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 « Yes you the one that looks delirious ▬ Duke

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MessageSujet: « Yes you the one that looks delirious ▬ Duke   Dim 14 Avr - 22:12


The sun rises slowly
Il pleuvait, quelques jours avant. L’eau tombait du ciel et s’étalait dans l’herbe. Je me souviens avoir eu envie de m’allonger sur cette herbe, et de recevoir, pareillement, l’eau sur moi. Et je me suis enfermée dans cette pensée, la rêverie semblait tellement réelle que j’étais sure d’être allongée, à recevoir la pluie. Au final, j’étais restée dans la roulotte jusqu’à ce que le ciel arrête de pleurer. Il m’a fallu du temps pour m’en rendre compte. J’étais sous le toit, et sous la pluie, en même temps. Une fois dans le corps, et une autre dans l’esprit. Si je devait expliquer cette façon de concevoir les choses à Duke je me demande ce qu’il en dirait.

Je ne sais pas vraiment quelle est la façon de penser de Duke. Ça reste un des plus grand mystère. Comment cet homme là, car il est plus adulte que moi, bien que ce soit difficilement perceptible, en est venu à me suivre dans mes voyages? Il m’en a fourni, des explications. Pousser cette roulotte toute seule serait bien trop de travail pour une simple jeune fille apparemment. Ou bien voyager à deux est plus amusant. Amusant, je ne sais pas, mais l’on apprend l’un de l’autre. Et si je ne devais garder qu’une raison pour le laisser venir avec moi ce serait celle-là. Même si ce que j’essaye à lui apprendre semble avoir du mal à le percuter.

Malgré ça, je n’abandonne pas. L’activité d’aujourd’hui devrait lui apporter. J’espère. Sinon tant pis, ce n’est de toute manière pas ma motivation première à venir dans un champ. Il y a là tant de choses à observer et à récolter. Il est d’ailleurs temps d’arrêter la roulotte. Je le lui fait savoir, d’un geste. Puis me réfugie dans mon antre, à la recherche de quelques outils. Panier rempli en main, je ressors, récupérant ce grand duc au passage, pour une virée dans les récoltes.

Il reste un peu de chemin à parcourir à pieds, ce qui est tout aussi bien. On peut ainsi, le temps de la marche, découvrir les lieux. Respirer pleinement, sentir le vent doux, observer les alentours, le paysage. Le soleil commence tout juste à se lever. Il est encore assez loin pour que les champs soient recouverts de bleu. Il changera ses couleurs dans peu de temps, il faut en profiter. Le bleu semble tout envahir.

À voir s’il sera suffisamment intéressé ou encore attentif pour un cours sur les bienfaits de l’agriculture. Certaines racines peuvent m'être utiles, il ne reste plus qu’à les trouver, car ici l’on est jamais sur de ce qui pousse. La terre seule en décide.
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MessageSujet: Re: « Yes you the one that looks delirious ▬ Duke   Mer 17 Avr - 20:01


❝ WHERE THE LIGHTS SHIVERS
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IN THE RISING SUN.
Ses chaussures s'enfonçaient dans le sol boueux avec un petit couinement, l'air était encore frais et le ciel d'une pâleur extrême comme s'il était soudain tombé malade, laissant quelques rayons solaires rendus ternes filtrer à travers les nuages. Derrière lui, traînait la roulotte. La petite roulotte qui peinait sur les pentes, perdait l'équilibre sur les chemins trop sinueux et se battait sur les sentiers cabossés. La petite roulotte de Dolly qu'il tirait à la force de ses bras, suivant docilement la gamine comme un bon chien fidèle, en lançant quelques taquineries dans l'air pour illuminer le voyage.

