même lui trouve ça stupide de rire. Mais il a essayé de l’imaginer et… C’était proprement ridicule. Comme le toupet qu’il aurait dû porter pour remplacer son abondante et frivole chevelure d’un blond presque blanc. Un sourire toujours aux lèvres, il finit par se calmer. Décidément, ce n’est pas si souvent qu’il a l’alcool joyeux. Un effet positif de Skies, ou simplement de Kai ? Il étouffe un nouveau rire à son mauvais jeu de mot, puis redevient sérieux.

Pensif, il relève les yeux vers le ciel. Il essaie de se concentrer sur n’importe quoi d’autre que la sensation brûlante de cette main lacérée, que le frottement doucereux du sang qui dégouline le long de son poignet. Le sien n’a que rarement autant coulé. Et dire qu’il s’est fait ça tout seul. Les étoiles le contemplent, et il se demande si ce sont les mêmes ici que sur la Terre. Il n’a jamais beaucoup prêté attention aux étoiles. Il ne se tourne vers elles qu’en situation désespérée. Puis, à force de les observer, une question lui vient. Une question surprenante. Mais aussi une question importante :

« Que sais-tu exactement de la fermeture des frontières ? Est-ce une situation… à vocation permanente ou provisoire ? »

Il sait pourquoi il la pose. Mais il ne sait pas encore s’il a envie d’être déçu ou non de la réponse…
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MessageSujet: Re: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Ven 16 Aoû - 9:30

L’atmosphère semblait s’être calmée alors que Requiem reprenait –difficilement- sur lui, peu à peu. Tant mieux, Kaiju n’avait jamais été un pro’ des situations de crises en matière d’alcool ingurgité en trop grande quantité. Bon, il savait tout de même gérer, s’il n’avait guère d’autres choix à sa portée ; toutefois il préférait largement que ce genre de catastrophes n’arrive pas. Pour son compatriote comme pour lui s’était la meilleure chose susceptible d’arrivée, un retour à l’apaisement quasi-total. Restait à voir si c’était possible ou non, en fin de compte. Et Dieu – s’il y en avait un ici – savait que le musicien faisait en sorte de faire son possible pour détendre l’ambiance, avec ses blagues que l’ex-nippon ne comprenait pas toujours – voir, presque jamais, enfaite.

Prenant le soin de la main de son ami très à cœur, Kaiju venait d’en extraire l’ultime morceau de verre, avec la minutie d’un chirurgien en pleine intervention. C’est l’avantage d’un sérieux à toute épreuve, de temps à autre. Il s’affaire ensuite à prendre quelques cotons qu’il imbiba d’une lotion désinfectante – préférant cette solution à l’alcool, Requiem en avait déjà trop dans le sang, inutile d’en rajouter au risque d’il tente de boire le liquide neuf. La manipulation faite, tout en écoutant les dires du jeune, il prit un soin tout particulier à nettoyer la plaie sans créer de douleurs inutiles. Un peu comme le ferait une mère pour son enfant, oui. C’était tout à fait ça. Cette pensée le fit sourire ; il se souvenait de sa fille, Rin, Elle aussi, durant les quelques années qu’il avait pu passer avec, ne cessait de se blesser de la sorte. Forcément, à force ça créer des automatismes qui ne nous quittent plus par la suite.

Il se raccrocha avec la réalité des choses, en accordant une réponse plus construite qu’un grognement insatisfait à son homologue – après tout, il avait été docile durant les soins, jusque-là, non ? Pourquoi ne pas le récompenser par une ou deux phrases ? Kaiju n’y vit aucun problème d’aucune sorte.
    « Eh bien ça me fera une émeute de hors d’œuvres, voilà tout. »
Ah, ça, c’était sur ; il n’hésiterait jamais à se transformer pour se défendre, que ce soit contre une bombe ou une groupie en furie – quoi que la seconde possibilité risquait surtout de prendre ses jambes à son cou à mi-parcours, ah ah. Il prenait plaisir à partager quelques instants avec Requiem, c’était vrai. Pourquoi ? Il n’aurait jamais su le dire. Peut-être que c’est son caractère mi- imbécile, mi- sincère qui le firent s’enticher de lui à la manière, non pas d’un fils mais d’un neveu, peut-être ? Il n’avait pas la tête à penser à ce genre de choses maintenant, ce n’était pas le moment.

