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 Just a sketch in the landscape •• Heisenberg

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de la Vallée du Vent
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MessageSujet: Just a sketch in the landscape •• Heisenberg   Dim 24 Aoû - 10:03


    Virginie ne comprenait pas la météo. Elle avait toujours pensé qu'elle devait forcément s'adapter au contexte. De la pluie pour les trucs pas bien, du soleil pour les trucs bien. Ou un truc du genre. Là, en l’occurrence, le ciel ne se prêtait pas du tout à l'occasion. C'était surréaliste, de regarder le désastre en face d'elle avec ce joli ciel bleu, parsemé de nuages paresseux. Ça collait pas. Quelque chose, au fond d'elle, voulait des nuages chargés de pluie, des orages menaçants pour pouvoir contempler sa belle vallée détruite et à l'abandon. Peut-être même une musique, avec des violons si possible.
    Elle avait juste voulu rentrer chez elle. Elle avait plus trouvé. Il y avait bien un pan de mur, un tas de ferraille, un reste de boite aux lettres. Un hochet pour bébé, le genre coloré en plastique moche, qui gisait au sol. Envolées les lettres, les objets qui brillent. Elle était plus trop sûre que ce soit sa maison.
    Pour la défense des exilés, elle habitait bien trop en bordure. Elle n'arrivait pas à leur en vouloir. Quand on faisait une invasion, fallait bien commencer quelque part.

    Elle resta quelques instants debout pour essayer de savoir si elle était triste, ou en colère. Finit par se dire que non.
    Ça va.

    Elle trottina en sens inverse. Elle-même ne ressemblait plus à grand chose. Ses cheveux trop longs étaient sales. Ils fourchaient au bout. Son tee-shirt était trop petit, il remontait sur son ventre creux. Elle avait l'air d'une clocharde, aurait-elle dit si elle s'était vu dans une glace. Et elle avait froid. Elle avait bien emprunté un manteau à Heisenberg avant de partir, mais elle l'avait abandonné pendant son voyage. Puis elle avait regretté. Parce que ce manteau tenait vraiment chaud. Et qu'il lui rappelait la maison, un peu.
    Heisenberg, c'était son plan B. Elle savait que les exilés avaient envahi la ville. C'est pour ça qu'elle était partie. Un peu au hasard d'abord. Par la montagne, puis un grand détour vers Yubaba. Elle avait voulu entrer dans les Landes, elle s'était perdue. Elle était revenue.

    Devant chez Heisenberg, elle se rappela encore qu'il n'habitait plus là. Alors elle refit un détour de nouveau. Plan C, le manoir. Elle passa encore devant des maisons en ruines, vidées, pillées, fumantes. Elle avait hâte de revoir Heisenberg. Quand elle ne voyait pas les gens pendant longtemps, comme un mois, une semaine, ou trois jours, elle commençait à oublier leur visage, et celui-ci flottait dans une espèce de lumière dans sa mémoire. Heisenberg. Nath. Gervita. Aspirine. Ace. Isidore. Si ça se trouve, ils étaient tous morts, et elle était même pas au courant.
    Elle n'arriva toujours pas à être triste.

    La fenêtre n'était pas trop haute. Virginie était la spécialiste des entrées par effraction, de toutes façons. Le manoir était grand, et sombre à l’intérieur. Froid. Elle entendait des voix, des espèces de chuchotements un peu tristes. Elle décida d'aller en sens inverse.
    Elle trouva la cuisine, alors elle eut faim. Ouvrit le frigo. Déception, il n'y avait pas de lait. Elle avait envie de lait. Parce qu'elle devait sûrement manquer de calcium, et parce que l'odeur du lait lui rappelait Isidore, qui sentait comme tous les bébés, mais en mieux. Elle décida de prendre une bière à la place. Croqua dans une pomme. S'assit par terre en laissant le frigo ouvert.
    Mais elle a froid.


