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 Everybody wants to be a cat ♛ Batilda

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MessageSujet: Everybody wants to be a cat ♛ Batilda   Sam 6 Avr - 11:00


EVERYBODY WANTS TO BE A CAT
Duke s'étira de manière paresseuse, avec des gestes amples et avec la lenteur extrême du félin qui s'éveille de sa sieste au soleil de l'après-midi. Il se pencha avec nonchalance par-dessus le rebord des tuiles bordeaux pour jeter un oeil tranquille aux rues en contre-bas : comme toujours, en milieu de journée, elles se trouvaient être particulièrement animées. Le centre-ville de la cité Yubaba était considéré comme la capitale des trois royaumes par sa forte activité économique : les magasins les plus luxueux s'étalaient sur des rues entières, les restaurants aux qui redoublaient d'ingéniosité et de savoir-faire où se mêlaient les plus petites échoppes aux milles senteurs, les crieurs publics, les spectacles en tout genre qui brassaient les foules quelques instants. C'était tout ce bruit phénoménal, ces visages, ces couleurs et ces odeurs qui nous enveloppaient, une fois dedans, on discernait mal le ciel, les bâtiments, on se sentait juste happé dans cette explosion de sensations.

Il finit par se relever complètement, détachant son regard bienveillant de la masse sombre qui occupait les rues, pour les longer de son habituel petit pas dansant en monarque parcourant son domaine. Peut-être bien que toutes ces merveilles appartenaient à la Reine et qu'elle était la seule souveraine officielle mais, lui en avait arpenté chaque recoin le plus sombre pour tout connaître jusqu'à mémoriser les horaires de certains vigiles, quel commerçant était plus vigilent qu'un autre, lequel était le plus rancunier, qui avait souvent besoin de services en tout genre, quels étaient les coins à éviter. Lui, il parcourait la ville en sillonnant ses chemins de tuiles qui cassent sous le pied, qui glissent et lui avait appris à l'aimer quand elle était devenue son gagne pain.

Aussi avait-il rapidement développé une certaine préférence pour le centre ville où se regroupait et s'entassait hommes et marchandises, lui permettant de se faufiler, de disparaître et d'apparaître à loisirs pour commettre ses divers petits larcins. Il y avait déjà trouvé quelques trésors qui avaient fait briller ses yeux de gamin, des babioles un peu trop jolies qui se vendaient à prix d'or : de quoi se payer un repas de duc, de profiter de cette éphémère opulence qui régnait dans la cité, s'y mêlant le luxe des plus fortunés et la misère des moins chanceux.

Le duc espérait donc que la chance serait encore avec lui aujourd'hui, tout en veillant à ce qui se tramait sur son royaume : il aimait à savoir les petites histoires qui s'y déroulaient, il aimait à connaître les potin et les histoires un peu sombres qu'on aime pas ébruiter. Quelque d'anormal attira cependant son oeil : quelqu'un, un enfant ou une jeune fille par sa taille qui semblait bien trop pressé pour l'ambiance festive de l'endroit et peut-être un peu désorientée. Un peu en amont, il semblait y avoir de une certaine agitation toute aussi inhabituelle comme si nous retournions ciel et terre pour retrouver quelqu'un. Le ou la gamine venait de s'enfoncer dans une nouvelle ruelle mais, elle semblait peiner à cheminer rapidement, avançant à contre-courant par rapport à la foule.

Duke, d'humeur plutôt joviale, et qui avait toujours eu une certaine aversion pour les gardes de la Reine -puisqu'il s'agissait évidemment de la garde royal- en faisant rapidement le lien entre les deux événements décida d'aider la fuyarde. Bien sûr, ça ne serait pas gratuit ! Mais, il pourrait régler les détails plus tard. Il s'élança sur les toits pour la rejoindre, désirant agir rapidement avant qu'ils ne soient pris, ce qui reviendrait assez cher au voleur pour son petit commerce, ses nombreux méfaits qui pourraient ressurgir et l'aide d'un inconnu qui devait avoir une bonne raison de se faire poursuivre.

« Psst toi ! » Siffla-t-il assez fort pour attirer son attention, avant de plonger son torse dans le vide pour attraper de son coutumier sourire malicieux ce qui était une jeune fille et la monter sur les toits pour en faire son otage, non sans efforts d'ailleurs. Il les éloigna du bord, posa une main sur la bouche de sa victime et lui intima le silence en posant un doigt sur ses lèvres en entendant les soldats arriver, en riant déjà de leur surprise en se rendant compte qu'ils avaient perdu leur cible. Il se moquait déjà de leurs cris agacés et de leur air déstabilisé.

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MessageSujet: Re: Everybody wants to be a cat ♛ Batilda   Jeu 9 Mai - 10:44

So I escaped through the window on a rope made of sheets.

Tu allais à une fête, Batilda.
Une fête organisée pour célébrer l'inauguration d'un nouveau magasin au royaume. Un magasin qui aurait dû porter le nom de boutique tellement tu le trouvais minable. Qu'est-ce que cet homme prétendait vendre déjà ? Ah oui, de la poterie. Qu'en avais-tu à faire, de la poterie ? Rien. C'était inutile, laid, sans intérêt. Et on t'avait pourtant demandé d'y aller. On t'avait dit « Batilda, en tant que Reine, il te faut être présente aux différentes inaugurations. ». On t'avait dit « Batilda, en tant que Reine, tu dois te montrer aimante et magnanime. ».
Tu n'étais pas aimante.
Tu n'étais pas magnanime.
Tu te moquais de ce petit vieux et de ses bols en terre cuite.

Tu marchais sur la route pavée, entourée de ces gardes ridicules, engoncés dans leurs armures trop brillantes, trop factices, dans ton royaume où tout n'était qu'artifices ; des restaurants du centre-ville au bout de tes ongles roses. Tu marchais et tes jambes étaient lourdes, hurlaient leur mécontentement, ne rêvaient que de courir loin d'ici. Tu marchais en te demandant quand cette comédie de la parfaite souveraine prendrait fin.

Et puis il y avait eu un bruit. Des éclats de verre qui volent, la formation autour de toi qui se desserre, le passage vers la rue s'offrant à toi. Ta tête s'était vidée, Batilda. Tu n'avais plus pensé à rien. Tu ne t'étais plus dit qu'il était idiot de désobéir, tu n'avais pas pensé que ça ne t'apporterait rien, tes préceptes de Reine idéale s'étaient envolés les uns après les autres comme une nuée d'oiseaux avides de liberté. Tu avais senti tes pieds, tes pieds, tes pieds contre les pavés ô Batilda ils voulaient bouger, ils voulaient te porter loin, loin, alors tu as cédé tu as fais un pas et puis un autre et puis un autre très vite, si vite. Le monde était entré en mouvement autour de toi, ça faisait du bruit, des sons, partout, que tu ne saisissait pas. Tout ce que tu te disais c'était qu'il fallait que tu avances. Que tu ne t'arrêtes pas, non, non. Tu passais entre ces gens si pathétiques dans la rue, tu les laissais te pointer du doigt, tu sentais ces mains tentant de te prendre ta couronne. Mais tu ne disais rien. Tu allais trop vite de toute façon. Trop vite. Tu n'avais pas de but. Si ce n'était continuer. Encore encore encore.