Sortant maintenant de la pharmacie la crème de soin et le bandage, qu’il échangeât contre des cotons imbibés de rouge, le monstre s’appliqua à badigeonner la dextre lésée d’une bonne couche de pâte avant d’enrouler la bande de gaze par-dessus et refermer le tout avec le bandage. Prenant attention à ne pas serrer, il eut toutefois un sursaut qui du piquer un peu Requiem, très involontairement, car il avait alors serré le morceau de tissu plus que nécessaire.
    « Ah vrai dire, je ne m’occupe que peu des affaires extérieures au Château. Ce que tu viens de me dire, je n’étais même pas au courant, pour dire vrai. »
Mais ça l’embêtait. Il avait parlé en le regardant dans les yeux et l’on pouvait y lire la contrariété naissante. Et ça, c’était mauvais signe.
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MessageSujet: Re: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Ven 16 Aoû - 13:06

Il n'avait pas pu s'en empêcher. C'était cette histoire d'émeute de hors-d’œuvre. Il avait eu la vision fugitive d'un chibi Kaiju courant après une armée de vol-au-vent ou de mini-feuilletés. Il repartit dans un fou rire presque hystérique. Il n'y pouvait rien. Tout comme il ne put retenir la remarque suivante:

"C'est ce que j'appelle un humour mordant!"

Et de continuer à rire de plus belle. Il allait bien falloir qu'il se calme. Mais d'un autre côté, ça lui permet de ne pas penser à ce que le Gardien fait. Ce qu'il extrait de sa main. Il n'aime pas ce pouvoir qu'il a découvert à son arrivée ici. En fait, il ne l'apprécie que quand il l'emmène jusqu'à l'atelier de Scrap, contraint et forcé, pour faire réparer à peu près tout et n'importe quoi. Il ne l'a pas encore fait exprès. Il a l'impression qu'elle le saurait et c'était... effrayant.

Il le laisse traiter sa main en songeant que presque personne n'a jamais fait ça pour lui. Plus d'une fois il s'était retrouvé devant son miroir après une bagarre, à essayer désespérément de coller un pansement au bon endroit, ou de faire tenir une bande sur une main amochée. C'est cette constatation qui le sort encore un peu de sa stupeur alcoolisée. Il ne peut pas se permettre de perdre encore un ami parce qu'il a le blues. Il n'en a pas assez pour ça. Il s'apprête d'ailleurs à s'excuser et à lui demander s'il l'a dérangé, quand un sursaut lui arrache un grognement. Il a frotté sur un endroit particulièrement douloureux.

Il relève la tête pour se demander ce qui s'est passé, alors qu'il était jusqu'à présent hypnotisé par le ballet des mains de Kaiju. Il y a quelque chose d'étrange dans son expression. Qu'il n'arrive pas à identifier, parce qu'il ne l'y a jamais vue. Il se contente donc d'observer le Château qu'il aperçoit encore un peu flouté par-dessus son épaule. Puis il répond, tout simplement, l'air un peu contrit:

"Je l'ai lu dans le journal, je crois. Et puis mes clients parlent beaucoup. Pour essayer de se justifier, principalement, mais là n'est pas la question. Ce n'est pas grave, je demandais juste pour faire la conversation sur quelque chose, j'imagine..."

Il n'avait pas voulu le prendre en défaut, ou même abuser du fait qu'il puisse entendre de nombreuses choses dans le voisinage du Château. Il soupira en se disant que c'était vraiment une mauvaise journée. Même en parlant de la pluie et du beau temps, il réussissait à faire des gaffes. Non, vraiment, les Dieux d'ici ne plaisantaient pas...
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MessageSujet: Re: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Sam 17 Aoû - 13:41

Au moins, Requiem ne semblait pas trop choqué ou traumatisé par sa blessure. Tant mieux, Kaiju ne se sentait pas d’humeur a joué les nounous attentives ou les psychologues en fin de vie ; déjà parce qu’il n’avait pas que ça à faire, et ensuite parce qu’il n’appartenait à aucun de ces groupes-ci. Son humour perdurait, ce qui rassura tout de même le Gardien sur son état de santé. Certes, il est vrai que personne, jusque-là, n’était mort des suites d’une blessure à la main faite par des morceaux de verres mais bon, mieux valait se méfier lorsque l’on connaissait l’individu dont il était question. Ce n’était là en aucun cas une vanne ou un trait de mauvais esprit ; bien au contraire ! Kaiju se faisait juste du souci pour l’un de ses très rares amis en ce bas monde.