Elle lui fit signer de s'arrêter; les yeux du duc se portèrent sur les quelques silhouettes pastelles d'arbres solitaires et sur les mers de cultures sur lesquels se levaient enfin le monarque du ciel après un long voyage. C'était l'aube. Le monde s'éveillait à peine de son profond sommeil, accueillant la chaleur de l'été qui se faisait attendre. La gamine se perdit quelques instants à l'intérieur de sa maison, pour en ressortir avec un panier. Elle était étrange Dolly, elle ne semblait pas beaucoup aimer les hommes avec sa petite mine de poupée inexpressive mais, semblait nourrir une passion pour les végétaux et tout particulièrement les champignons. Elle n'avait pas de couleur, pas comme le sourire du Vieux ou comme les yeux brillants de Jeremiah. Ce n'était pas des morceaux de couleurs en désordre qui font mal aux yeux. Pourtant, le voleur l'aurait parfois suivi jusqu'au bout du monde, il en était certain.

Duke se laissa mener, se glissant d'un pas rapide jusqu'à l'adolescente qui s'était engagée sur les sentiers pour devenir deux ombres cheminant côté à côté dans l'aube monotone et grisâtre. On aurait dit un monstre à deux tête qui se mouvait avec une certaine lenteur, une certaine allégresse, profitant du calme et de la tranquillité de la campagne, de l'odeur de la terrer fraîchement retournée et de la rosée après les longues journées de pluie. Le lascar avait eu quelques affaires au village mais, il parcourait rarement les alentours par lui-même : il préférait se joindre à Dolly.

Aussi étrange que cela puisse être, aussi surprenant et déroutant que cela était, le voleur s'était lentement attaché à la gamine de manière si sournoise qu'il ne l'avait pas vu venir et elle était devenu son repère. Son repère humain dans l'immensité du monde, son attache vers laquelle on revient toujours malgré les dérives et les naufrages, les courants qui nous entraîne et qu'on regarde avec espoir dans l'horizon. Elle était le refuge, la maison, le jardin secret, elle était le radeau peut-être un peu branlant auquel on s'agrippe malgré la violence des flots.

« Hey Dolly...où est-ce qu'on va aujourd'hui ? » Demanda-t-il en riant, comme un enfant et ses yeux étincelants devenus ambrés dans la lumière du jour. Dis-moi, quels sont tes trésors ? « Tu veux que je porte ton panier ? Tu aurais dû mettre une robe. Tu sais, comme l'autre fois, ça te va mieux...Avec ton petit chapeau. » Il bouda un instant, il fanfaronna, il éclata de son rire franc de gamin.

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MessageSujet: Re: « Yes you the one that looks delirious ▬ Duke   Sam 11 Mai - 15:23



Il est tôt et le soleil n’est pas encore assez haut pour qu’on y voit tout à fait clairement. En s’approchant, lentement, je me dis que les champs dorment et que l’on doit faire le moins de bruit possible pour ne pas les réveiller. Ce serait mal poli de faire autrement.
Mais bon. Il fallait ne pas oublier Duke. Qui se met à parler, le sourire dans la voix ce qui m’étonne même que je puisse le sentir alors que je suis dos à lui, comme si c’était la chose la plus évidente à faire.

Étrange chose que l’effet Duke. Ce n’aurait pas été lui, il m’aurait embêté par ses questions. Je l’aurai trouvé tout à fait insupportable à force et fini par l’ignorer complètement. Mais c’est Duke. C’est lui qui s’amène tout le temps sans avoir été invité, et qui n’arrive pas à me déranger. Qui se montre aimable malgré ce que je suis. Qui finirait presque à me faire sourire. Qui me partage sa passion pour la musique et me laisse lui partager la mienne pour la nature. Qui me suit sans savoir où ça va le mener.
Sans savoir où ça nous mène tous les deux.

Et je prend la peine de répondre. Parce que c’est lui.
« Dans les champs, on s’en rapproche. »
Mais sans faire plus de précision. Parce que je suis moi.

Mais bon, Duke ne s’arrête pas là, ne se suffit pas de ça. L’on est opposés, complètement. Qu’est-ce qui nous réunit alors? Ça m’agace de me dire que je l’apprécie, sans même savoir pourquoi.

