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 one day baby, we'll be old ▬ libre.

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de la Cité Yubaba
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MessageSujet: one day baby, we'll be old ▬ libre.   Mar 2 Avr - 21:01

think of all the stories that we could have told.

Il était dix-huit heures.
Assise sur l'un des bancs de l'église, tu pouvais entendre les coups sonner au loin, Batilda. Tes mains jointes, tes doigts croisés au-dessus de ton menton pâle, tu laissais le carillon de l'horloge dans le centre-ville pénétrer tes tympans, et chaque nouveau mouvement de cloche était une tentation de plus vers la liberté. Tu t'imaginais la foule pressée, se bousculant pour entrer dans les magasins, les restaurants, les appartements illuminés. Tu t'imaginais les rires des passants valsant dans l'air, tu t'imaginais les soupirs de ceux ne pouvant s'empêcher de penser que la semaine n'était pas terminée et qu'il leur faudrait se lever une nouvelle fois le lendemain. Tu t'imaginais des parties de cartes dans une ruelle moins jolie que les autres, des cachotteries chuchotées aux creux des oreilles, des baisers volés et des vols à la sauvette. Tu t'imaginais la vie, Batilda, la vie grandeur nature, tu la voyais dans ta tête, tu la sentais dans tes mains, tu la rêvais avec tous les détails possibles et colorés à ta disposition.
Mais toi tu ne vivais pas.
Toi tu étais à l'église, parce qu'il était dix-huit heures, et qu'on t'avait toujours dit que c'était l'heure à laquelle on priait Dieu dans la cité Yubaba. Toi tu étais à l'église parce que ça faisait peut-être des années que tu ne réfléchissais plus vraiment par toi-même et que tu te contentais de faire ce qu'on te demandait de faire. Ça t'exaspérait, te faisait crier, te mettait dans des états impossibles ; mais tu le faisais. C'était comme ça.

Alors tu ne croyais pas en Dieu mais tu priais.
Alors tu trouvais cette statue sacrée risible au possible mais tu croisais tes mains pieusement et baissait la tête comme tu te devais de le faire.
Alors tu étais sur le banc de l'église mais chaque parcelle de ton corps se songeait autre part.

Un ailleurs en couleur.

« Gloria in excelsis Deo. »

Alors tu chuchotais cette langue dont tu ne comprenais pas le moindre mot, tu récitais ces paroles apprises par cœur, tu faisais mine de les offrir à Dieu avec tout le respect du monde. Mais tu ne pensais qu'à hurler ton ennui aux trois royaumes réunis.

Il était dix-huit heures.
Assise sur l'un des bancs de l'église, tu te demandais vaguement si un jour quelqu'un parviendrait à te sortir de là, Batilda.
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MessageSujet: Re: one day baby, we'll be old ▬ libre.   Mer 3 Avr - 1:36



C’était dix-huit heures. Le vieux coucou pendu au mur de l’atelier me l’avait rappelé nonchalamment en sonnant ses six coups. L’espèce de bête à plumes pleine de poussière avait paresseusement sortit son bec de la porte et avait émis son « coucou » habituel. Alors je m’étais retournée pour admirer l’incroyable bazar qui régnait dans la pièce. J’avais soupiré, lascivement. Le désordre ambiant était mon univers. Même l’air semblait chamboulé. Ce barda me rassurait et me déprimait. C’était mon bordel organisé, l’enfer de tout maniaque du rangement et de la propreté. Par endroits la poussière recouvrait des pièces inutilisées.

A l’heure qu’il était le soleil bas filtrait à travers la fenêtre et la poussière en suspension se faisait visible. C’était surement de là que venait cette impression que l’air était en désordre. Je pris quelques instants pour réfléchir. Puis j’attrapai une veste et l’enfila, sortant de la boutique. Je pris soin de fermer la porte à clef et je pris la direction de l’église.
Ce gros bâtiment imposant et sans porte dominait tout mon champ de vision. Le dernier carillon des cloches se taisait. Rien qu’a ce son, je devinais une mécanique parfaite. Des rouages sans doute immense, un mouvement régulier et un son clair. Je souris. Rien que de l’imaginer, c’était un ravissement. Un coup de vent me poussa en avant, m’invitant à rentrer. Il résonna dans l’immense alcôve. Je fis quelques pas en silence. Avant d’entendre une voix, puis d’apercevoir une silhouette.