Il soupira, s’excusant auprès du jeune homme pour l’avoir blessé, même si, en définitive, c’était un peu tard. Prenant bien soin de ne pas refaire la même erreur deux fois d’affilée, il ne sera pas plus que nécessaire le bandage et y appliqua ensuite un morceau de bande collante qu’il arracha avec les dents de son rouleau.

    « Voilà, c’est terminé. Veille à le garder au moins jusqu’à demain, pour que ça commence à agir et avises ensuite. T’es grand, après tout. »

Satisfait de son commentaire, Kaiju  se laissa aller à réfléchir quelque peu. Si ce que venait de dire l’autre individu en sa présence se révélait exact, alors c’était très problématique. Une fermeture des frontières ne l’aurait pas gêné outre mesure s’il n’occupait pas un tel poste ; à savoir Gardien des Portes du Château Ambulant. Le souci, c’était qu’avec ce job, il pouvait rarement se reposer. Les kamikazes qui venaient plus ou moins régulièrement chercher des noises à la construction mouvante l’occupait suffisamment pour qu’il n’ait pas à penser au pire.

De tous était connue l’habitude du Château de déambuler dans les Landes de Calcifer. Aussi, si on venait à le voir débarquer dans la vallée du vent ou prêt de la cité de Yubaba, qui sait ce qui pourrait arriver à son égard ? Kaiju était fort, mais il ne pouvait arrêter les bombes ; or, si effectivement on prenait son lieu de vie pour une menace ennemie et qu’on y envoyait les armées, ce serait très emmerdant.

    « Sais-tu ce qui a pu générer un débordement pareil, au juste ? »

Ce n’est pas comme s’il pensait pouvoir y faire quelque chose, mais l’ex-nippon voulait au moins essayer de comprendre le pourquoi du comment. Et visiblement, ça s’avérait bien moins facile qu’il n’y pensait. Inconsciemment, il commençait à angoisser sérieusement. Il se mit à se ronger les ongles pour essayer de canaliser ses craintes car tant pour lui que pour le Château Ambulant, c’était une épineuse situation que voici. Il devait bien y avoir un moyen de se débrouiller pour mettre un terme à ce stupide avis à la populace, n’est-ce pas ? Le tout était de le trouver.
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MessageSujet: Re: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Dim 18 Aoû - 7:50

C'était toujours étrange de discuter avec Kaiju. L'impression de parler sans être pris au sérieux, la moitié du temps, et celle d'être traité comme le gosse qu'il n'avait jamais été. Un petit crétin qui faisait beaucoup de bêtises et qui avait besoin d'être réprimandé. C'était, en somme rafraîchissant, mais aussi assez dérangeant. Et ce "t'es grand après tout" représentait la quintessence de cette situation. S'il avait été encore un tout petit peu plus alcoolisé, il se serait énervé. Évidemment, ça aurait probablement gâché leur relation, mais c'était difficile de considérer comme un ami quelqu'un qui le prenait parfois de haut. C'était sa façon de faire, mais, malgré tout.

Il ne s'agissait que de pensées satellites. Le cœur du problème était que depuis qu'il avait vu le Gardien déchirer cette bande avec les dents, un certain passage du Petit Chaperon Rouge tournait dans sa tête. C'était suffisamment perturbant pour qu'il ne remarque pas tout de suite l'état dans lequel ses révélations avaient mis son interlocuteur. Quand il finit par véritablement intégrer la question qu'il lui avait posée, Requiem tourna la tête vers le ciel. C'était souvent plus facile de réfléchir quand il ne regardait pas quelqu'un. Surtout parce que les questions sérieuses le basculaient toujours en "mode avocat".