« Non ça va je peux porter mon panier. » Et je soupire. Je n’avais achetée cette robe qu’il aime tant, seulement pour le chapeau qui allait avec, et du fait que le vendeur insistait sur le point où l’on ne pouvait pas séparer ces deux articles, voyons! Il en parlait comme de la plus grande folie. Je me suis résignée alors. Et je la porte de temps à autres, sans y faire plus attention que ça. En réalité, je l’oublie même. Ce n’est qu’une robe, après tout, bien qu’elle soit la plus féminine que je possède. Mais le duc semble faire un fixette sur cette robe. « Si tu l’aime tellement cette robe, je peux te la prêter tu sais. » Je ne peux m’empêcher de sourire en l’imaginant la porter. S’il avait été plus jeune il aurait pu rentrer dedans, mais je crains qu’il soit maintenant trop grand pour ne pas craquer les coutures.

Fière de moi, un peu stupidement, je me met à balancer mon panier, commençant même à trottiner. Le duc me contamine je crois bien. Je suis le poison, et lui la maladie?

De toute manière.

Je l’attrape par la manche pour ne pas lui prendre la main, et l’emmène. On sort du chemin, pour descendre à l’espace des cultures. De petites routes forment comme des enclos, regroupant les troupeaux de plantes en nous laissant également nous déplacer au plus près d’elle sans les déranger pour autant. J’aime ce genre d’organisation.

Doucement, pour ne pas les offenser de si tôt matin, je les saluent.
Le pouvoir de parler aux plantes n’est-il pas le plus beau don de tous? Certaines, plus matinales que les autres, me répondent. En grognant ou la voix enjouée, suivant le caractère de chacun.

Duke doit avoir du mal à suivre.
« À partir de là, c’est parti pour la récolte. Dans ce champs on ne sait jamais à l’avance ce qui y pousse. Je suis venu sans liste donc, mais ce qui est pratique c’est que je peux leur demander leurs spécialités. »

On pourrait trouver cela étrange, mais ça en gène très peux d’être récoltées, tant que c’est demandé poliment. Je me baisse, et entame la discussion avec celles se trouvant le plus près de moi.
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MessageSujet: Re: « Yes you the one that looks delirious ▬ Duke   Sam 18 Mai - 10:52


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« Dans les champs, on s’en rapproche. » C'est vague, presque incertain alors qu'il est parfaitement conscient qu'elle sait où elle va mais, avec Dolly cela sonne toujours comme une chasse au trésor, une folle escapade dans des endroits mystérieux. Parce que c'est Elle, qui délivre les informations presque au compte-goutte, c'est Elle qui ressemble à l'adulte derrière son petit visage bougon alors qu'il fanfaronne encore, qu'il rit trop fort en la suivant là où cela lui plaira, ressemblant au gamin, à l'adolescent à peine sorti de l'enfance. C'est leur étrange façon de fonctionner, semblant se contredire en de nombreux points et inexplicablement, s'entendre à merveille l'un l'autre.

« Si tu l’aime tellement cette robe, je peux te la prêter tu sais. » Le duc reste surpris quelques instants, parce qu'Amanite lance souvent peu de petite pique en souriant, surpris par la remarque qui a fusé avant d'éclater de rire. La robe ne lui irait jamais aussi bien qu'elle irait à Dolly, avec ses champignons de partout, qui s'envole au moindre coup de vent, sa jolie couleur bleue qui semble s'assortir à ses yeux. Cette robe un peu étrange qui lui rappelle la première fois qu'il était tombé sur cette droguiste ambulante, au détour d'une allée, le temps d'un battement de cil et de ses cheveux blonds rangés sous son petit chapeau.