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MessageSujet: Re: Just a sketch in the landscape •• Heisenberg   Dim 24 Aoû - 17:38

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Tous les jours, plus de messages arrivaient à lui. Des groupes suspects avaient été repérés ici et là, des champs avaient été saccagés, des maisons brûlées, des paysans voulaient même s'entretenir directement avec lui. Les fous. Parfois, les yeux qui se tournaient vers lui quand il sortait étaient empreints de haine, de dégoût. Certains crevaient de faim, l'accusaient de ne rien faire. Mais que pouvait-il y faire ? Sortir et arroser lui même leurs foutues cultures ? Lever une armée d'incapables armés de fourches ? Une situation à en devenir paranoïaque. Les ennemis voulaient sa peau, et maintenant une partie des habitants aussi. Mais Heisenberg n'arrivait pas à craindre qui que ce soit. Il savait bien qu'un jour, il croiserait un visage inconnu au détour d'un couloir de son manoir, une arme à la main. Il se ferait tirer dessus. La balle rebondirait doucement sur sa peau, et le temps que l'inconnu comprenne, l'ex-flic aurait sorti sa propre arme. C'était déjà arrivé. Ca arriverait encore.

Mais s'il y avait bien une chose qu'il ne s'attendait plus à retrouver chez lui, c'était bien ça.

C'était une scène qu'il avait déjà vu. Avant, il y était même habitué. Sa cuisine n'avait jamais vraiment été sa cuisine, il lui semblait que des trucs disparaissaient toujours de son frigo, de ses étagères, comme s'il la partageait. Il avait alors cessé de lutter contre l'instinct naturel de Virginie. Et puis un jour, elle avait disparue, laissant seulement une lettre et Isidore derrière elle. Pendant plusieurs mois, les bouteilles de lait restaient à leur place du soir au matin, et sur ce point Heisenberg s'était réjoui du départ de Virginie. Puis à force, peut-être que ça lui avait manqué un peu, mais il refusait de s'entendre penser une telle chose.

Elle était assise au beau milieu de la cuisine, dans un piteux état. Le dirigeant de la vallée s'étonnait même qu'elle ne soit pas morte pendant son périple. Même si elle ne rayonnait pas par son intelligence, il ne pouvait pas dire qu'elle n'était pas débrouillarde. C'était déjà ça. L'ex-allemand resta planté plusieurs secondes dans l'ouverture de la porte, sans bouger, sans savoir trop quoi dire. Virginie avait toujours été imprévisible, mais là elle battait des records.

« J'espère que t'as pas cassé de carreau cette fois. »
finit-il par dire, sur un ton volontairement las. En fait, si ça avait été le cas, il aurait entendu. Il y avait quelque chose sur son visage d'assez inhabituel. Elle ne rayonnait pas, ne bouillonnait pas, comme si elle avait perdu toute cette énergie qui la caractérisait. Quoi qu'il en dise, Heisenberg n'aimait pas ça.
Peut-être qu'elle était allée voir sa maison. Le dirigeant avait eu vent de l'incident. Des rebelles s'étaient défoulés dessus apparemment, vu qu'il n'en restait même pas la totalité des fondations.

En la détaillant du regard, il se dit qu'elle ressemblait bel et bien à une sdf. Ses cheveux ne ressemblaient plus à grand-chose, pas plus que ses vêtements. Il ne manqua pas de remarquer que le manteau qu'elle avait dit avoir emprunté manquait à l'appel. Ce détail lui fit claquer sa langue sur son palais. Il se retint généreusement de le lui dire, cependant. L'espace d'une demi-seconde, il songea à retirer sa propre veste pour lui donner. Puis il se ravisa en pensant que ça faisait peut-être une éternité qu'elle n'avait pas pris de douche. A la place, il alla fermer le frigo.

« T'as pris ma dernière bière. » laissa-t-il échapper. Il ne pouvait pas non plus l'excuser de tout.




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MessageSujet: Re: Just a sketch in the landscape •• Heisenberg   Lun 25 Aoû - 21:10

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    Elle ne savait pas trop à quoi elle s’attendait. Le Père Noël ? La reine Batilda en nuisette ? Non, certainement pas, mais elle fut quand même surprise quand elle vit Heisenberg rentrer dans la pièce. Pas autant que lui semblait surpris, remarque. Et il habitait là, en même temps. Et d’une certaine façon, entendre son habituelle voix lasse et sentir sur elle son regard de papa exaspéré lui fit retrouver le sourire presque immédiatement.

    « Oh, Heis- Carlos », elle rectifie juste à temps.

