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 Grain(s) de Sable, trempé(s). ○ Facteur Cheval

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MessageSujet: Grain(s) de Sable, trempé(s). ○ Facteur Cheval   Dim 6 Avr - 12:31

Grain(s) de Sable, trempé(s) . ○ ☁
« Le Facteur ne passe jamais dans le Désert, il y fait trop froid, trop chaud, trop humide et désert (...) »

☁ ○ Un couinement misérable s’éleva d’entre les dunes alors que le ciel s’y déversait. À peine quelques instants au par avant, la nuit était clair et sa fraicheur supportable. Désormais, des trombes d’eau dévalaient des flancs de dunes, et personne, personne, n’aurait aimé se retrouver au centre de ce tumulte. Elle non plus, trop tard. Dans un geste vain, Pénélope avait ouvert le parapluie qu’elle avait sur elle. La bâche protectrice sous le poids de l’eau c’était aussitôt recroquevillé sous l’effort, pour finir au sol, dévastée. Seule et désarmée, la petite dame ne pouvait que dresser avec toute la volonté du monde ses petits bras au dessus de sa tête. Vain.
De grosses gouttes perlent sur les verres de ses lunettes, elle ne voit plus rien. Le froid la gagne et elle marche à tâtons, glissant, ne trouvant aucun abri.

Pénélope s’était retrouvée face au désert une boule dans la gorge – ces lieux étaient à ces yeux les plus hostiles de tout ce monde. Elle avait cru mourir, la dernière fois. Mais pas cette fois ci – elle entamait la traversée le soir tombé, et marcherait toute la nuit pour échapper à la chaleur. Mais elle n’avait pas prévu l’Orage. Elle avait été sage pourtant : elle n’en était pas la cause. Et l’intempérie avait été si brusque, si inattendue qu’à peine ses appareils avaient ils eu le temps de s’affoler qu’il était trop tard. Les bras chargés, vêtue d’un gros pull et d’un trench au combien insuffisant, elle c’était retrouvée bloquée. L’écharpe à son cou avait eu vite fait de s’échapper. Le sable ruisselait, engloutissait les chevilles. Elle marchait pour ne pas être avalée, et avait l’impression de se retrouver coincée sur la langue d’une énorme bête prête à l’avaler à tout moment. Grisaille frissonnait au creux de son cou.

Flou, tout flou. Mlle Lunette retire celles tenant difficilement sur son nez, les essuies vainement avec sa manche, les protège. Elle voit bien trop mal – avec ou sans, ca ne fait pas de différence. Et le manteau de pluie est si dense qu’on y voit goute. Elle parvient à se hisser jusqu’en haut de la petite dune la plus proche, enfonce ses lunettes dans sa poche intérieure puis ses petits poignets dans le sable. De toutes ses forces, elle plisse les yeux, pour distinguer quelque chose. Les ruines avoisinantes, une cabane, un abri, une pierre, un… cactus ? Rien.
Elle tourne la tête, encore et encore. L’horizon et vide, désert.
Des dunes à pertes de vues, et un château.
Elle s’immobilisa, interdite. L’espace d’un instant, elle en oublia même qu’il pleuvait des trombes d’eau et que ses mollets étaient presque complètement engloutis par les sables. Une minute au par avant, elle n’avait pu rien distinguer. Désormais, elle avait beau plisser les yeux de toutes ses forces, remettre ses lunettes sur son nez en les abritant de la pluie d’une main, elle en avait la certitude. A quelques centaines de mètres de là se dressait une infrastructure, imposante, ancienne, majestueuse. Comment avait elle pu ne pas la voir ? Le voile de pluie c’était il ajouré ? Elle avait toutes les raisons d’en douter. Par un effort surhumain, Pénélope s’arracha au sol pour dévaler le long de la dune et gagner l’étrange autel.