La gamine lui attrape la manche, il laisse faire docilement, pour les entraîner hors du chemin et s'enfoncer dans les cultures florales, comme des voyageurs dans un autre monde. Il la suit, reste avec précaution dans ses pas alors qu'elle se met à saluer les plantes tout doucement, la laissant le guider à travers le champs. Il se sent moins assuré que sur les toits où il domine son monde, moins assuré que dans les rues animées et étroites qu'il connaît si bien mais, il se sent tranquille. Dolly est là. Il la regarder converser avec les diverses plantes, tante parfois quelques salutations à mi-voix un peu hésitant sur la forme ou le fond. Il a appris à plaire aux hommes mais, jamais aux plantes.

Quelques fleurs semblent s'éveiller, ouvrant déjà leurs pétales pour se gorger du soleil qui se ferait presque attendre.

« À partir de là, c’est parti pour la récolte. Dans ce champs on ne sait jamais à l’avance ce qui y pousse. Je suis venu sans liste donc, mais ce qui est pratique c’est que je peux leur demander leurs spécialités. » Duke acquiesce et vint s'accroupir aux côtés de sa comparse, comme un élève sérieux buvant les paroles de son maître. Il sera bientôt fatigué d'être trop attentif, trop sérieux mais, il se sent presque fasciné par le pouvoir de Dolly. C'est comme si elle n'appartenait plus vraiment à son monde, qu'elle avait un pied sur les deux et qu'elle avait la porte grande ouverte à quelque chose que lui ne pourrait jamais voir. Ce qui rendait toute la chose mystique, étrange.

« Qu'est-ce qu'elles disent ? » Il demande curieux. Certaines fleurs à la magnifique couleur lave ont attiré son attention, les pétales sont longues mais fines et c'est comme si elles allaient s'embraser au contact solaires. D'autres sont plus discrètes, plus groupées en de petites fleurs nacrées ou bleutées, d'autres encore se dressent de leur couleur safran éclatante qui capture l'œil. Le voleur tapote l'épaule de Dolly gentiment pour lui indiquer les différentes fleurs : elle semble toujours mieux entourée de plantes.

« Est-ce que tu as une idée de ce dont tu as besoin? » Il lui tapote la tête. « T'aimes vraiment les plantes toi hein? »


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MessageSujet: Re: « Yes you the one that looks delirious ▬ Duke   Ven 14 Juin - 17:52


Elles se réveillent, doucement. Certaines, plus matinales que d’autres, rigolent à voix basse pour ne pas déranger les autres et parlent entre elles, de la même façon. Près de moi, une fleur semble avoir du mal. Sa tige frétille. Ça revient à vouloir s’étirer, mais encore à demi-endormi, l’opération n’est pas agréable. Je laisse mes doigts s’approcher d’elle et caresser ses pétales. Qui s’ouvrent de surprise. C’est amusant comme j’arrive à les comprendre, devinant leurs expressions alors qu’elles n’en ont pas vraiment. Pas d’expressions de visages en tout cas. 

Et Duke près de moi. Qui n’entend pas ce que j’entend. Qui ne voit pas de la même façon que moi. Surement ne peut-il pas comprendre ce qu’il se passe. Mais devine-t-il un peu quand même? J’en doute. Mais il s’agit de Duke après tout. L’homme aux surprises. Jamais il ne cessera de m’étonner même avec les choses les plus simples, je suis sure.

Mais voilà qu’il demande. Non, bien sur que non, il ne peut pas les entendre. J’en oubli presque l’époque où moi-même je ne pouvait pas les entendre. Ça me semble si loin, et irréel. Cette époque a-t-elle vraiment existée? Vrai-ment?

Certaines se saluent. D’autres sont déjà en pleine conversation. Mais la majorité se réveillent. Celle-ci baille.

Je la lui présente du menton, car l’on m’a toujours dis d’éviter de montrer du doigts. Les fleurs sont particulièrement sensibles au manque de politesse. Mais, pointé de cette façon, il n’a pas du saisir laquelle observer dans la masse. Ce ne doit pas être trop grave, ça ne ce voit pas tellement, une fleur qui baille. Ses pétales s’ouvrent lentement puis se referment à moitié, pas trop sures de ce quelles font. Le mouvement est à peine perceptible.