C'était beau.

Tes chaussures te faisaient mal aux pieds, alors tu les laissas traîner sur un coin de rue. Ta robe était trop longue, alors tu la portas pour laisser tes chevilles libres. Peut-être que ta peau bronzerait. Peut-être que tu ne serais plus aussi blanche. Peut-être qu'on comprendrait enfin que tu n'étais pas aussi innocente que ce qu'on voulait laisser croire. Pour la première fois depuis longtemps, tu étais Liberté, Batilda. Ne te tiens pas droite, ne souris pas, ne hoche pas la tête comme si tu étais compréhensive ou polie. Sois toi. Sois toi Bati Bati Bati ; sois toi Batilda.

« Psst toi ! »

Une ruelle et une voix.
Des bras sous tes épaules et tes pieds quittant le sol.
Tu voles, Batilda, tu voles.

Ce serait magique si tu n'avais pas la vague impression d'être enlevée à ta liberté toute fraîchement acquise. Alors tu lances tes pieds un peu partout, tu t'emmêles dans tes volants, tu essayes de bouger tes bras entravés par une présence dans ton dos ; jusqu'à ce que ton corps touche un nouveau sol, trois mètres plus haut. Une main sur tes lèvres t'empêchent de dire quoi que ce soit tandis que tes marionnettes en acier trempé se glissent dans la petite rue. Tu les observes vérifier chaque recoin, criant ton nom ; tu les observes les yeux écarquillés. Mon Dieu Batilda, qu'as-tu fais ? Tu n'es pas passionnée, tu n'es pas Rébellion, tu n'es pas Liberté. Tout ce que tu as fais, c'est mal, c'est très mal Batilda. Ton chemin dans la vie, c'est d'écouter ce qu'on te dit et voilà tout. Tu ne devrais décider de rien. Tu vois tes gardes partir, tu sens le souffle te manquer, tu arraches cette main immense de devant tes lèvres, tu te tournes vers ton ravisseur.

Il est trop blond, trop grand, trop souriant.

« Lâchez-moi. Je suis la Reine, vous n'avez pas à me tenir de la sorte. »

Tu essayes de reprendre constance, de te remettre dans une position moins idiote. Quelle drôle de vie que la tienne en ce jour. C'est inhabituel. Tout est toujours si calme, si prévisible. Réglé comme du papier à musique. Un deux trois un deux trois un deux.

« Et puis arrêtez de sourire comme ceci vous avez vraiment l'air d'un imbécile. »

Tes sourcils qui se froncent, cette impression perpétuelle qu'on se moque de toi. Tu ne veux pas qu'on se moque de toi. Tu veux qu'il s'excuse. Tu veux qu'il te lâche. C'est embarrassant cette proximité alors que tu ne le connais pas. Il n'a pas le droit de faire ça. C'est le petit peuple. Et toi tu n'es pas n'importe qui. Tu n'es pas Liberté, tu n'es pas Décision, tu n'es pas Folie.
Tu es Reine, Batilda.




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MessageSujet: Re: Everybody wants to be a cat ♛ Batilda   Sam 11 Mai - 11:16


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Et le spectacle fut superbe : des visages égarés, des ordres qui fusaient alors que les soldats semblaient soudain tout éperdus, ils tournaient sur eux-même comme des danseuses, cherchant dans les recoins avant de se retirer et c'était comme un délicieux sentiment de victoire, comme un autre triomphe sur l'existence. Finalement, l'éclat de rire du roi retentit après la diversion des bouffons pour mettre fin au spectacle, l'éclat de rire du gamin qui se sent pousser des ailes parce qu'il avait une nouvelle fois gagné, il avait encore été le plus fort. Il se plaisait du haut de son trône rouillé, il admirait son petit monde un peu sale, un peu miséreux, pas toujours bien beau et il attrapait ce sentiment d'inconscience brève mais, jouissif à pleines mains parce que lui, ne serait jamais le monarque de quoi que ce soit.

Son otage rejeta la main du voleur avant de se retourner vers lui.

« Lâchez-moi. Je suis la Reine, vous n'avez pas à me tenir de la sorte. » Elle avait de longs cheveux roses qui lui coulaient sur les épaules, des yeux noisettes sous ses sourcils froncés, des joues roses et une mine fâchée. Elle avait l'air en colère, peut-être un peu perdue aussi comme un chiot sur le bord de la route qu'on aurait juste balancé là sans rien dire. Elle n'était pas polie ou charmante, elle donnait des ordres comme si tout lui était dû ou comme si elle essayait de faire preuve d'un peu d'autorité mais, peu importe d'où elle venait, ici il n'y avait personne pour l'écouter, pour lui faire des courbettes. Elle était une reine sans couronne, une reine sans chaussures, qui ressemblait plus à une fugitive qu'à une monarque, à une gamine capricieuse qu'à une souveraine.

Duke ne connaissait pas la reine, la grande Batilda et il n'avait jamais cherché à faire affaire avec la famille royale : elle était à la tête du royaume le plus puissant et elle avait tous les pouvoirs à l'intérieur, elle pouvait bien faire ce qu'elle voulait, on avait pas besoin de lui pour ça. Il n'était pas intéressé par cette reine qui organisait quelques fêtes fastueuses, faisait quelques discours trop carrés pour plaire au peuple mais, qui semblait au final peu lui porter d'intérêt. Elle avait une ribambelle de ministres corrompus et inutiles pour le faire à sa place. Mais, bien qu'il s'était toujours très peu intéressé à elle, le duc ne voyait pas ce qu'elle serait venue faire ici et il ne pouvait s'empêcher de l'imaginer avec plus de prestance, plus d'élégance que la jeune fille qu'il avait en face de lui. Elle était reine après tout.

« Et puis arrêtez de sourire comme ceci vous avez vraiment l'air d'un imbécile. » Au lieu de desserrer son étreinte, il la resserra et il se mit à rire, encore, juste pour entendre sa petite voix de gamine s'égosiller de colère et d'insultes. Il ne savait pas vraiment d'où elle venait et comment elle avait fini poursuivi par des pantins en armures, il ne savait pas qui elle était mais, elle était amusante en un sens. Alors il se laissait rire au risque d'avoir l'air le plus grand, le plus magnifique des idiots des royaumes, parce que c'était toujours mieux que d'avoir l'air trop sérieux, trop triste, trop gris. Parce qu'on se sentait un peu mieux à l'intérieur, ça adoucissait les sentiments.