    Apparemment, tant de temps loin de chez elle lui faisait perdre ses bonnes habitudes. Elle avait presque oublié pourquoi elle l’appelait Carlos, en vrai. Elle avait surement une excellente raison.

    « J'espère que t'as pas cassé de carreau cette fois. »

    Elle se contenta de hausser les épaules. Peut-être. Peut-être pas. Un carreau cassé en plus et en moins, c’était pas ça qui allait refroidir le manoir déjà gelé. Enfin, peut-être que le problème n’était pas que la température, mais ça lui passait évidement bien au-dessus de la tête.
    Elle leva les yeux vers Heisenberg quand il la contourna pour aller fermer le frigo. Il avait l’air encore plus las que d’habitude, en fait. Plus fatigué. Il avait de vieilles cernes et était un peu moins rasé que la dernière fois.

    « T'as pris ma dernière bière. »

    « J’ai craché dedans c’est la mienne maintenant », elle fait, vieux réflexe de maternelle. « Désolée » elle ajoute. Mais elle n’est pas désolée.

    Et puis elle se lève, en grimaçant un peu parce que ça fait mal au niveau des côtes, depuis quelques jours, et elle s’approche d’Heisenberg, et elle l’examine d’un air faussement soucieux qui ne lui va pas. Elle claque ses deux mains froides et sales sur les joues de l’ancien flic, les joues qui piquent à cause de la barbe naissante. Et elle n’arrive pas à lire ce qu’il y a dans ses yeux, ni de bonne ni de mauvaise nouvelle. Alors quelque chose se tord dans son ventre. Il faut qu’elle lui demande comment va Isidore où est Isidore que fait Isidore est-ce qu’il mange bien est-ce qu’il dort bien est-ce qu’il a parlé est-ce qu’il a demandé à la voir est-ce qu’il est là est-ce qu’il est vivant Isidore Isidore Isidore Isidore.

    « C’est moche ici. J’aimais mieux ta maison avant. »

    Raté.

    « Tu devrais dormir des fois tu ressembles à rien. Tu dois manquer de calcium j’ai vu ça dans un reportage. Tu peux pas combattre les méchants en manquant de calcium. Je sais pas si les boutiques sont encore ouvertes mais si on se débrouille bien on devrait pouvoir choper un pack de lait ou deux. Et puis au passage prendre d’autres bières. »

    Sur ces mots elle recule un peu, boit une longue gorgée de bière, s’étouffe, recrache un peu, s’essuie du coude un peu de mousse qui a coulé. Elle déteste la bière.
    Et sans qu’elle ne s’en rende compte, la bouteille vient s’éclater à ses pieds,  et le liquide ambré s’échappe sur le sol froid, elle fait l’air de la fille qui n’a pas fait exprès. Elle aurait presque l’air désolée, même. Et puis elle s’agrippe de nouveau à Heisenberg un peu plus fort.

    « Je peux rester ici ? Je serais sage, promis je resterais dans mon coin et je ferais aucun bruit. »

    Et cette fois ça ressemblerait même à une supplication.



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MessageSujet: Re: Just a sketch in the landscape •• Heisenberg   Mar 26 Aoû - 22:37

hrp:
 



oh i'm in trouble again


Revoir le sourire d'un être longtemps disparu était sûrement une chose merveilleuse et formidable, une chose qui réchauffe le coeur, une chose qui pouvait même avoir le pouvoir d'effacer tous les malheurs du monde, ne serait-ce qu'un court instant. Mais dans le cas d'Heisenberg, c'était presque aussi désagréable que de se cogner le petit orteil sur le coin d'un meuble. Surtout lorsque la personne disparue en question se trouvait être Virginie. L'avoir vue sans cette énergie débordante -qu'elle venait subitement de retrouver- lui avait fait tout drôle, il fallait l'avouer. Mais finalement, il la préférait sans.

Il songea à ce qu'il pourrait lui dire pour effacer ce sourire de son énervant visage, comme par exemple inventer un tragique accident impliquant Isidore. Quoi que même là, il avait des doutes sur le résultat. Il abandonna cette idée. Virginie s'était levée. Heisenberg s'attendait au pire. Il fallait toujours, toujours s'attendre au pire avec Virginie. Lorsque les mains de cette dernière claquèrent sur ses joues, ses mains sales et crasseuses, il serra les dents pour s'empêcher de faire quoi que ce soit de trop brutal.