Nous en sommes encore au point d’observation, accroupis. Aucune fleur n’a été enlevée de terre pour l‘instant. J’attend qu’elles se réveillent toutes, pour leur demander si elles veulent bien me suivre. Et puis, c’est toujours un plaisir de les regarder ainsi.

Successivement, Duke me donne une tape sur l’épaule puis sur le haut de la tête. Deux questions. Pour toutes deux, je me demande s’il a vraiment besoin de réponse. Il me laisse légèrement perplexe par moments.
Bien que, poser une question sans attendre de réponse me semble bizarre dans cette situation.

J’ai besoin de beaucoup de choses. Je sais très bien par contre que je ne pourrais trouver ici tout ce que je cherche. Mais, je pourrais très bien retourner à la roulotte avec un butin inespéré. Après tout, personne ne sait à l’avance ce qui pousse ici. C’est là tout l’intérêt. Donc… Je ne suis pas venu avec un but précis, je verrai.

J’ai toujours le regard posé sur les fleurs, une idée germant dans mon esprit.

Oui bien sure que je les aime.

Aussi simplement que ça. Puis je me tourne vers Duke. Avant de lui donner de cours, si nous en arrivons là aujourd’hui je devrait peut être pouvoir lui proposer une activité intéressante pour lui.

Je pensais. Tu sais chanter? Ce n’est pas grave si tu n’es pas le meilleure chanteur du monde, tant que tu aimes ce que tu chante. Je te demande cela parce que… Ça pourrait les réveiller tout à fait. Si tu t’en sors bien elles te donnerons toute leur attention et s’ouvriront pour toi.

Je me penche légèrement plus en avant, le corps tenant en équilibre sur la pointe des pieds. Puis, sentant que ça a du mal à tenir, mes mains s’approchent du sol et mes doigts s’y posent, assurant au tout de tenir.

C’est à toi de voir. Mais bien réveillées et de bonnes humeur elles seront plus enclines à se faire récolter.
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MessageSujet: Re: « Yes you the one that looks delirious ▬ Duke   Ven 5 Juil - 20:02




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« Certaines se saluent. D’autres sont déjà en pleine conversation. Mais la majorité se réveillent. Celle-ci baille. » L'adolescente pointa du menton une fleur perdue dans la multitude de pétales qui s'entrouvraient délicatement à l'approche du soleil, comme pour se gorger de sa lumière ambrée. Si le duc était incapable de deviner quelle était la fameuse demoiselle en éveil, il embrassa une nouvelle fois du regard la marée de couleurs qui de dessinait lentement à la façon d'un tableau, par petites touches plus ou moins successive, tentant vaguement d'imaginer leurs discussions. Si le coin était out à fait charmant par son cadre bucolique, il ne semblait pas excessivement fréquenté si ce n'étaient par les paysans aux champs, plus loin.  

« Je pensais. Tu sais chanter? Ce n’est pas grave si tu n’es pas le meilleur chanteur du monde, tant que tu aimes ce que tu chante. Je te demande cela parce que… Ça pourrait les réveiller tout à fait. Si tu t’en sors bien elles te donneront toute leur attention et s’ouvriront pour toi. » Le duc eut un éclat de rire, échappé de ses lèvres par surprise. Si on lui accordait volontiers quelques éloges en tant que voleur et grand baratineur, on ne l'avait jamais spécialement félicité pour sa voix, qui devait sûrement être assez quelconque, plutôt banale : de ces voix inexpérimentée un peu maladroite, pas vraiment assurée qui a tendance à tomber parfois dans le faux et qui ne sonne pas toujours particulièrement bien. Jeremiah avait toujours su être beaucoup plus musicien que lui, petit prodige du piano. Mais, oh, ce serait joli un petit air de jazz, un de ces airs mélancoliques qui transportent à des milliards de kilomètres, sur la lune et même plus loin encore. Il allait s'en dire que le répertoire du voleur trouvait rapidement ses limites dès qu'il ne s'agissait plus de son genre tant adoré.