Sa petite main la poignée froide. Il y avait bien là un château, un véritable château. De taille modeste mais d’architecture faste… L’air a la fois de venir du fond des âges, et pourtant étrangement « bien conservé », trônant haut au dessus du sable. N’aurait il pas du être engloutit ? Un frisson parcourut son échine, elle levait la tête. On dirait un mauvais sort. Pénélope était gelée, ses cheveux, lourds d’eau, pendait sur ses épaules. Elle essuyait du revers de la manche les verres de ses lunettes, la vision toujours brouillée. Cet endroit… lui faisait un peu froid dans le dos. Mais la pluie était si agressive qu’elle ne pouvait que l’accepter comme une grâce du ciel. Elle s’appuya sur la poignée, la fit tourner, s’avança dans le sec alors que la lourde porte s’ouvrait lentement. Tout son corps tremblait faiblement – elle pénétrait un vaste hall, lui aussi vétuste mais faste, qui semblait avoir été laissé à l’abandon durant des siècles. On devinait d’anciennes tapisseries, des couleurs autrefois chatoyantes, les traces d’un ancien lustre… Mais le plafond tenait bon, et c’était à peine si quelques goutes, moyennes, perlaient ca et là sur le sol de pierre. Plic, plic. Le petit son aiguë se mêlait au murmure du déluge au dehors était-ce un piège, une sorte de mirage funeste patientant dans le désert pour qu’on y trouve refuge ? Un édifice du fond des âges dévorant les voyageurs… Elle frissonna à nouveau, s’efforça d’éloigner ses idées saugrenues de ses pensées. Ramenant les bras autour de son corps trempé, elle éleva faiblement la voix une première fois. Le son en fut étouffé par le souffle de la pluie et du sable. Elle gonfla ses poumons, recommença, plus fort.
    ☁ . Il y a quelqu’un ?
Juste le souffle de la pluie et du sable, aucune réponse. Plic, plic. Aurait elle, de toute manière, été capable de l’entendre ? Hésitante, elle fit un pas de plus dans la pièce sombre qui s’offrait à elle. La nuit est avancée et le ciel est noir – Pénélope peine à distinguer quoi que ce soit, presque aucune lumière ne filtrait. Elle avait peur autant qu’elle avait sommeil, mais ne pouvait s’empêcher de se demander si elle troublait la tranquillité d’un « maitre des lieux ». Absurde ? Il y avait peut etre encore des pièces en état… Un vieil homme reclus dans une vieille bâtisse. Mlle Lunette gagna un coin de la pièce, s’y assit, ramenant ses genoux contre elle, grelottant. Elle allait attendre un peu.
Un bruit, comme un pas, la fait sursauter. Un pas clop, un pas qui résonne et qui est plus dur qu’un pas humain. Aucune différence. Elle se serre contre le mur, déclare.
    ☁ . Excusez-moi ! Il pleut tant dehors, je me suis permis d’entrer. Accepteriez vous que je reste le temps que l’averse paa…
Aaasse. Cheval. Zombi. Pénélope, accroche-toi, reste consciente.

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MessageSujet: Re: Grain(s) de Sable, trempé(s). ○ Facteur Cheval   Mer 9 Avr - 17:04





Quelques maquis asséchés assuraient la transition de paysage. Narr marchait depuis cinq jours sans croiser âme qui vive. Une fois arrivé sur un plateau rocheux, il s'arrête. Des dunes au grain volcanique s'étendent très loin, plus que là où les paupières plissées du jeune garçon et sa main en visière ne lui permettent d'estimer ce no man's land. La lumière du soleil qui jure avec la noirceur de l'habillage local est d'autant plus aveuglante par contraste. Les grains sont autant de minuscules éclipses qui percent l’œil.

Il cherche encore l'homme. Sans doute est il là bas, au bout de ce désert qui l'attend, lui, le chiffonnier et son dû. Un fauteuil. Narr n'a pas prit la peine de l'emporter avec lui. À ce point de ce périple, il se suffit à lui même pour apporter la preuve de ses bons et loyaux services. Descendu de l'escarpement, son pied nu foule le sable. La douleur est cinglante, il grimace, siffle. Son allure prend celle d'un héron jusqu'à temps qu'il s'accoutume à la température au sol.
Le mugissement des dunes lui font oublier la peine alors qu'il se laisse glisser tout en bas et que c'est le sable souterrain qui coulisse et qui se met à chanter en écho. Il est content de cette découverte.

Il ne manquait plus qu'une dizaine de chameaux, de marchands et de leurs filles cachées dans les cabines pour que le tableau orientaliste soit reconstitué. Pu il peut aussi s'agir d'un plateau de tournage pour le prochain film de Luc Besson, épaulé par Giraud, ils auraient fais des merveilles ici. On les vois déjà avec leurs chapeaux de pailles, engoncés dans leurs chemises occidentales à discuter, gestes amples à l'appui, de la mise en scène et de l'investissement des figurants dans le décor.
Jean Giraud.