« C’est moche ici. J’aimais mieux ta maison avant. »

Lui aussi. Au moins, dans son ancienne maisonnette, quand quelqu'un s'introduisait chez lui, l'ex-flic l'entendait systématiquement. Dans cette baraque, tout le monde semblait rentrer comme il voulait -Gervita, maintenant Virginie. Et puis, toutes les affaires d'Absinthe étaient restées dans son ancien chez-lui. Il n'avait pas eu le courage de les emmener, ni de les déménager, ni même d'y toucher. C'était tout ce qui restait d'elle après sa disparition. Des objets.
Mais elle, elle n'était jamais revenue.

Ses pensées furent balayées par des images du passé de Virginie. Se rappelant de la fois où il l'avait vue sur le trône, Heisenberg attrapa aussi calmement qu'il le pu les poignets couleur chocolat de la brune et les écarta de ses joues pendant qu'elle continuait à parler, encore et encore.

« ...Je sais pas si les boutiques sont encore ouvertes mais si on se débrouille bien on devrait pouvoir choper un pack de lait ou deux. Et puis au passage prendre d’autres bières. »

« Si par boutique tu entends la fromagerie de Gervita, c'est non. » Il ignora le reste de son discours. Sur certains points, elle n'avait même pas tort, mais il se garda bien de le lui dire.

Avec toute la grâce du monde, Virginie manqua de s'étouffer en buvant une gorgée de sa dernière bière. La bouteille glissa alors miraculeusement de ses doigts pour venir éclater par terre. En éclaboussant généreusement ses chaussures noires hors de prix. Soudain, il se souvint pourquoi il n'avait jamais pu supporter Virginie. Plus elle respirait le même air que lui, et moins longtemps il vivrait ; elle mettait ses nerfs à l'épreuve comme personne. Tu peux pas t'en empêcher, hein ?
Elle s'agrippa à lui. D'autres bribes de son passé flottèrent dans sa tête. Il l'attrapa par les épaules, la décala sur le côté sans la moindre délicatesse.

« Je peux rester ici ? Je serais sage, promis je resterais dans mon coin et je ferais aucun bruit. »

Virginie n'était jamais sage, et jamais silencieuse. N'importe qui savait ça. Heisenberg avait déjà dû s'improviser papa de substitution avec Isidore, et s'occuper en plus de Virginie était la dernière chose qu'il souhaitait.

« J'ai une meilleure idée. Tu prends ton fils et tu te trouves un foyer ailleurs, hm ? On va même aller le chercher tout de suite, comme ça vous aurez peut-être un toit pour la nuit si tu marches vite. » Il se demanda un instant si Virginie n'avait pas oublié l'existence de son propre fils. Elle n'avait pas encore mentionné son prénom. Ce ne serait même pas étonnant.

Il fouilla dans un placard à l'extrémité de la cuisine et en sortit une serpillère qu'il balança par terre négligemment. « Et puis vu où tu as dormi ces derniers mois, ce sera pas bien différent de dormir dans la rue. » ajouta-t-il, en se rappelant des brèves images qu'il avait vues grâce à son don. Il lui semblait que ce qu'il voyait était toujours assez récent pour Virginie. C'était peut-être parce que son don avait été utilisé à outrance sur elle -et ce malgré lui.

Il se dirigea vers les escaliers. L'ex-allemand avait installé Isidore dans la première chambre du haut, celle qui était la plus éloignée de la sienne. Même comme ça, le bébé réussissait quand même à le réveiller presque toutes les nuits.
Et après sa mère osait faire une remarque sur ses cernes.




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MessageSujet: Re: Just a sketch in the landscape •• Heisenberg   Mer 27 Aoû - 10:47

hrp:
 