Et qu'un avocat se fait un métier de repérer les émotions sur le visage de ses clients. Or, il n'avait pas envie de faire ça à Kaiju. Donc, il regardait le ciel étoilé, inspirait à pleins poumons l'air pur de la butte, sentait l'herbe sous ses doigts, et commençait singulièrement à avoir froid. Mais là n'était pas la question. En fait, il essayait de se souvenir de ce qu'on lui avait dit. Il replongea donc dans une sordide affaire de vol de pâtisseries, avant de l'éliminer, dans une destruction de biens publics, et, enfin, dans une agression. Enfin! Il la tenait. Ce client-là avait été difficile à convaincre, mais quand il avait commencé à déballer son histoire, il n'avait plus réussi à l'arrêter. De toute façon, le compteur tournait, et les heures lui étaient payées, quoiqu'il arrive, ou quoique le client raconte. Un petit rire lui échappa.

Il baissa à nouveau la tête vers le Gardien, pour le voir se ronger les ongles. De sa main (blessée, il s'en rendit compte un peu trop tard) il baissa celle de son ami, en soulevant un sourcil. Il avait l'impression d'entendre son père, comme un vieil enregistrement, lui expliquant que certaines choses ne se faisaient pas, et notamment se ronger les ongles. Il ne lui ressortirait pas cette phrase, bien entendu, mais ça ne l'empêcherait pas d'essayer de réfréner ce genre de mauvaise habitude. Donc, pour lui changer les idées, il entreprit de répondre à sa question:

"La personne qui m'en a parlé le plus en détail était un type un peu obscur, voire franchement dérangé. Non, pas dérangé. Juste un peu agressif, peut-être. Enfin bref. Il s'agissait d'une affaire d'agression. Il s'en était pris à un autre homme, l'avait tabassé dans une ruelle, et... Bon, je fais juste mon travail, moi, je défends qui en a besoin, sinon je me retrouverais à la rue. Tout ça pour dire qu'il avait parlé avec un personne de l'entourage de la Reine Batilda. Ne me demande pas comment il a fait, je n'en ai aucune idée. Mais il semblerait qu'il ait appris que Yubaba avait été victime d'un attentat à la bombe, et qu'en conséquent, la Reine ait décidé de fermer les frontières. Les autres ont simplement suivi, en réalité. C'est la substantifique moelle de ce qu'il m'a dit, je te passe tous les détails sordides, bien entendu..."

Il n'avait pas été particulièrement rassurant. Mais il avait adouci son propos. Et il avait gardé une voix chaleureuse. Un juste milieu entre son métier et lui. Enfin, le lui alcoolisé tel qu'il l'était à cet instant. Tout ça pour dire qu'il était plutôt fier de lui à cet instant, mais il attendait la réaction de Kaiju, puisqu'il avait l'air particulièrement inquiet. Ce qui était compréhensible, aussi, au vu de sa fonction...
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MessageSujet: Re: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Mar 20 Aoû - 12:43

Que de soucis apportés par cette triste nouvelle. Kaiju ne savait, tout à coup, plus où donner de la tête. Etrangement, ça lui donnait un air presque plus humain qu’auparavant. Non pas qu’il ne l’était pas ou ne montrait jamais d’attentions chaleureuses, mais c’était plus rare que la moyenne des gens d’ici. Un frisson désagréable remonta son échine. Il allait devoir réfléchir à l’attitude à adopter face à une telle interdiction. Vraiment, ça le contrariait, mais il ne pouvait s’empêcher d’y penser, encore et encore. Il devrait en parler aux autres habitants du Château Ambulant, afin de voir ce que chacun pensait de cette lubie idiote. Un attentat à la bombe, rien que ça ? Si des illuminés s’essayaient à s’en prendre à la Cité de Yubaba, il ne serait pas étonnant qu’un autre incident du même acabit vienne endommager la construction déambulante par la suite. Déjà que des kamikazes venaient régulièrement roder autour d’ordinaire, mais avec cet excès de zèle, c’était d’autant plus angoissant.