Il prend une cigarette du paquet de sa poche arrière. La dernière. Pour toutes ses addictions, les garçon devra dealer avec le sable. Tandis qu'il gratte une allumette de quelques gestes successifs, la porte à sa bouche, il se concentre, se penche pour accomplir son geste. C'est consciencieux sans avoir quoi que ce soit de cérémonial. C'est sa cène. Il redresse sa tête pour défier le panorama. Et là, fulgurante, une trombe d'eau qui s'abat sur Narr. Il se ploie sous l'aléa impromptu. La clope saute de ses lèvres. Il se tend de par tous ses nerfs comme pour faire obstacle. À quoi ? Il ne sait pas lui même. Il se braque devant cette succession d'infortunes, il fait bloque. Il n'a pas envie de crier, il marche. Tout se gâte.

Le sable, mouillé, a l'odeur du granit urbain battu par la pluie. Accumulés en paquets friables, les grains écorchent la plante des pieds. L'atmosphère noircie se confond avec le sol. L'horizon a disparu. Narr rate le sommet d'une dune. Il roule jusqu'en bas, le coude et le dos tout écorchés. Il s'emploie à se relever sous la pression des gouttes, tout maculé du sable d'onyx rendu épais et collant. D'un revers de main vif, il dégage la matière qui empêtre son champ de vision et sa bouche. L'obscurité gagne en profondeur, les courbes du paysage ont disparues et seule la gravité martelée par l'averse fait sens. Dans ce tumulte, Narr se retrouve à ne pas savoir s'il est plus raisonnable de marcher ou de s'enterrer en attendant que l'intempérie ne passe. Déjà contrarié de s'être fait avorté de son ultime cigarette, l'ordre du raisonnable est plutôt méprisé à ce jour car trop illustre dans ses manifestations. Narr fait encore quelques pas. Ses tibias se font avaler par le sol. Mettre un pied devant l'autre s'avère moins évident. Le mouvement suscite grognements puis râles qui se perdent dans le concert pluvial. Il s'agite, se débat avec frénésie en tirant sur ses jambes attaquées par le sel, les grains et l'eau. Parvenant à se redresser de manière complète,  Narr s'empresse de se poster sur un rocher. il reste interdit quelques instants à sentir tout le tumulte qui s'opère autour et la panique naturelle que cela suscite chez lui. Oui, ses yeux ambrés dardent un peu partout en balayant une zone ouverte à 180°C sans se fixer sur quoi que ce soit dans la même torpeur qui saisit les proies quand elles se savent épiées. Les minutes passent et le froid s'entreprend d'engourdir des parties de son corps. Narr se calme mais se raidit. Dans l'intempérie, c'est un quasi abandon qu'il ne se figure pas.

Il s'est recroquevillé sur le rocher. Ses oreilles se mettent à siffler de façon désagréable. Sa gorge n'est plus qu'un roseau décapé par le sel, sa peau craquèle. Même ses cheveux ternissent. Il marmonne quelque chose entre ses mâchoires serrées. Un vertige le guette. Il se ressaisit. Non loin, une forme s'érige du sable, c'est flou, mais on distingue quelque chose d'épais sur quoi le sable n'a pas de prise bien qu'il semble qu'il ait été son berceau.

Narr prend une moue dubitative. Ça s'approche. Deux petites étincelles jaunes suivent la chose qui se meut. Une paire d'yeux dorés pour ce qui semble être une carcasse de cheval ambulante.
Le facteur a un mouvement de recul. L'être surgi du sable s'arrête, il fixe l'humain sans ciller. Narr se rassure un peu. C'est bien un cheval à qui l'on a mit les muscles au clair, mais cela en reste un. Ou peut être n'est ce que l'un de ces mirages que l'on dit de coutume dans les lieux arides. Ici, la météo n'y semblait pas propice, c'est comme ça que le garçon prend l'initiative de s'approcher un peu. La bête ne cille pas. L'air de ses naseaux se transforme en vapeur. Cet être est vivant et c'est le premier que Narr croise depuis qu'il a quitté la Terre.