    Oh, bien sûr, elle avait failli oublier le terrible et le magnifique pouvoir de médium d’Heisenberg, celui qui l’avait aidée à retrouver le père d’Isidore et qui à l’instant, le faisait grimacer à son contact. C’est vrai que Virginie avait tendance à être tactile sans raison, et dans ces moments-là, elle se demandait toujours ce que l’ancien flic voyait dans sa mémoire. Mais ça ne la gênait pas vraiment, qu’on s’immisce dans son intimité. En même temps, c’est pas comme si grand-chose la gênait.
    Alors Heisenberg la repoussa, une fois, deux fois, tout en débitant des bêtises sur la boutique de Gervita. Ah oui, c’est vrai, elle avait aussi oublié qu’il détestait Gervita sans aucune raison valable. Après tout, le fromager était l’homme idéal : gentil, bien foutu, faisait des bons cookies ; et son lait, - enfin, celui de ses chèvres-, avait une valeur nutritive excellente pour les enfants en bas âge. Bref, tout ça pour dire qu’il était évident que la haine qu’Heisenberg envers Gervita relevait de la pure jalousie, tout comme celle qu’il montrait envers Virginie. C’est vrai quoi. Il en voulait visiblement aux gens beaux, gentils et intelligents. Le pauvre devenait aigri avec l’âge. Pleine de tact toutefois, elle s’abstient de lui faire la remarque.
     
    « J'ai une meilleure idée. Tu prends ton fils et tu te trouves un foyer ailleurs, hm ? On va même aller le chercher tout de suite, comme ça vous aurez peut-être un toit pour la nuit si tu marches vite.  »
     
    Voilà, exactement ce qu’elle disait. Heisenberg devenait un vieux radin aigri et grognon, antisocial, et sans cœur. Tout ça pour une bière renversée. Virginie afficha un air profondément choqué.
     
    « Quoi, mais t’es un bâtard !  » lâcha-t-elle avec une grande délicatesse.
     
    Simple constatation hein.
    Ignorant cette dernière remarque comme il savait si bien le faire il commença à nettoyer le sol trempé de bière comme un vieux maniaque, ajoutant une remarque plutôt cruelle à propos des endroits où elle avait dormi. Venant de la part de quelqu’un qui vivait dans un manoir depuis le début de la guerre, c’était gonflé quand même.
     
    Méditant sur sa vengeance proche, elle le suivit dans les escaliers en prenant grand soin de lui tenir un bras, parce qu’elle savait qu’il détestait ça. Et en l’espace des quelques marches qui les séparaient du premier étage, elle tenta successivement le désespoir (« Pitié Carlos c’est mon seul espoir »), la prise par les sentiments (« pauvre Isidore va se retrouver à la rue il aura pas d’avenir je vais devoir le vendre ou alors le manger parce que je pourrais pas m’occuper de lui  »), les supplications (« steuplé steuplé steuplé steupléééé  »), le chantage (« si tu me laisses pas rester je vais dire à tout le monde que tu te masturbes avec des cactus  »), les menaces (« j’vais casser tous les carreaux de ton manoir et voler toutes tes bières  »). Sans résultat. Elle allait embrayer sur les promesses quand Heisenberg ouvrit la porte d’une chambre et que les deux entèrent à l’intérieur.
     
    Ça faisait tout calme quand elle arrêta de parler. La chambre était petite et sombre, et quand ses yeux s’habituèrent à l’obscurité, elle vit un genre de lit pour bébé un peu artisanal, enfin, elle pensait que c’était un lit pour bébé. Chez elle, Isidore dormait sur le fauteuil, avec une pile d’objets pour l’empêcher de tomber.
    Et bon, évidement, son fils était dedans. Toujours aussi beau gosse, avec sa petite touffe de cheveux bruns et ses yeux bleus grands ouverts. Il les regardait tous les deux avec une telle intensité que ça mettait Virginie mal à l’aise. C’est ça qui l’avait le plus dérangée. Le fait qu’Isidore ait toujours l’air de tout comprendre.
     
    Elle se retourne vers Heisenberg. Puis de nouveau vers Isidore. Et re Heisenberg. Ah oui, c’est vrai. Il attend qu’elle ramasse son gosse et qu’elle s’en aille. Ses dernières tentatives pour gagner du temps restèrent coincées au fond de sa gorge. Alors elle alla ramasser Isidore dans son berceau, le calla tant bien que mal dans ses bras (les enfants grandissent si vite), et lança à Heisenberg un regard de reproche aussi digne que résigné (elle espérait qu’Isidore en faisait de même, mais elle osait pas jeter un regard).
     