« Eeeeeh Madame la reine, je n'ai pas entendu, il faut le dire plus fort avec les mots magiques ! » Il parle doucement comme s'il s'adressait à une enfant, elle allait sûrement encore râler. Elle semblait appartenir à ce genre de personnes, celles qui froncent beaucoup les sourcils et passent leurs vies à moraliser, à se plaindre : des personnes qui ont perdu leurs couleurs, qui ne font que ronchonner et dire aux autres ce qu'ils doivent faire. Alors, elle le faisait rire, il trouvait ça drôle de la taquiner un peu. Mais, juste un peu, il ne fallait pas trop contrarier les dames - même s'il se demandait sincèrement s'il pouvait la considérer comme telle, elle tenait plus de la fillette avec sa panoplie couleur bonbon.

« Vous n'êtes pas vraiment très reconnaissante ou polie pour une reine, on ne vous a jamais dit que les gens trop désagréables finissent sans personne pour les aider ? » De son habituel ton si charmant, un peu boudeur peut-être alors que le duc annonçait clairement la couleur : ah, s'il se savait patient, il n'y gagnerait rien avec cette gamine et il faisait beaucoup trop beau pour s'encombrer de personnes si aigris qu'elles en deviennent pénibles. Alors, quand il serait fatigué, il pourrait juste se retirer et la laisser se débrouiller par elle-même à trois mètres du sol -chose à laquelle elle ne semblait pas habituée, il en était presque certain mais, il ne pouvait être assuré de rien. Le monde était un immense tissus de mensonges, d'apparence, tout pouvait se cacher derrière le plus grand sourire comme le duc des voleurs. Finalement, Duke la lâcha et se redressa pour s'accroupir, déjà prêt à bondir sur ses pieds alors que ses lèvres s'étiraient moqueusement.

« A moins que vous vous révéliez acrobate votre Majesté et je serai alors ravi de voir ça... »


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MessageSujet: Re: Everybody wants to be a cat ♛ Batilda   Dim 2 Juin - 20:27

Viens petite fille dans mon comic strip .

Tu le sens resserrer son étreinte et tu t'arrêtes presque de respirer ; tendue comme un arc. De-quel-droit-ose-t-il-t-approcher-de-si-près-c-est-une-insulte UN SCANDALE. Et en plus il rit comme si tout ceci n'était qu'une vague plaisanterie dont tu serais la cause. Son souffle se cogne contre ta joue et tu gigotes tes jambes minuscules dans un mouvement ridicule, comme si cela pouvait te permettre de te libérer. Tu voudrais hurler mais tu crains l'arrivée des gardes et leurs immanquables reproches. Tu voudrais le frapper mais tu es complètement bloquée. Et il rit, il rit, il se gondole contre toi ; c'est à te rendre folle dingue timbrée TOC TOC TOC.

« Eeeeeh Madame la reine, je n'ai pas entendu, il faut le dire plus fort avec les mots magiques ! »

Tes yeux s'arrondissent, ta bouche s'entrouvre, plus aucun mot ne te vient. Ce garçon.
Il te prend pour une enfant ?
Il te parle comme si tu étais une demeurée. C'est la première fois de ta vie qu'on t'adresse la parole de cette façon. Depuis toujours, même quand tu n'étais que princesse, face à toi on ponctue ses phrases de « votre altesse » et autres amabilités. Alors que là. Ce « Madame la reine » n'a rien de sérieux. Pire. On dirait. De l'ironie.
Catastrophe.

« Vous n'êtes pas vraiment très reconnaissante ou polie pour une reine, on ne vous a jamais dit que les gens trop désagréables finissent sans personne pour les aider ? »

Tu secoues ta tête de droite à gauche lentement, perdue, fixant maladroitement cet étrange jeune homme. Cette situation est tellement improbable. Tu es à trois mètres de hauteur, enserrée par un blond à l'air de benêt absolu. Benêt qui te fait la morale qui plus est. Que veut-il à la fin ? Est-ce qu'il insinue SEULEMENT que tu es désagréable ? Il essaye de te faire comprendre que tu risques de finir toute seule ? Quelle idiotie ! Une Reine ne peut pas finir seule. Une Reine n'est jamais seule. Elle a ses serviteurs, son peuple, ses dames de compagnie, ses conseillers. Tu as tes serviteurs, ton peuple, tes dames de compagnie, tes conseillers. Tu as tes frères et ta cousine et ta tante ; qu'ils te soient inutiles n'y change rien. Tu ne peux tout simplement pas être plongée dans la solitude, quelle que soit ton attitude. Tu l'as bien compris. On t'accorderait n'importe quoi pour un infime service ou quelques pièces d'or. C'est ainsi que marche le monde. Ainsi.

Tu sens ses mains te lâcher et son corps s'écarter du tien. Enfin. Tu le vois s'éloigner de toi et s'accroupir au bord du vide, un immense sourire aux lèvres. Au bord du vide. Du vide. Vide.
Tu baisses les yeux, tenant compte de la hauteur te séparant du sol.
Ô ciel, vertige infini te prenant à la gorge.

« A moins que vous vous révéliez acrobate votre Majesté et je serai alors ravi de voir ça... »

Tes mains s'agrippent aux tuiles autour de toi, tes doigts glissent, tes pieds se coincent dans une gouttière. Tu fermes les yeux très fort puis les rouvre. Ce n'est pas un rêve. Ce n'est pas un cauchemar.
C'est la réalité.
Le soleil tape fort au-dessus de vous et l'instant présent te donne le tournis. Où est le haut, où est le bas ? Il n'y a plus de sens à cette vie. La seule chose qui ne bouge pas dans tous les sens, c'est cette silhouette goguenarde à quelques centimètres de toi. Alors tu te fixes sur elle en essayant d'avoir l'air le moins apeuré et le plus digne possible. Et tu articules ces mots que tu n'arrivais pas à trouver quelques minutes plus tôt.

« Je suis Batilda Constantine Trafalgar. Je ne sais pas pour qui vous me prenez et je ne sais pas pour qui VOUS vous prenez mais vous n'avez pas intérêt à me laisser là. Sinon vous aurez ma mort sur la conscience. »

Plus tu parles, plus ton discours te semble naturel, et tu sais que si tu t'arrêtes de parler la terre et le ciel se remettront à tourner alors tu continues tu t'enflammes tu laisses tes joues rosir et tes cheveux s'emmêler tu laisses tes ongles parfaits s’abîmer sur les tuiles lisses et rouges.