× × ×

La pluie bat toujours aussi fort. L'orage s'est mit à gronder. Il fait plus sombre. Le cheval est resté planté là et Narr se trouve assit à l'abri de l'arche tendue par les quatre patte de l'animal. Il a prit ses genoux dans ses bras et s'est collé à l'un de ces piliers irradiants de chaleur.
Cela dit, à mesure que la tempête persévère, le réconfort offert par cette apparition se dissout. Le garçon a les lèvres bleues et commence l'épuisement s'empare de lui. Il a sombré un moment, il ignore combien de temps, mais il a retrouvé la scène comme il l'avait laissée.

L'air atterré, il se déploie et quitte son abri. Le son de l'eau qui déferle s'atténue de concert avec les foulées du jeune homme. Il préfère s'écouter courir que de subir plus longtemps cette fanfare funeste. Un martèlement rythmé l'accompagne derrière lui. Le cheval le suit. Un cheval a suivit l'homme, souvent jusque dans sa mort. Un dernier geste qui confirme bien la nature de cette chimère. Narr ne sait pas comment se décline le terrain sous ses pieds. Il trébuche à plusieurs reprises. L'air est lourd d'électricité, il s'essouffle très vite, se fait mal. Il finit par tomber. La pluie s'acharne sur son dos. Sur ses coudes, il tremble, gémit. La pression et l'usure le font tarder à se relever. Mais décidé à poursuivre, il insiste et pousse, ramène un pied devant lui. Il se tend, comme si le nuage s'était échoué sur ses vertèbre. Puis arrivé à un point, il se redresse d'un coup et la Terre gronde, plus fort que l'eau. Narr est bien assit sur ses appuis, le cheval, lui, oscille légèrement. Le tremblement s'intensifie jusqu'à ce que soie t projetées des gerbes de sable d'un seul et même point. La terre se courbe comme un drap pincé avant qu'elle ne crève par la percée d'une tour.

Un édifice entier immerge du sable qui s'écarte en blocs. Narr est épargné, il observe la croissance du bâtiment. Dans un dernier mugissement, celui-ci s'arrête et s'affaisse de quelques mètres.
Narr expire et fond jusqu'au dedans de ce qui semble être un château. Il faut humide à l'intérieur, en témoigne les trous dans le toit desquels s'écroule tantôt sable, eau ou tuiles. Seuls restent des armures en désordre dans des coins, des tas de vêtements ou d'étendards élimés, de la vaisselle ébréchée... Le parfum vétuste et frais de l'endroit revigore le garçon qui marche d'un pas plus tranquille. C'est la demeure d'un vassal ou d'un vieux chevalier.  C'est ce que l'on constate à mesure que Narr passe les différentes portes. Le style est un mélange fameux d'arches gothiques et d'allées à caractère plus orientales. Il passe par ce qui semble être la chapelle dont les orfèvreries sont encore bien Conservées mais dont il ignore la nature véritable du culte. Un vieil ouvrage aux écrits estompés par le temps se trouve sur un autel. Les pages s'effritent ou se décollent trop vite. Narr le laisse où il est et continue plus loin. Il monte des marches de pierre, un escalier en colimaçon. Le cheval ne veut pas le suivre, il reste au pied. Outre les quelques chambres, Narr s'attarde finalement dans une pièce qui n'a pas son pareil. La salle des trophées ou des têtes d'animaux ou mêmes certains spécimens entiers sont conservés et exposés. Le garçon les observe un moment. Puis, secoué d'un frisson, va se planter devant un mur de la pièce opposé aux fenêtres (de petites meurtrières dotées de vitraux en losanges) pour s'emparer de plusieurs livres. Il dégage le sol des tapis poussiéreux qui le recouvrent et monte un tas de bouquins. Il sort ses allumettes, elles sont humides. Il essaie vainement d'en faire jaillir une flamme. Résigné, il pose le paquet non loin du tas puis se rapproche des figures empaillées. Il ne sonnait nulle de ces espèces. Mis à part peut être ce sanglier doté de multiples défenses et de dimensions démesurées.
Sur le mur du fond sont exposées des armes. Narr s'empare d'un coutelas entreposé dans un buffet aux vitres brisées et se met à son affaire.
Ses allumettes n'ayant toujours pas servies, on le retrouve plus tard enlacé dans la peau du sanglier qu'il a arraché à son moule. Il est néanmoins parvenu à se réchauffer et somnole auprès de la pile de livres quand des échos viennent anéantir la quiétude du lieu. Narr se hérisse, il a pour seul réflexe de s'emparer d'un gros livre et de courir à pas feutrés en direction du bruit. Il se place en haut des escaliers. Le son recommence avec des variations, il identifie un message qui s'évanouit d'une étrange façon. Il lui parvient ensuite le bruit des sabots qui lui est déjà familier. Il dévale les marches. Les pieds moites et nus, il fait peu de bruit. La fourrure du sanglier se soulève derrière lui et se frotte à sa peau dans un son feutré, doux.