« Je vais le faire mais, tu me devras un sourire. » Duke se serait presque senti fier de lui, en gamin qui venait de faire l'affaire de sa vie mais, il aimait le sourire de Dolly. Il y avait une multitude de petites choses sur lesquelles on pouvait rester des heures, de ces détails insignifiants qui agacent ou sont particulièrement plaisants et le sourire de Dolly, si rare, faisait parti de ces petits plaisirs du quotidien qui égayent les journées de quelques couleurs pastelles. Le voleur réfléchit quelques instants, se racla un peu la gorge comme pour faire son entrée, agita les bras plus pour la forme que le fond et se releva dans une révérence maladroite pour saluer son public.

«  I really can't stay. But, baby, it's cold outside. I got to go way. But, baby, it's cold outside. This evening's has been. Been hoping that you'd drop in. So very nice. I'll hold your hands, they're just like ice. My mother will start to worry. Beautiful, what's your hurry. And father will be pacing the floor. Listen to the fireplace roar [...] » Entonna-t-il, doucement, puis de plus en plus fort alors qu'il se sentait happé dans la mélodie, se balançant d'un pied sur l'autre en rythme et termina par accompagner sa chanson de quelques gestes de mise en scène comme s'il chantait vraiment quelques mots doux à une jeune femme qu'il ne voulait pas voir partir trop tôt -et que ce n'était pas encore la saison. Il avait presque sept ans à nouveau, ses parents tournant sur eux-même alors qu'on avait dépoussiéré le vieux tourne-disque pour l'occasion, le vinyle qui grésillait, la chaleur de la cheminée qui brûlait son dos dans le sol éclairé par des guirlandes de lumières et l'étoile qui scintillait en haut du sommet richement paré.

Duke, qui avait fermé les yeux, en rouvrit un pour attraper le bras de gamine de sa petite poupée et la tirer vers le haut pour la reposer sur ses pieds, la faisant tourner sur elle-même au passage. Oh, quand il entonnait un peu de jazz, il se sentait comme un petit garçon qui tient le bateau qu'il avait regardé tous les jours dans la vitrine du magasin en allant et en rentrant de l'école avec des yeux remplis d'envie, d'excitation. Il se sentait comme le roi absolu du monde, comme si finalement il n'y avait rien autre d'important que ce petit air entêtant qui restait dans sa tête et le laissait se balancer en rythme avec un immense plaisir.

«  [...] It's cold outside. »
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MessageSujet: Re: « Yes you the one that looks delirious ▬ Duke   Dim 7 Juil - 23:12


Je n’en aurais pas été dérangée. S’il avait refusé. Je m’attendais à moitié à ce qu’il ne me prenne pas au sérieux. Moi, gamine un peu bidon, qui se croit surement plus grande qu’elle ne l’est, et qui sourit plus aux plantes qu’à ceux de son espèce. Parfois il m’arrive de me demander pourquoi il me suis. Qu’est-ce qui l’intéresse assez chez moi pour qu’il décide de faire un bout de chemin en ma compagnie. Alors que je ne suis pas de bonne compagnie.
Et qu’est-ce qui m’empêche de le faire partir, de lui lancer un regard méprisant… Qu’est-ce qui m’intéresse chez lui?