« Vous n'êtes qu'un amateur, Monsieur ; vous pensez être le roi ici mais il y a tout un tas de choses que vous ignorez totalement, à commencer par le fait que je ne serais jamais seule. Je pourrais tout aussi bien vous faire exécuter que je serais toujours entourée de mille et une personnes toutes plus influentes les unes que les autres. Il n'y a pas de justice en ce monde. Il y en a qui doivent sans arrêt trouver les mots justes pour survivre, et d'autres qui peuvent faire tout et n'importe quoi sans craindre la guillotine. »

Les mots c'est comme des nœuds dans ta gorge, que tu démêles à toute vitesse de peur qu'ils ne s'échappent. Tu te demandes pourquoi tu racontes tout ceci, tu te demandes pourquoi tu parles autant pour ne rien dire. Oublier le vide, oublier le vide. Ou bien en combler un qui se promène dans ta tête et dans ton ventre. Tu ne sais plus trop.

« Je suis du bon côté, voyez-vous ? Et puis j'ai de la chance, je n'ai pas besoin d'amis. Ça ne m'intéresse pas. »

Infini sous tes pieds. A qui parles-tu déjà ?
Craquement du toit sous tes doigts.
Frisson.
Murmure.

« Ah oui, j'ai bien de la chance. »

A coup de pioche, à coup de mots ; combler le gouffre dans ta poitrine.




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MessageSujet: Re: Everybody wants to be a cat ♛ Batilda   Mer 12 Juin - 17:52




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«  Mais, qui vous assure, votre majesté, que j'ai la moindre conscience ? » Avait-il lancé, relevant le visage vers la gamine échouée alors qu'un sourire railleur se dessinait sur ses lèvres, ses yeux safrans illuminés par son arrogance comme s'il se sentait pousser des ailes. C'était un fait : elle était incroyablement trop sûre d'elle-même, elle semblait encore croire qu'elle avait la moindre emprise sur présent, sur ses escapades fantasques vicieusement ancrées dans la réalité d'enfant éperdue. Parce que voilà comme elle lui apparaissait, rien de plus, rien de moins. Elle n'avait pas la prestance ou l'apparence d'une monarque, juste les mots vénéneux d'une gamine à qui l'on aurait appris que tout lui serait servi sur un plateau d'argent, à qui l'on avait pensé bon de laisser croire qu'elle pouvait dominer le monde avec ses petits poings. Et même, même, s'il avait pu douter qu'elle ne soit pas totalement fêlée ne serait-ce qu'un instant, il était impensable, inimaginable que la reine puisse fuire ses propres jouets métalliques. Elle n'avait pas à les craindre puisqu'elle était bien supérieure à eux, pauvres roturiers qu'elle pouvait se décider à briser d'un claquement de doigt. Elle n'avait pas à craindre quoi que ce soit. Elle était reine.

«  Cependant, je veux bien croire que je suis encore ignorant, ce n'était pas mon intention de me présenter comme maîtrisant toutes les sciences du monde, je m'excuse de la méprise Madame. Le monde perdait beaucoup de son intérêt s'il était si facile d'en percer chaque secret. » Il se fait tout mielleux, soudain conciliant. La chat a rentré ses griffes, pour l'instant, le temps d'une légère révérence. Mais, Duke s'est relevé et son pas n'a rien d'hésitant : il semble parfaitement savoir ce qu'il va faire, comme piqué au vif par les propos de l'adolescente. Il ne laisse pas le temps à la gamine de contrarier ses plans et l'empoigne pour la soulever dans les airs, la laisser se ballotter à trois mètres du sol. Moqueur, il laisse un petit courant d'air lui chatouiller les pieds pour lui faire conscience de la distance qui la sépare du sol et de la possible suite des événements. Il hésite encore lui-même : la vie est tangible, truffée d'imprévus qui la rendent si passionnante, si précieuse et inconstante. Elle file entre les doigts quand on croit la tenir fermement. Tout semble partir d'une indécision perpétuelle, d'un peut-être.

Malgré tout, vous devriez avouer que pour un amateur, je maîtrise déjà quelques notions : je sais par exemple, que si je vous lâchais de cette hauteur, vous tomberiez en moins de dix secondes et quel bruit vos os feront quand vous rencontrez le sol : un long craquement. Je sais aussi que si vous tombiez, dans le pire des cas, donc si vous n'êtes pas tuée pas sur le coup, cela sera affreusement douloureux, que vous aurez les côtes brisés et un nombre important d'hémorragies. Ah peut-être que vous aurez le temps de crier, un peu, avant le choc mais, rien qui pourrait vous sauver. Et je tiens à ajouter que si vous vous montrez trop agitée, nous ne pourrons pas tenir ainsi très longtemps et que je serai au regret de vous abandonner. Comprenez bien que je ne suis pas assez idiot pour  me sacrifier pour la première inconnue qui passe mais, ceci semble un principe plutôt universel...»

Et il s'il demande, il se demande si elle a la peur qui lui tord les boyaux, la respiration difficile et des vertiges qui l'assaillent alors qu'il se sent d'humeur à frôler l'interdit encore un peu plus, un tout petit peu plus alors qu'il essaye de faire vaciller ses convictions. Non, il n'y a pas de justice dans ce monde. C'est bien pour ça qu'il en est là et qu'elle est ici, suspendue à plusieurs mètres du sol. La justice n'est qu'un concept que les politiciens ont inventé pour amadouer les hommes parce qu'elle ne sera jamais parfaite, il y aura toujours une multitude de petites différences, de facteurs en tout genre qui sépareront les individus entre-eux à commencer par la chance. Mais, s'il n'y avait pas de justice, et si la leçon serait sûrement pénible, il n'y avait donc pas de raison que ceux qui étaient bien nés ne se retrouvent pas de l'autre côté, du mauvais côté comme elle semblait croire.

«  Alors, Madame où sont donc vos précieux amis ? Je n'en vois aucun accourir pour vous sauver. Oseriez-vous encore me dire que vous serez toujours entourée ? Nous pourrions tenter une expérience, qu'en dîtes-vous ? Je vous laisse tomber et nous voyons si finalement, vous mourrez si entourée que vous le dites. Après tout, vous semblez en savoir bien plus que moi, vous aurez forcément raison n'est-ce pas si vous êtes si chanceuse ? » Duke provoque, parce qu'il sait qu'il peut se moquer d'elle allégrement, qu'il peut la tourner en ridicule comme il aime si bien le faire de cette petit façon sournoise et moqueuse qui le caractérise. Cependant, il sait que finalement, il n'aurait jamais le courage de tuer une gamine un peu perdue, sans compter tous les problèmes que cela pourrait lui apporter inutilement, pour rien, pas même quelques billets.

« Vous avez de la chance aujourd'hui effectivement ! » Il s'écria. «  Je ne pense que personne ne tient réellement à cette expérience mais, puisque cela fait deux fois que je semble vous sortir d'un mauvais pas, que diriez-vous de me payer pour mes services ? Je trouve cela tout à fait honnête. » Le voleur reposa la gamine sur le bord.
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MessageSujet: Re: Everybody wants to be a cat ♛ Batilda   Mar 2 Juil - 17:30

She said : You know There's nowhere else to go”.