L´intrue est dans la chapelle. Une fois proche, Narr se dissimule derrière l'encadré de la porte. Il tend l'oreille. À part eux et la pluie, rien n'émet de son. Lui parvient la respiration puissante de son compagnon de fortune et une plus aiguë et précipitée. Il risque quelques pas dans la pièce. Au clair, devant lui, une femme, d'aspect jeune, autant que lui presque. Elle a l'air un peu engoncée dans sa tunique gonflée de pluie et transporte avec elle des appareils que Narr ne parvient pas à identifier. Méfiant vis à vis de ces derniers, il serre son tome, encapuchonné dans la gueule de l'animal qu'il a dépecé plus tôt. De son visage, on en voit un bout de nez et ce qu'il surplombe, maculé de grumeaux noirs. Le cheval, debout entre lui et elle, sans que ses oreilles ne pivotent, tourne le dos à l'étrangère pour faire face à Narr. Il souffle des naseaux, racle le sol, jette un regard vers la nouvelle arrivante avant de venir se ranger près du garçon. Après quelques secondes à darder cette inconnue en chien de faillence, le jeune réfugié se détend. Il tourne les talons et remonte dans la pièce dédiée à la chasse.
Le cheval reste un peu là. Il se remet à fixer la jeune femme avec insistance. Il fait un mouvement de tête, roule son encolure, sort de la pièce en restant visible et se poste là. Ses oreilles noires dardent vers l'avant, dans l'expectative La pluie bat toujours, son chuchotement intime au silence.

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MessageSujet: Re: Grain(s) de Sable, trempé(s). ○ Facteur Cheval   Lun 28 Avr - 23:03

Grain(s) de Sable, trempé(s) . ○ ☁
« Le Facteur ne passe jamais dans le Désert, il y fait trop froid, trop chaud, trop humide et désert (...) »

☁ ○ Pénélope avait apprit a ne plus être surprise de rien. Paraît-il. Quand s’était elle mise à trembler ainsi ? Peut être pas dès l’apparition du cheval. Peut être seulement après l’entrée en matière de la deuxième figure. Elle n’était pas parvenue à venir à bout de son premier mot, de son « Bonjour ». L’étrangeté de la situation avait interrompu sa phrase à la racine, le nœud qui s’était formé dans sa gorge avait achevé de la faire taire. Penelope était perdue, surprise, démunie. Pourtant, tout autour d’elle ne prêtait pas à l’angoisse. Oui, elle avait froid, elle était trempée, le sable sombre lui collait à la peau, ses articulations étaient douloureuses et sa respiration un brin saccadée. Elle faisait face à un cheval étrange, et avait croisé pendant quelques instants le regard d’un homme étrange affublé d’une peau de bête. Comment réagir en pareille situation ?
La sensation la prit a la gorge, remonta le long de sa peau nue parcourue d’une légère chair de poule. Jaillit de son col. Avec fureur et force petit postillon, le renard écureuil bondit au sol en feulant de toutes ses forces. Pénélope demeura interdite, baissant le regard sur sa petite boule de poils.

Grisaille tout muscles tendus faisait face à l’équidé, l’échine ronde et le poil hérissé. Mlle Lunette jette un regard inquiet sur l’animal minuscule, puis vers l’immense créature. La petite bête voyage maintenant depuis plus de deux ans à ses cotés, et lui est devenue précieuse. Est-ce bien prudent de le laisser agir de la sorte, de le laisser sortir ? Elle repense avec anxiété à la peau de bête écorchée, et s’empare d’un geste vif de son fluet compagnon. Elle affronte le regard du cheval et serre Grisaille contre elle. Le petit excité se débat, abandonne, se terre dans les bras de sa maitresse la queue en tire bouchant et le regard cinglant. Le cheval n’a pas bougé.Il n’est pas menaçant. Il ne semble pas même affecté ou prendre la provocation en considération, et la regarde toujours. Petit à petit, la respiration de la damette se calme, s’apaise. D’une main elle prend appui, de l’autre elle caresse furtivement la tête de son intempérie ambulante. Avec une certaine résolution, elle se redresse et s’avance.