Une révérence un peu raté après un raclement de gorge, et le voilà qu’il se met vraiment à chanter. Le prix; m’arracher un sourire. À cette exigence c’est un sourire à l’envers qu’il a récolté. Mais bon. Il s’est mit à chanter.
Alors qu’il n’était pas vraiment sensé prendre ça au sérieux.
Alors que je ne suis pas sensée prendre sa prestation improvisée au sérieux.
Mais, comme les fleurs, je le fixe. Je sais que leurs pétales sont comme mes yeux; intriguées par le même spectacle. Je sais leurs feuilles trembler en même temps que ma chair quand il accélère le rythme. Il n’a même pas un timbre incroyable. Sans être catastrophique, sa voix n’a rien de transcendant. Mais il reste quelque chose de spécial dans ce moment. Surement… Qu’elles ne doivent pas voir régulièrement de grand blond arriver dans ce qui est pour elles leur jardin et leur faire sérénade.
En y pensant. Même en n’étant qu’invitée, je n’ai pas non plus l’habitude de ce genre de chose. Peut être que je me met trop à l’écart des hommes. Bien, j’ai des raisons pour cela, mais ça n’empêche…

Qu’il me soulève. J’étais pourtant si bien au sol. À regarder quelqu’un d’en bas, et non pas de haut. Tout ça pour me faire tourner. C’est ridicule, à quoi bon tourner!
Et il fini sa chanson ainsi, le regard sur moi, le sourire fier de lui. Pourquoi? J’aurai envie de lui donner une belle claque, comme dans ces vieux films, simplement pour son comportement qui me fais tourner la tête. Il n’y a rien d’amusant là dedans. Pourtant son sourire immense attend sa récompense. Mon sourire. Ah, ce sourire là. Si rare. Si rare sans pourtant être un joyau. Personne ne s’intéresse à ce sourire. Pour la peine, pour l’agacement qu’il créer en moi sans effort, je fronce les sourcils et rend le joyau charbon. Sourire à l’envers.

Duke. Cette chanson n’était pas pour moi.

Après qu’un jeune beau leur fasse enfin sérénade, voilà qu’au meilleurs moment il se tourne vers une autre et préfère la faire danser elle. Il pourrait faire un peu plus attention à leurs sentiments! Les plantes aussi sont sensibles.

Et pourtant. Je les regarde et elles sont toujours aussi attentives. Il me demandait un sourire, que je ne lui ai pas donné, et elles sont ouvertes de toutes leurs pétales. Surement… Comme le sourire candide d’une jeune fille admirative.

… Oubli. Ça leur a tout de même plus.

Et un « merci », étouffé. Il ne faut pas trop m’en demander. Je sais pourquoi je suis en colère, je connais parfaitement mes raisons, elles sont justes, et ça me plais de lui en vouloir. Car c’est plus facile comme ça, et j’estime qu’il me mérite. Pourtant. Pourquoi y-a-t-il un pourtant? C’est surement ce qui m’agace le plus.
J’aimerais ne pas lui en vouloir. Le remercier vraiment. Lui donner ce foutu sourire auquel il semble tellement tenir. Danser avec lui, pourquoi pas, ou n’importe quelle connerie du genre. S’improviser une comédie musicale à deux. Si j’avais été niaise. Si j’avais été une adolescente agréable. Si mes cheveux blonds étaient longs, et que ma penderie était bourrée de jupes à fleurs et de robes en coton. Mais voilà. Je n’ai même pas de penderie. Juste un panier rempli à ras-bord de vêtements jetés n’importe comment.
Je ne suis pas le genre de fille mignonne. Je ne souris pas.
Et je suis bien comme ça.
Mais pour Duke, j’aimerais.
J’aimerais être cette fille que tout le monde aime.
Ça devrait le rendre heureux. Ainsi, je porterai tous les jours des robes comme celle avec laquelle il m’a vu la première fois. Celle qui lui plait tellement. Celle qui lui a donné envie de m’appeler Dolly.
Dolly. Ça ne me va même pas. Je suis un champignon mortel, pas une fleur mignonne.

Duke m’énerve. Il m’énerve car il arrive avec presque rien à me faire douter. D’un seul coup je ne me sens plus assez bien, alors que j’ai confiance en moi et m’accepte parfaitement comme je suis, autrement.
Comment il fait ça.