« Mais, qui vous assure, votre majesté, que j'ai la moindre conscience ? »

Tes lèvres se serrent en une ligne fine, immensément fine ; et tes yeux se remplissent d'éclairs foudroyants tandis que le duc se dessine cet air arrogant qui te donne envie de hurler. Pour qui se prend-il mais pour qui se prend-il ?? Ça te rend dingue, ça te fout en l'air, ça te donne envie de le marteler de coups de poing et de coups de pied, jusqu'à ce qu'il s'incline devant toi : comme tout le monde. Pourquoi ne se comporte-t-il pas normalement ? Tu voudrais lui arracher ce sourire de crétin orgueilleux, lui faire ravaler chacun de ses mots.

« Cependant, je veux bien croire que je suis encore ignorant, ce n'était pas mon intention de me présenter comme maîtrisant toutes les sciences du monde, je m'excuse de la méprise Madame. Le monde perdait beaucoup de son intérêt s'il était si facile d'en percer chaque secret. »

Il te parle comme il parlerait à une attardée, une imbécile, une moins que rien. Il te parle sur un ton mielleux insupportable. Abruti, hypocrite, triple idiot. Tu cherches le moyen de le faire tomber de son trône de tuiles quand soudain il se lève avec une prestance déconcertante, avant de prendre tes poignets fins entre ses doigts habiles.
Tu voudrais lui crier de te lâcher immédiatement.
Tu voudrais lui exploser les tympans de ta voix de gamine ayant grandi trop vite.
Tu n'en as pas le temps. Car désormais, s'il te lâche Batilda, tu t'écrases trois mètres plus bas.
Tu sens tes yeux qui s'écarquillent et ton cœur qui papillonne, tu sens ta gorge qui s'assèche et tes jambes qui tremblent tandis que les courants d'air saluent tes orteils. Comment es-tu arrivée là, Batilda ? Aujourd'hui était un jour comme un autre, et voilà que tu te retrouves prête à faire le grand saut. Le dernier bond en avant ; le cœur au bord des lèvres, le souffle court. Et cette envie monstrueuse d’assassiner ce chat à deux balles, avec ses airs de grand benêt et ses cheveux blonds trop longs.

« Malgré tout, vous devriez avouer que pour un amateur, je maîtrise déjà quelques notions : je sais par exemple, que si je vous lâchais de cette hauteur, vous tomberiez en moins de dix secondes et quel bruit vos os feront quand vous rencontrez le sol : un long craquement. Je sais aussi que si vous tombiez, dans le pire des cas, donc si vous n'êtes pas tuée pas sur le coup, cela sera affreusement douloureux, que vous aurez les côtes brisés et un nombre important d'hémorragies. Ah peut-être que vous aurez le temps de crier, un peu, avant le choc mais, rien qui pourrait vous sauver. Et je tiens à ajouter que si vous vous montrez trop agitée, nous ne pourrons pas tenir ainsi très longtemps et que je serai au regret de vous abandonner. Comprenez bien que je ne suis pas assez idiot pour  me sacrifier pour la première inconnue qui passe mais, ceci semble un principe plutôt universel... »

Tu fermes les yeux, Batilda. Tu fermes les yeux pour ne pas voir le vide sous tes pieds. Et si tu le pouvais, tu te boucherais aussi les oreilles pour ne pas l'entendre. Il se joue de toi. Il s'amuse de ta peur, il rit de ton angoisse. Quel personnage mesquin il fait dans ta vie bien rangée ! Tu ne lui offriras pas le plaisir de trembler davantage. Tu es la Reine, tu n'as peur de rien. Tu t'imagines dans ta chambre, tu t'imagines sur ton lit gigantesque, tu t'imagines en train de planifier la mort de cet individu ridicule. Ce serait tellement facile. Tu claquerais des doigts ; et puis des soldats iraient le chercher, sur les toits s'il le fallait. Il serait mené jusqu'à l'échafaud et on le pendrait, ou bien on lui couperait la tête. Pour menace et atteinte à la sécurité de la Reine. Ah, oui, tellement facile !
Pourvu qu'il ne te lâche pas avant.

«  Alors, Madame où sont donc vos précieux amis ? Je n'en vois aucun accourir pour vous sauver. Oseriez-vous encore me dire que vous serez toujours entourée ? Nous pourrions tenter une expérience, qu'en dîtes-vous ? Je vous laisse tomber et nous voyons si finalement, vous mourrez si entourée que vous le dites. Après tout, vous semblez en savoir bien plus que moi, vous aurez forcément raison n'est-ce pas si vous êtes si chanceuse ? »

Tu voudrais lui arracher la langue, l'envoyer directement en Enfer, le voir brûler et souffrir et hurler. Et toi tu le regarderais sans mot dire, juste avec ce sourire satisfait ; celui de la souveraine ayant accompli son devoir comme il se doit. Pour le bien de la communauté, n'est-ce pas. Parce qu'au fond, en laissant mourir cet imbécile, tu sauverais probablement bien plus que ta seule personne ! Tu aiderais tous ceux que ce garnement a déjà volé et volera dans un futur plus ou moins proche. Tu aiderais les pauvres niaises se jetant dans ses bras pour leur plus grand malheur. Tu aiderais les jeunes garçons trop bêtes essayant de l'imiter sur les toits de la cité.
Tu rouvres les yeux.
Tu affrontes le vide.
Tu n'as plus peur de toute façon.

« Vous avez de la chance aujourd'hui effectivement ! »

Il se moque de toi et de ta situation. Il parle trop fort et trop vite. Il te remonte et tu contiens toute ta colère qui monte et monte et monte tellement que tes joues ne doivent plus être que deux tâches rosâtres ; ou bien rougeâtres.
Mais tu n'aimes que le rose.

« Je ne pense que personne ne tient réellement à cette expérience mais, puisque cela fait deux fois que je semble vous sortir d'un mauvais pas, que diriez-vous de me payer pour mes services ? Je trouve cela tout à fait honnête. »

Tu sens à nouveau une surface solide sous tes pieds. Tu te vois presque pivoter sur tes talons pour faire face au jeune impertinent. Tu sers tes poings de poupée tellement fort que tes phalanges virent au blanc. On a déjà essayé de démonter des plans de réforme, on t'a déjà envoyé des courriers révoltants voire insultants, on a déjà tenté de te mener en bateau. Mais tu as toujours su faire face. Ici et maintenant c'est. La première fois. Que tu te sens aussi humiliée. Toi, Batilda Constantine Trafalgar, tu te meurs de colère et de honte.