    « Bon ben je me casse, indigne dirigeant. J’espère qu’on va crever de faim dans la rue comme ça mon fantôme viendra te hanter toute ta vie. Oh et puis au fait, tout le monde te déteste. Salut.  »
     
    Sur ces mots, elle quitta la pièce d’un pas plus trébuchant que fier, absolument persuadée au fond de son crane d’oiseau qu’Heisenberg allait la rattraper par le bras pour la supplier –à genoux- de rester. Avec un peu de chance, elle aurait même droit à sa chambre ! Cool !
     
     



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MessageSujet: Re: Just a sketch in the landscape •• Heisenberg   Lun 6 Oct - 22:20



his heart's filled with rage ♪


Bien évidemment, Virginie n'allait pas simplement se contenter d'acquiescer sans rien dire. Elle abandonna son sourire et afficha une mine scandalisée qui ne lui allait vraiment pas, comme si elle avait réellement cru qu'il accepterait. Heisenberg osa cependant espérer qu'elle serait trop contrariée pour ouvrir à nouveau sa bouche d'ici le moment où il la mettrait dehors.

Grossière erreur.

En montant les escaliers, elle attrapa son bras et se colla à lui comme elle le faisait si souvent. Oh, Virginie savait très bien comment énerver l'ex-flic. Elle semblait avoir un véritable don pour ça, et naturellement, elle ne s'en privait pas. Connaissant très bien cette stratégie -à force de l'avoir vue en action-, Heisenberg s'interdit de réagir. Non, il ne lui ferait pas ce plaisir, pas cette fois. Plus il la repousserait, et plus elle recommencerait. Virginie, elle était comme un enfant. Et comme un enfant, elle ne savait pas se taire. En l'espace de quelques marches, elle changea au moins dix fois de discours, récita des excuses qui semblaient avoir été apprises par cœur, juste au cas où. L'ex-allemand se contenta de lever les yeux au ciel ou de froncer les sourcils. Dire qu'il était simplement descendu pour une bière. Il laissa échapper un long soupir. Il pressa le pas, gravit les dernières marches et ouvrit la porte, pressé d'en finir.

Les retrouvailles entre mère et fils furent émouvantes. Virginie sembla totalement déstabilisée par son gamin tandis que ce dernier n'exprima pas grand-chose. Heisenberg s'attendait très honnêtement à être submergé de questions, mais rien. Il profita de ce moment de silence si rare. Il l'observa prendre Isidore dans ses bras comme elle le pouvait, comme si elle avait déjà oublié comment tenir un bébé. Puis elle se tourna vers lui.

« Bon ben je me casse, indigne dirigeant. J’espère qu’on va crever de faim dans la rue comme ça mon fantôme viendra te hanter toute ta vie. Oh et puis au fait, tout le monde te déteste. Salut.  »


L'ex-flic la suivit des yeux pendant qu'elle quittait la pièce d'un pas mal assuré. Il ignora cette dernière remarque qu'il assimila simplement comme une tentative désespérée de sauver son amour propre -en supposant évidemment que Virginie en possède un. Il aurait dû se réjouir. Mais à la place, une pensée extrêmement désagréable traversa son esprit. Il se surprit à se soucier, l’espace d’un instant, au sort d’Isidore, finalement. Il était tout à fait possible qu’il crève de faim, ou que Virginie l’oublie au coin d’une ruelle, un matin. En fait, il se surprit à penser à quelqu’un d’autre que lui. Et ça, ça le rendit furieux.

« Estime-toi déjà heureuse de récupérer ton gosse. Sans moi, il serait plus là. » Lâcha-t-il d’un ton sec en la suivant dans le couloir. Il tenta de garder sa colère pour lui, mais lorsque sa main vint empoigner l'épaule de la jeune mère et il la fit pivoter face à lui, ce fut d’un geste un peu trop brutal à son goût. Il avait besoin de fumer.

« Ce qui se passe en dehors de ce manoir, ce n'est plus mon problème. » Il baissa son regard vers le bébé. Ses grands yeux bleus le fixaient en retour. Ils n'exprimaient rien. Ni étonnement, ni curiosité, ni peur, rien. Non, Isidore, il semblait toujours tout observer calmement, il avait presque l'air de réfléchir, de savoir ce qu’il se passait. Allez savoir de qui il avait hérité tout ça. Heisenberg détestait cet enfant. Il essaya de s'en convaincre.