Kaiju se fichait un peu des autres royaumes, il faut bien le reconnaître. Yubaba, la Vallée du Vent, les Terres des Noiraudes et même les autres Landes de Calcifer lui importait peu. Seul son lieu de vie l’intéressait un tant soit peu pour qu’il risque sa vie en matière de protection pour l’édifice. Il avait écouté religieusement les paroles de son jeu ami, les mémorisant toutes, sans exception. Il était certain que si une solution existait à ce problème épineux, se serait ici, dans ces paroles-là, qu’il serait possible de la dénicher. L’ex-nippon en était convaincu, mais pour l’heure, ses pensées étaient bien trop embrumées par l’incertitude et l’angoisse qu’il ne pouvait réfléchir posément sur un sujet aussi grave.

Étonné par le geste de son compatriote pour lui faire cesser le martyr de ses ongles, Kaiju conversa malgré tout un sourire en coin. Il y avait une certaine complicité entre eux deux. Du moins, c’était ainsi qu’il le ressentait, au fur et à mesure qu’ils avaient l’occasion de se retrouver pour discuter un peu autour d’un verre – comme c’aurait dû être le cas ce soir, si un incident bête n’avait pas revu l’entièreté du programme de la soirée. L’homme à la longue chevelure laissa passer un soupir d’entre ses lèvres et voulu se détendre. Après tout, rien ne pressait, pour le moment, n’est-ce pas ?

Sauf que.

Ses sens affinés repérèrent des sons venant d’un endroit proche, bien que l’obscurité nouvelle et le vent tournant n’aidait pas à localisé l’épicentre exact. Impossible de savoir, également, s’il s’agissait ou non de fauteurs de troubles ou de simples âmes de passages. Dans le doute, Kaiju se releva promptement et allongea les ongles de sa main gauche, les rendant bien plus longs et tranchants qu’à l’ordinaire. La praticité d’un second don, probablement.

De concert, les cheminées du Château Ambulant se mirent à ronronner. Oh, il n’allait pas tarder à repartir. Il fallait donc que Kaiju suive le mouvement, même en étant à l’intérieur. Malgré tout, la perspective de laisser Requiem seul ici ne l’enchantait guère, pour ne pas dire pas du tout. Lui tendant son autre main, celle restée plus ou moins « humaine », il lui posa la question suivante ;
    « Tu vis loin d’ici, déjà ? Je peux te faire raccompagner en Château puisque je dois bientôt repartir dans les Landes et je n’aime pas te savoir ici sans personne. »
Il laissa à sa phrase le temps de se suspendre un peu dans l’air, pour donner à l’opportunité au jeune homme de se faire un avis à ce propos. Après tout, ce n’était pas n’importe qui qui pouvait entrer au sein du Château Ambulant car premièrement les invités y étaient rares – pour ne pas dire inexistant- et en plus de ça, cette bicoque gesticulante avait tout de même tendance à faire peur, les premiers instants. Croyant bon de dissiper les malentendus possibles, Kaiju reprit ;
    « Ne t’en fais pas, le bâtiment n’a jamais mangé personne, que je sache. Et puis nous serons plus à l’aise à l’intérieur, au chaud, pour discuter un peu, tu ne penses pas, Requiem ? »
Voilà, on ne pourrait pas lui reprocher de ne pas avoir fait d’efforts de sociabilité, par la suite.

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MessageSujet: Re: Fantasies and Impromptus [Kaiju]   Lun 26 Aoû - 8:52

L'alcool s'est dissipé dans l'air nocturne, et avec lui les derniers vestiges de l'engourdissement qui lui permettait de ne pas trop ressentir ce qu'il s'était lui-même infligé. Il a l'impression que son cœur pulse au creux de sa main, dans un rougeoiement maladif. Bien sûr, la couleur est une vue de son esprit, mais le reste, la douleur sourde et perçante, n'en est pas tout à fait une. Le sang qui rugit à ses oreilles en réponse ne lui permet pas tout à fait d'entendre clairement les sons alentours. Il a l'impression que toute son attention, tout son esprit et tout son corps ne sont que cette main au battement lent et régulier. Il se perd dans cette sensation, dans cette impression de nager à contre-courant pour regagner un semblant de conscience, pour tenter d'apercevoir Kaiju, à qui il vient d'expliquer que le lieu qu'il est censé protéger est menacé comme l'a été le château de la Reine Batilda. Un véritable problème, certainement. Certainement.