« Gloria in excelsis Deo. »

En silence j’entrepris de me rapprocher de ladite silhouette. A mi-chemin je découvris son identité. Batilda. La Reine du Royaume. Un léger sourire passa sur mes lèvres avant de fondre instantanément. On ne dérangeait personne en de tels lieux et on ne cherchait encore moins les problèmes. Elle continuait ses cantiques dont je ne saisissais que quelques mots.
L’église avait été une partie de mon éducation. La messe du Dimanche matin. La messe de Pâques. Le Samedi Saint … Une fois à Londres cette habitude avait péri en même temps que l’innocence et l’enfance. J’étais entrée dans un nouvel âge, bien plus ingrat et bien plus stupide.

En silence je me permis de m’approcher un peu plus et m’assit derrière la jeune femme. Liant mes mains j’attaquai un Ave Maria avec ferveur, faisant confiance à ma mémoire.

« Ave Maria, gratia plena,
Dominus tecum,
benedicta tu in mulieribus,
et benedictus fructus ventris tui Jesus.
Sancta Maria mater Dei,
ora pro nobis peccatoribus,
nunc, et in hora mortis nostrae.
Amen. »



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MessageSujet: Re: one day baby, we'll be old ▬ libre.   Dim 7 Avr - 18:27

that's me in the spotlight losing my religion.

D'un seul coup, il y avait des pas. Il y avait des pas derrière toi. Toc toc toc ça faisait. Tu te demandais qui pouvait bien avoir eu envie d'aller à l'église à une heure pareille sans y avoir été obligé ; mais tu restais tournée vers la statue, à réciter tes paroles sans queue-ni-têtes. Tu n'avais pas le droit de te retourner. C'était mal d'interrompre une prière. On te l'avait appris. Tu appliquais ce qu'on t'avait dit.
Pof ça faisait, le bruit de la personne s'installant derrière toi.
Tu voulais savoir.
Qui ?
Comment ?
Pourquoi.
Tu t'ennuyais tellement. Tu trouvais ton occupation atrocement futile, puérile, imbécile. Prier, quelle perte de temps.
Tu aurais préféré te retourner.

« Ave Maria, gratia plena,
Dominus tecum,
benedicta tu in mulieribus,
et benedictus fructus ventris tui Jesus.
Sancta Maria mater Dei,
ora pro nobis peccatoribus,
nunc, et in hora mortis nostrae.
Amen.
»

Cette voix te disait quelque chose. C'était perturbant, agaçant. Elle était là, sifflant dans tes oreilles – juste assez basse pour que tu ne la reconnaisses pas. Feutrée comme les pattes des chats sur les toits la nuit, à l'heure où même les enfants de la lune dorment. Tu continuais ta prière Batilda, tu continuais à prononcer des mots, mais ils n'avaient plus d'ordre logique. Même un latiniste n'y aurait rien compris. Tu ne t'écoutais plus. Tu ne pensais plus qu'à une chose. L'identité de ce visiteur. Qui qui qui ; est-ce qu'il te voulait du mal est-ce qu'il était dangereux est-ce qu'il était envoyé par un pays voisin est-ce qu'il comptait te kidnapper ou te forcer à révéler des secrets lourds comme dix fois toi tu ne savais pas tu voulais comprendre vite maintenant tout de suite.

Peut-être étais-tu paranoïaque, Batilda.

Sans prévenir, tu baissas tes mains, relevas ta tête, regardas autour de toi pour vérifier qu'il n'y avait personne du palais pour surveiller ton temps consacré à Dieu. Sans prévenir, tu arrêtas tes simagrées latines. Et dans un mouvement simple tu jetas un coup d’œil derrière ton épaule. Ce que tu découvris te donna envie de grincer des dents.
Ce n'était pas un dangereux terroriste, dans ton dos. Tu aurais peut-être préféré. Ah.
C'était cette mécanicienne. Cette prisonnière du cambouis, avec ce don qui t'empêchait d'employer le tien. Si simple et si sincère alors que de ton côté tu te débattais sans cesse avec ton hypocrisie. Comment s'appelait-elle déjà ? Pan ? Mane ? Oh. Non. Voilà. Phane.
Quel nom détestable.
Quelle personne détestable.

Elle était tout ce que tu n'étais pas.
Elle était tout ce que tu aurais pu être.
Tu voulais qu'elle s'en aille. Tu voulais qu'elle parte. Tu voulais qu'elle arrête de se montrer aussi à l'aise à l'église sans en être obligée pendant que tu comptais les minutes te séparant de la sortie. Phane, Phane. Vile Phane, méchante Phane. Pourquoi te faisait-elle tant de mal ? Tu étais sûre qu'elle le faisait exprès. Juste. Pour. T'ennuyer.
Terrible Phane.

« Je vous souhaite le bonjour. Alors ainsi, mon peuple aime à prier ? »

Tu ne lui ferais pas le plaisir de te montrer colérique. Ce serait te courber. Fléchir. Capituler.
Jamais.

Peut-être étais-tu paranoïaque, Batilda.
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