Il la pressa en bas des marches. Plus vite elle serait dehors, mieux ce serait. Il songea à lui préciser qu’il lui ferait parvenir une lettre avec le montant qu’elle lui devait pour s’être occupé de son fils pendant plusieurs mois, mais se ravisa, voulant éviter de réveiller chez Virginie d’autres sentiments d’indignation qui retarderaient encore son départ. Lui laisser la surprise était une bien plus attirante alternative, après tout.




hrp:
 


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MessageSujet: Re: Just a sketch in the landscape •• Heisenberg   Jeu 9 Oct - 14:26

Ça n'avait pas marché. Ça n'avait pas marché et Virginie avait l'impression que son estomac se changeait en ciment et coulait au fond de son corps, et c'était très froid. Elle avait eu un espoir, quand Heisenberg l'avait rattrapée, mais il n'avait rien fait d'autre que lui faire mal aux épaules et dire des choses encore plus immondes qu'avant, et Virginie était maintenant intimement persuadée que cet homme avait un iceberg à la place du cœur.
Elle poussa un cri de protestation un peu trop fort, parce que non seulement ça lui avait fait mal, mais en plus il avait manqué de faire tomber Isidore. Elle tenta de trouver une prise plus agréable sur ce poids qui lui était tristement inhabituel et écouta Heisenberg réciter ses plaintes, en silence pour une fois. Elle lui lança un regard profondément venimeux. Apparemment le monde entier avait le droit de venir habiter dans ce manoir sauf elle et son putain de gosse.

Et elle était encore plus énervée et surprise par l’énorme creux qui se formait au creux de son ventre, parce que même quand il retira sa main, elle eu l'impression que son épaule brûlait, et Heisenberg sentait comme d'habitude, la clope et le shampoing, et un autre truc, qui sentait étrangement comme chez-soi et même si il faisait beau dehors, Virginie eut encore l'impression d'avoir avalé un sceau entier de glaçons.
Alors elle donna une tape sèche sur la main d'Heisenberg et descendit toutes les marches, et elle était à cours d'idées pour gagner du temps, honnêtement, elle jetait des regards frénétiques à la ronde, jusqu'à ce que ses yeux tombent sur la meilleure nouvelle de sa journée.

Des clés. Mais pas n'importe quelles clés, Virginie aurait reconnu ce trousseau entre milles, elle avait déjà mis la main dessus tellement de fois. Regard furtif vers Heisenberg, il avait l'air bien trop énervé pour remarquer qu'elle avait remarqué. Nouveau regard vers les clés. Ses mains la démangeaient tellement. Cette table basse était si proche, et pourtant si loin, mais ces clés semblaient avoir été mises là pour qu'elle les prenne. Et l’infâme dirigeant était en train de la pousser vers la porte, il fallait qu'elle soit vive.
Alors qu'elle avait été étrangement silencieuse jusque là, elle se planta devant Heisenberg, une flamme nouvelle dans ses yeux. Le regarda avec autant de haine que possible.

« Va te faire foutre, Heisenberg ! »

Ce nom paraissait tellement froid et étranger dans sa bouche qu'elle se surprit elle-même, mais c'était parfait. Elle balança quasiment Isidore dans les bras d'Heisenberg en voulant le pousser d'un coup sec, et se retrouva à faire quelques pas à reculons vers cette table basse, lançant un flos continu d'insultes en direction d'Heisenberg, tachant de le distraire de ce qu'elle était en train de faire, et elle commençait à être à court d'idées quand ses doigts se refermèrent sur le métal froid, qu'elle glissa le trousseau de clés dans un repli de son pantalon, criant encore plus fort pour couvrir le bruit. Et alors que son méfait fut accompli, et qu'elle n'avait plus aucune insulte en poche, elle se tut. Et Heisenberg la mit dehors et ferma la porte.

Elle se retrouva assise sur les marches devant le manoir, Isidore tranquillement assis sur ses genoux et jouant avec le trousseau de clés de l'ancienne maison d'Heisenberg, que Virginie venait d’extirper de son pantalon. N'importe qui passant par là pourrait croire qu'elle se reposait simplement, sourire aux lèvres. Et puis elle ramassa son gamin, se leva et commença à trottiner en direction d'un endroit qu'elle connaissait bien.

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Just a sketch in the landscape •• Heisenberg

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