Et puis c’est stupide. Il a accepté de faire ça, c’est bien, il n’était pas obligé. Il s’y est mit sérieusement, ou du moins, il en a eu l’air. Et ça leur a plu.
Je suis la seule à qui ça ne plait pas. Je suis la seule insatisfaite, à m’énerver sur n’importe quoi.
Et je n’ose plus rien faire.
Comme une pauvre gamine.
Alors que c’est lui le gamin.
Mais c’est moi qui reste plantée là.
Bras croisés.
À ne pas vouloir m’excuser.
Ni même m’expliquer, tiens, ce serait pas mal aussi.
Et à ne plus oser bouger.
Alors que j’ai eu ce que je voulais.
Mais pas lui.
Si je ne lui donne pas de sourire je ne serai pas capable de partir à la cueillette.
C’est stupide. Mais c’est comme ça.
C’est stupide. Mais ce sourire, je ne lui donnerais PAS.


Duke. Comment tu fais? Pour me transformer en gamine. Sans même utiliser de magie.
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MessageSujet: Re: « Yes you the one that looks delirious ▬ Duke   Dim 25 Aoû - 10:52

❝ WHERE THE LIGHTS SHIVERS OFFSHORE THROUGH THE TIDE OF OCEANS, WE ARE SHINNING IN THE RISING SUN.
La chanson s'était écoulée doucement entre ses lèvres comme un cours d'eau, tandis qu'il avait gesticulé, s'envolant très haut entre les nuages, tournoyant sur lui-même. Le cœur en pagaille, la tête en vrac sous un millions de pensées volages et un sourire euphorique toujours pendu aux lèvres après avoir chantonné la sérénade à une centaine de jeunes fleurs délicates. Les mots s'étaient perdus dans leurs oreilles qu'il préférait imaginer attentives, dans le champs de fleurs sans but précis, touchant qui voulaient y prêter attention.

« Duke. Cette chanson n’était pas pour moi. » Mais, l'air un peu trop parfait vient de se briser contre les mots débités d'un ton trop dur pour un visage si rond. Oh Dolly, Dolly, ne semblait pas contente, Dolly sonnait juste terriblement accusatrice, laissant Duke pantois, sans comprendre dans cette expression de perplexité surprise. Le voleur ne venait-il pas de se plier avec une étonnante docilité à la demande de la gamine ? Il ne demandait, dans ce monde où rien n'était jamais donné sans rien, qu'un de ces rares mais, précieux sourires qui illuminaient les journées. Elle si grise, si sérieuse, si rigide qui parfois mettait un peu de couleur d'un mouvement de lèvres. Pourtant lui n'avait récolté qu'une mine agacée aux lèvres pincées dans ce qui semblait sa quête d'une vie avec un peu plus de couleurs, juste un pot un peu plus vide.

«… Oublie. Ça leur a tout de même plus. » Oh Dolly, Dolly, pourquoi un air si triste ? La chanson ne t'a-t-elle pas plu à toi ? Le lascar sait qu'avec cette mine boudeuse il est inutile d'insister, qu'il repartirait bredouille quoi qu'il puisse tenter : alors, comme toujours, il laissera passer. Parce que Duke semblait incapable de prendre les choses trop au sérieux, il semblait disparaître dès que l'ambiance se faisait trop pesante. On avait beau lui donner un air un peu idiot, il n'était pas aussi bête que son sourire trop candide voulait bien le laisser croire et alors, il revenait plus tard pour récupérer ce qui lui était dû, le duc trouvait toujours le moyen de se faire payer...Maintenant ou dans dix ans, peu importe finalement ?

« Oh vraiment ? Si je peux me permettre, ces charmantes demoiselles ont de très bon goûts musicaux. » Il esquiva un sourire charmant, feignant de n'avoir pas vu l'expression contrariée de sa comparse. Oh, de son air un peu idiot, il oubliait tous les problèmes trop compliqués de ce monde, après tout, il avait eu affaire à plus acariâtre encore.  

« Ah nous devrions nous y mettre, à ce rythme, le soleil sera déjà haut qu'on n'aura à peine commencé ...»
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