« Vous essayez de me dire que vous m'avez fait monter sur ce toit au risque de me voir tomber, que vous m'avez menacée de me lâcher dans le vide, que vous m'avez assommée de paroles et qu'en plus il faudrait que je vous paye ? »

Tu détaches chacune de tes syllabes avec un soin presque mécanique. Tu as l'impression d'être au bord de la crise de nerfs. Tu ES au bord de la crise de nerfs. Jusqu'à ce que tes nerfs lâchent, tout simplement. Tu entends un rire démentiel escalader ta gorge et sortir d'entre tes lèvres framboises, tu le sens qui secoue ta poitrine fort, si fort, tu manques te plier en deux. Tu as l'impression de ne plus pouvoir t'arrêter, comme si l'on avait coupé l'un des fils de ton système, comme si l'on t'avait fait disjoncter en t'injectant un nombre gargantuesque de volts directement dans les veines. Puis d'un coup, tu t'arrêtes. Ton rire hystérique stoppe net.
Ta main part rejoindre la joue de ton interlocuteur sans préambule, avec une violence insoupçonnée de la part d'une si petite jeune fille.

« Je vous hais, espèce de petit pédant imbécile. Il me semble vous avoir dis que je n'avais pas d'amis parce que justement, je n'en avais pas besoin ; vous n'écoutez donc rien ? JE SUIS SEULE TRIPLE CRETIN ! Vos précieux amis à vous, sont-ils là, aujourd'hui ? Pensez-vous qu'ils accourraient si, par malheur, je vous poussais par-delà ce toit ? Bien sûr que non ! Nous ne pouvons compter sur personne dans cette cité. »

Tu laisses les mots se déverser hors de ta bouche, comme un venin immonde qui te brûle la langue.
Tu ne pleureras pas parce que tu t'appelles Batilda. Ou tout du moins tu ne pleureras pas devant cet idiot.

« J'espère qu'au moins ça vous amuse, de menacer les gens en les balançant dans le vide. Vous n'avez visiblement rien d'autre à faire de vos misérables jours. »

Et puis tu tournes sur toi-même et tu t'écartes de cet inconvenant, avançant à petit pas sur la surface glissante du toi, avant de te rouler en boule dans un coin de gouttière. Tu ne voulais plus le voir. Il te dégoûtait. De toute façon, on viendrait forcément te chercher : tes soldats devaient être en train de remuer chaque quartier de la ville pour toi.
Une fois qu'ils en auraient fini avec la terre ferme, ces imbéciles finiraient bien par lever les yeux.





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MessageSujet: Re: Everybody wants to be a cat ♛ Batilda   Lun 22 Juil - 13:17


❝ EVERYBODY WANTS TO BE A CAT
A peine la reine en papier mâché eut-elle touché le sol qu'elle se retourna pour déverser sa colère sur le lascar, gesticulant avec une surprenante énergie après avoir frôlé si près la fin : l'adrénaline, douce adrénaline qui bat le sang dans les veines. Douce adrénaline qu est montée trop vite au cerveau. La gamine a commencé à rire, un rire bizarre, nerveux, pas un de ces rires francs qui font chauds au cœur ou qui sort par plaisir. Il leva un sourcil, presque perplexe du soudain retournement de situation. Le rire grandit dans la poitrine et ça sonne comme une bombe sur le point d'exploser. Jusqu'à ce point de non-retour, cette limite.

Duke resta surpris par la gifle qu'il n'avait pas vu venir, la force qui s'était soudain écrasée sur sa joue d'une si petite main avant qu'il n'ait eu le temps de penser quoi que ce soit l'avait prise de court, laissée hébété. Mécaniquement, il avait porté la main à sa joue meurtrie, rougie, la bouche à demi ouverte dans une expression d'incompréhension pendant quelques secondes, comme s'il n'avait pas encore totalement saisi ce qui venait de se passer. Elle venait de le gifler. La gamine un peu perdue aux rêves fantasques venait de le gifler. Et, réalisant ça, il se permit même d'esquiver finalement un sourire moqueur comme toute réponse, parce qu'il se sentait encore vainqueur : elle semblait se débattre, furieuse, humiliée, le laissant s'en amuser à loisir comme un petit garçon. C'était encore lui qui menait la danse, tirait les ficelles du jeu avec un certain plaisir bien qu'il n'avait pas pensé pouvoir la pousser aussi facilement dans ses retranchements.

« Je vous hais, espèce de petit pédant imbécile. Il me semble vous avoir dis que je n'avais pas d'amis parce que justement, je n'en avais pas besoin ; vous n'écoutez donc rien ? JE SUIS SEULE TRIPLE CRÉTIN ! Vos précieux amis à vous, sont-ils là, aujourd'hui ? Pensez-vous qu'ils accourraient si, par malheur, je vous poussais par-delà ce toit ? Bien sûr que non ! Nous ne pouvons compter sur personne dans cette cité. »

Il ne pouvait vraiment pas s'empêcher de sourire devant tout la rage qui s'échappait des lèvres roses de la petite fille : le sentiment de haine et les mots venimeux n'étaient même plus des éraflures pour lui, depuis qu'il avait suivi la voie du vol, il avait essuyé plus d'une remarque cinglante et d'un regard accusateur, réprobateur pour les voleurs, ces tares de la société, ces criminels impunis. Il avait fini par arrêter de compter le nombre de fois qu'on lui avait clairement fait comprendre le mépris, le dédain ou le dégoût qu'on éprouvait pour son personnage lascar et parfois il aimait en rire, titillant les plus réprobateurs. Il aurait cependant oublié dès le lendemain leur brève intercalation dans ces jours qui se ressemblent et diffèrent tous. Elle ne serait plus qu'un souvenir lointain, plutôt vague d'une gamine extravagante qui avait perdu le sens des réalités.

« Vous n'êtes pas très originale dans votre façon d'insulter les gens, Madame la Reine. Est-ce que vous traitez tout le monde d'idiot ? D'ailleurs, sachez, que ce n'est pas très gentil. » Répondit-il d'un ton presque innocent, avec cette légèreté et cette frivolité agaçantes de celui qui ne prend rien au sérieux, dans son éternel sourire railleur qui lui était revenu aux coin des lèvres. « Mais, ai-je dit que j'en aurais besoin ? Cependant, sachez qu'ils sauront être là quand j'aurais besoin d'eux parce que tant que je leur serais utile et qu'ils me le seront, nous entretiendrons les liens les plus cordiales du monde, Madame. Personne ne souhaite perde un précieux allié dans ce monde, ils peuvent toujours infiniment plus utile que ce que l'on croit. »

Peut-être que le mot ami ne convenait-il pas tout à fait aux diverses relations qu'entretenait Duke. Il ne pouvait pas réunir toutes les personnes de sa connaissance sous ce seul mot et peut-être collaborateur convenait-il beaucoup mieux : parce que tout partait toujours d'un besoin de l'un ou l'autre, une petite chose, une petite besogne ou quelques billets. Le duc ne faisait pas son difficile tant qu'il savait qu'il gagnerait quelque chose à la fin de leur accord qui pouvait plus ou moins durer selon l'individu avec qui il devait traiter. C'était la réalité des choses et parfois se voyait-il comme un grand homme d'affaires troquant divers services dans les deux sens pour remplir ce qu'il avait à faire. Tout semblait histoire de bonnes notes et de timing, de rythme un peu comme un morceau de jazz. Mais, il aurait sûrement été parfaitement d'adopter un mode de vie aussi facile, tangible, s'il n'avait su de faire quelques alliés parmi le panel varié de personnages que l'on trouvait aux royaumes.