Les yeux fermés, il lutte contre un début de migraine quand un mouvement d'air sur son visage les lui fait rouvrir. Le Gardien s'est levé, l'air aux aguets. Un autre intrus, déjà? Décidément, ce travail n'est pas de tout repos. Requiem a fréquenté sa part de policiers dans l'autre monde, et de tous il a retiré cette impression de gens sans cesse sur la brèche, près à réagir au quart-de-tour à la moindre alerte. Il s'apprête à hocher doucement la tête pour acquiescer à cette réaction, quand son regard tombe sur une main. Pas la sienne, pas celle d'un cadavre qui serait inopinément sorti de terre. Non, celle de son interlocuteur. Elle est comme d'habitude, fine et élégante. Et terminée par des ongles longs et effilés, qui semblent d'acier sous la lueur de la lune. Il n'arrive pas à avoir peur, parce que, en un sens, ça lui paraît logique. C'est une question de package. Kaiju n'aurait pas un don ridicule comme... Oh, il y en a sûrement, mais il n'arrive pas à y songer à cet instant précis, alors que, malgré tout, sa peau s'assombrit pour se fondre dans les ombres ondulantes des landes. Un caméléon apeuré paraît incomplet. Enfin, presque invisible, tant qu'il ne bouge pas.

Puis le Gardien se tourne à nouveau vers lui, lui tendant une main vierge de toutes griffes. Avait-il rêvé l'autre? Certes non. Un sourire, sincère et oscillant entre tendresse et ironie, étire ses lèvres. Il n'aime pas le savoir seul dans l'état dans lequel il est, en fait. Lentement, comme rassuré, son corps reprend ses couleurs originelles, et c'est sans regret qu'il accepte l'aide pour se relever. Il n'en a pas vraiment besoin, à part pour se stabiliser, une fois en station debout. Alcool et perte de sang. Mauvais mélange. Bouh. Il a la tête qui tourne. Il chancelle quelques instants. Il pense sentir le monde bouger, tourner sur lui-même. Excellente question que celle-ci. Ce monde est-il comme le précédent? Une sphère tournant sur elle-même autour d'un soleil brûlant? D'une voix un peu plus sourde que d'ordinaire, il entreprend de répondre à son aîné:

"Pas très très loin. Dans le quartier commerçant. Un quart-d'heure pour y aller, à peu près."

Il se penche pour ramasser la guitare et passer ses chaussures, dont il a noué les lacets ensemble, autour de son cou. Il ne sait pas trop comment prendre l'invitation. En un sens, il a envie de découvrir le Château sous cette perspective unique, et d'un autre côté, le petit garçon qui a toujours déçu toutes les figures d'autorité n'ose pas. Et s'il faisait une bêtise? Et s'il embarrassait Kaiju? Qu'il faisait une chose si grave qu'il ne le reverrait plus... Il a du mal à se décider. La tête toujours en bas, il trébuche et manque s'étaler par terre. Avec un soupir, il se relève. Non, décidément, le suivre n'est pas une bonne idée. Il ne ferait que lui faire honte s'ils venaient à croiser quelqu'un. Il le regarde à peine, et encore moins le bâtiment qui ondule sur l'horizon. Il n'a jamais eu le mal des transports et n'a pas très envie de commencer.

Inspirant profondément l'air pur de la butte, il tente de reprendre contenance en se redressant, adressant un sourire presque convaincant, mais un peu triste, au Gardien. La guitare en bandoulière, sa main indemne fourrageant dans ses cheveux, il finit par reprendre, sur un ton quelque part entre l'auto-dérision et la résignation:

"Je n'ai pas peur de me faire dévorer par le Château. Enfin, je ne crois pas. Mais il vaudrait mieux que je rentre. Je crois que je t'ai causé suffisamment d'ennuis pour la soirée, et en plus, je travaille demain. Je vais déjà avoir du mal à justifier ma gueule de bois devant les clients..."

Avec un petit salut, il se retourne, s'empêtrant dans ses pieds, se reprenant au dernier moment avec un petit rire, derniers vestiges de l'alcool qui avait quitté son organisme, ou presque. Avec un peu de chance, personne ne croiserait son chemin...


HRP:
 
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