Aussi donnait-il une autre leçon indirecte à l'élève indisciplinée, des mots dans le vent dont elle ne saurait que faire comme elle n'avait su que faire après avoir été confrontée à la réalité. Aussi, lui insinuait-il la difficulté qu'elle aurait à retrouver un jour le sol en se montrant aussi tranchante avec les autres et son entêtement absolu sur sa capacité à pouvoir tout endosser par elle-même.

« Donc, vous maintenez que si je vous avez lâché du haut de ce toit, vous n'auriez eu besoin de personne pour vous en sortir ? » Questionna-t-il comme un enfant questionnerait, avec cette incompréhension surprise, il ne comprenait pas. « Voudriez-vous que l'on tente l'expérience ? Je veux dire, que je saute  de ce toit ? »

Le duc avait lancé un regard en contre-bas, avec ce pointe de défi au fond de la voix. Duke avait peur, la peur qui lui tordait les boyaux de regarder si franchement la mort en face mais, il avait réussi à ne plus la laisser prendre possession de son corps et entraves ses membres ou son esprit. Il n'en gardait que le plaisir de l'adrénaline dans les veines et du cœur qui tambourine comme un marteau dans sa poitrine, que ce vague sentiment de panique euphorisante. Parce que le duc s'en sortait toujours : il trouvait toujours une solution dans l'essence de sa prodigieuse malice qui lui permettait de se sortir des situations les plus délicates, souvent in-extremis, sur la dernière minute alors qu'il reprenait sans plus tarder son train de vie inconstant. Et il avait une confiance aveugle en cette faculté à se sortir des dangers, il les attendait avec impatience, parce qu'il ne vivait qu'en croisant les doigts pour que ce ne soit pas la dernière fois, qu'en attendant cette dernière fois. Et quand elle arrivera, et bien, ma foi, il aurait perdu au jeu de la vie, il sera tombé sur plus fort que lui mais, il ne lui semblait pas encore pouvoir formuler de regrets si cette dernière fois arrivait demain. Le monde tournerait parfaitement sans lui. Une vie n'a jamais été indispensable au monde, elle se remplace bien plus vite qu'on ne l'imagine. Aussi la chose se trouvait moins risquée qu'elle pouvait y paraître au premier abord : ce n'était pas comme si le lascar avait égaré sa maîtrise de l'air qui avait si souvent fait sourire la fortune n'est-ce pas ?

« J'espère qu'au moins ça vous amuse, de menacer les gens en les balançant dans le vide. Vous n'avez visiblement rien d'autre à faire de vos misérables jours. »

Il releva les yeux vers la gamine qui était partie bouder et se rouler en boule dans un coin d'une vieille gouttière. Oh finalement, ce n'était qu'un bébé chat : qui tentait de miauler et sortir les griffes mais, finissait par se recroqueviller sur lui-même dès que les choses ne tournaient plus comme il fallait. Plus le temps s'écoulait et moins elle arrivait à l'impressionner. Peut-être même avait-il poussé un peu trop loin le bébé chat mais, il était bien trop agaçant pour qui que ce soit tente de le consoler : comme si le monde pouvait commencer à marcher sur la seule bonté de cœurs des hommes. Mais, elle avait certainement raison sur un point : le voleur n'avait visiblement rien d'autre à faire et pourtant, quantité de choses à faire par la même occasion. Il lui suffisait d'arrêter de vaguer où bon lui semblait pour trouver où se rendre utile et juste la faim semblait réellement le réveiller de ce quotidien branlant.

« Si je peux me permettre, et avec tout mon respect, d'ici, l'on peut apercevoir votre culotte. » Duke éclata de rire. Rose. Elle était rose, rose comme ses cheveux, comme une barbe à papa.

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MessageSujet: Re: Everybody wants to be a cat ♛ Batilda   Jeu 15 Aoû - 14:58

ft. duke & batilda

everybody wants to be a cat.

Qu’il était agaçant, ce garcon à deux balles. Avec ses longs discours sur ses prétendus alliés, ses mouvements trop souples de chat, son aisance naturelle dans tout ce qu’il entreprenait. Tandis que toi, assise sur ta gouttière, tu te sentais lourde et maladroite. Il se proposait comme sujet d’expérience, désirant sauter du toit pour voir s’il arriverait à s’en sortir tout seul ; tu crevais d’envie de le pousser en avant pour mettre en œuvre au plus vite ladite expérience. Si tu n’avais pas été Reine… Il serait déjà mort, trois mètres plus bas. Mais tu te disais que tuer l’un de tes sujets ne pouvait qu’entacher ton image de petite princesse innocente et sans histoire. Alors tu te contenais, ruminant dans ton coin, priant pour que ce dangereux individu se barre au plus vite de ce que tu décrétais à présent être TON toit.
« Si je peux me permettre, et avec tout mon respect, d'ici, l'on peut apercevoir votre culotte. »
Tu n’avais rien dit depuis ta dernière tirade. Tu l’avais laissé baratiner, te sortir toutes ses réflexions prétendues philosophiques ou psychologiques – tu ne savais pas trop -, tu l’avais ignoré avec brio pendant plusieurs minutes d’affilées, laissant, en silence, le soleil échauffer ton esprit déjà bouillonnant. Tu t’étais convaincue qu’il ne servait à rien de répondre à un tel imbécile. Mais là. Là, tu sentis le rouge te monter aux joues, aux oreilles, jusqu’à la racine de tes cheveux. Un rouge pivoine jurant atrocement avec le rose de ta chevelure et de ta petite culotte. Pas un rouge de honte, non. Un rouge de colère grandissante, une colère incommensurable, qui débordait de toi par tous les côtés. Plus encore que lorsqu’il t’avait relevée après t’avoir suspendue dans le vide. Plus que quand il t’avait sorti ses premières phrases bidons. Plus que le jour où l’on avait refusé de t’apporter un éclair à la fraise pour le dessert. Tu étais en rupture, Batilda. A bout de souffle, à bout de tout. Tu tournas la tête lentement, comme dans un vieux film en noir et blanc. Tu fixas le jeune homme avec des yeux plissés par la rage ; la vraie rage, celle qui te prend aux tripes et ne te lâche plus. Et puis tu lui sautas dessus, au sens littéral du terme, toutes griffes dehors. Tu te foutais du vide à quelques pas de toi, tu te foutais des tuiles glissantes et de tes gardes te cherchant partout, tu te foutais de ta réputation de parfaite Reine rose bonbon. Tu bondis d’un coup, sans prévenir, tel un chat en colère. Tu le renversas et enjambas son torse pour le bombarder de coups de griffe. Tu n’étais plus Sa Majesté. Tu n’étais plus une Trafalgar. Tu n’étais plus que Batilda, une adolescente qui venait d’atteindre un point de non-retour émotionnel.
« CRETIN BOUFFON SALE DEGENERE PERVERS HYPOCRITE SALAUD PERIPATETICIEN SANS VERGOGNE ET SANS CŒUR CREVARD VA POURRIR CHEZ LES EXILES »
Et tu continuais, encore et encore, à l’inonder d’insultes en tout genre et à le frapper de ta force de mouche mais de ta force tout de même. Tes poings, tes pieds, tes ongles ; touchant tout ce qu’ils pouvaient. Tu lui mordis même le bras lorsqu’il essaya de se dégager. Jusqu’à ce que des passants commencent à vous pointer du doigt en bas de la rue, alertés par le tapage que tu faisais. Jusqu’à ce que des bruits d’armures te parviennent à quelques pas d’ici. Seulement à cet instant tu t’arrêtas. Le dévisageas de tes grands yeux noisettes, essoufflée. Tu ne savais même pas son nom. Il était blond, il était grand, il était con. Il avait des marques rosées sur ses joues et son front et son nez, dues à tes faibles coups. Tu ne lui avais pas fait bien mal. Au moins ça t’avait défoulée. Tu mimas le chat sortant les griffes tout en sifflant entre tes dents.
« La prochaine fois j’te fais la peau. »
Plus de vous, plus de phrases bien tournées, plus de mimiques distinguées. Il ne méritait rien de tout cela. Tu roulas sur le côté pour le laisser partir. Il n’avait qu’à sauter du toit, tiens, bon débarras ! Tu n’en avais plus rien à faire. Toi, de toute façon, dans quelques minutes tu serais en bas. Parce qu’on viendrait te chercher. Contrairement à cet idiot sans scrupules ni manières, dans ce monde ingrat, tu comptais. Tu étais Batilda.
Batilda le chat, mais Batilda quand même.




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MessageSujet: Re: Everybody wants to be a cat ♛ Batilda   Jeu 29 Aoû - 19:21


❝ EVERYBODY WANTS TO BE A CAT
Lentement, son rire s'était tu pour ne laisser que l'euphorique insouciante dans l'ombre de ses plis de gamin qui semblait un peu trop heureux de vivre. Oh Duke avait cette manie de paraître à des kilomètres de tout, la tête perdue un peu dans les étoiles, un peu sur la lune, un peu dans le ciel trop bleu, un peu dans les toits aux formes irrégulières de la ville comme si le monde, l'univers tout entier se trouvait au bout de ses doigts. Il avait tout quelque part de cet aventurier candide prêt à se jeter sur les routes sinueuses du monde, faisant un rapide adieu de la main alors qu'il s'éloignerait avec son petit balluchon bien ridicule : il ne rêvait que d'ailleurs, de loin. Alors, il semblait aborder la vie avec cette légèreté déconcertante, ce manque de sérieux qui faisait serrer les dents comme si au diable ce qui pouvait bien arriver.

Et même au diable la colère d'une reine aux cheveux barbe à papa...D'un coup, la furie s'était jetée sur le lascar, le renversant sur le dos et attaquant son visage de ses petits poings délicats sans attendre, laissant se déverser sur le voleur une colère trop longtemps retenue. Oh que de mots peu corrects pour une si frêle jeune fille et que de hargne dans ses coups, où allait-donc le monde si même les jeunes demoiselles devenaient si agressives après une légère pichenette moqueuse ? Les rues ne semblaient même plus sûres, hantées par de pareilles menaces.

Indéniablement, Duke était plus moqueur qu'agacé, plus amusé qu'en colère par toute cette énergie qu'elle dépensait contre lui. Bien que la bête lui laissa une morsure au bras alors qu'il avait vaguement tenté de se dégager de son emprise pour jouer à son tour, elle était loin de lui avoir refait le portrait. Peut-être était-ce sa silhouette fragile ou la couleur de ses cheveux à l'image de ses sous-vêtements mais, il semblait difficile de la prendre au sérieux et de ressentir quelque chose de la crainte. Au premier regard, c'était un peu comme si le premier coup de vent le faisait tournoyer aussi fort qu'une girouette.

« La prochaine fois j’te fais la peau. » Jusqu'à ce que finalement, la gamine semble fatiguée de se défouler de tout son être sur un pauvre passant et son sourire moqueur. Il pouvait au moins bien lui reconnaître qu'elle avait plus de rage que son apparence de sucrerie pouvait lui avoir suggéré. Mais, Duke lui aussi commençait à se sentir fatiguer, à trouver le temps long, il lui semblait que les choses traînaient trop en longueur et qu'il était grand temps pour le duc de tirer une magnifique révérence. Le devoir, le gain ou l'aventure l'appelaient ailleurs dans les rues étroites et les histoires qu'on préfère garder secrètes. Le monde semblait n'attendre qu'une autre de ses prestations farfelues.

Le lascar se dégagea, s'accroupit et fit mine de se dépoussiérer brièvement, toujours un petit rictus en coin qui semblait narguer la pseudo reine en furie avant de tirer sa révérence.

« Bien que ce fut très plaisant de discuter avec vous, le temps m'appelle Madame la Souveraine, il me faut me retirer, je ne voudrais pas être témoin à nouveau de votre colère. Sachez cependant que je vous respecte pour assumer toute votre barbarie naturelle. » Il marqua une légère pause, sourire goguenard toujours aux commissures avant de se pencher vers elle : « Il faudrait déjà que vous m'attrapiez pour parler d'une prochaine fois. »

Il se retira aussitôt, de peur de recevoir un autre coup de griffe probablement, laissant planer son arrogance impunie dans l'air avant de se laisser tomber en arrière dans le vide. Vous savez, quelque chose comme une affection pour les sorties spectaculaires qu'il soignait tout particulièrement. La chute fut brève, elle passa en un claquement de doigts avant qu'une bourrasque n'atténue sa violence et que les pieds du voleur touchèrent le sol. Duke trouva bon ton de se retourner une dernière fois vers le toit d'où le regarderait peut-être la demoiselle pour la saluer une dernière fois, il serait impardonnable d'en oublier les bonnes manières voyons, et se permit d'ajouter comme touche finale :

« Peut-être que s vous criez assez fort, quelqu'un vous trouvera. »


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