En face de l’animal, mademoiselle Lunette faisait bien pâle figure, surtout en cet instant. Et pourtant, la peur l’avait quittée, ou du moins l’oubliait elle un peu au profit d’une curiosité emprunte de respect. Ce bref épisode avait suffit à remettre en cause ses frayeurs, et à lui donner un peu de courage. Il ne fallait pas la sous-estimer, dans ce genre de situation. La demoiselle avait connu pire… Sans doute ? Et elle avait un bon feeling, avec les animaux. Même si celui-ci n’e méritait peut être pas tout à fait le nom – elle percevait sans son regard quelque chose de vif et troublant, de nouveau. Qu’elle ne qualifierait pas forcément « d’humain » pour autant : on utilisait trop ces mots à tord et à travers. Ils ne voulaient pas dire grand-chose, et ne lui semblait ni tout à fait flatteur ni péjoratif. Un animal est un animal, un homme également, et la limite entre les deux se brouille bien plus souvent qu’on veut bien l’admettre.
Elle s’avança, d’abord hésitante, tentant à chaque nouvelle enjambée de voir les évènements de manière positive. Après tout, elle était désormais à l’abri de l’intempérie monstrueuse qui faisait encore rage dehors et dont le grondement faisait trembler les murs. Elle avait eu la chance fantastique de trouver une infrastructure dans ce désert, une infrastructure qui tenait debout et avait un plafond. Et si celles-ci s’avérait habitée, et bien… Il fallait faire face à la situation, s’y adapter. Pénélope prit son courage à deux mains.
    ☁ . Bonsoir.
Oui, bonsoir semblait finalement bien plus approprié que bonjour. Pénélope soutint le regard de son interlocuteur avec ardeur, sans ciller. Il demeura impassible. Mais elle avait franchit le pas, et elle en était fière. Grisaille lentement cessa de jouer les hérissons, et sorti de sa niche de tissu tremper pour se camper au bord du bras de Pénélope. Un bond plus tard, il était revenu sur son épaule. Depuis qu’elle voyageait dans ce monde étrange, la jeune femme avait appris à se fier aux jugements de son compagnon de fortune : elle était désormais convain-CHAOUUUUUM.

L’éternuement fut si violent que Pénélope manqua de se fracasser le crâne contre celui du cheval, « à peu de choses près ». Un souffle avait parcouru la pièce, et Pénélope pour sa part un bon mètre en arrière. Elle se confondait désormais en excuse auprès du cheval, honteuse, sur lequel elle avait sans doute postillonné malgré son gré –cette perspective la terrifiait-. Lorsqu’il se mit enfin à bouger, elle craignait le pire. Mais le pire se contenta de se tourner comme il l’avait fait peu de temps au par avant, lui indiquant du museau, discrètement mais surement, la cage d’escalier ou avait disparu son acolyte.

Elle n’aurait sans doute jamais daigné monter si il ne l’avait pas fait, et Grisaille par-dessus le marché n’avait pas bondit sur la rampe d’escalier pour en entamer l’ascension, mit grimpant mi griffant. Son pied fluet se posait désormais sur un parquet crissant, alors qu’elle posait son manteau trempé et encore ruisselant de gouttelette fine sur son bras plié. Dans un coin de la pièce, elle crut discerner la silhouette de tout à l’heure – il lui suffit d’un instant pour retrouver ses angoisses, mais son courage était plus grand.
    ☁ . Bonsoir, je… Votre compagnon m’a invité à monter, mais je ne veux pas dér-dééé-ran. CHWEEEER.
Un cumulus généreux emplit la pièce.

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MessageSujet: Re: Grain(s) de Sable, trempé(s). ○ Facteur Cheval   Lun 5 Mai - 18:07





    Le cheval demeure insensible tant à la détresse de l'inconnue qu'à sa créature qui s'épuise à manifester sa crainte sur un mode défensif. Naufrage entend, il voit, mais ne semble pas touché par ce langage. Il se tient à son rôle de guide et revient sur les traces de Narr en veillant bien à ce que leurs compagnons de fortune restent à portée de vue. Lorsqu'elle le scrute, il soutient son regard sans qu'il soit évident de dire si c'est bien elle qu'il darde en chien de faïence. Ses pupilles crépitent d'or. La question de l'âme se résout ici, on sent que c'est ce concept qui le sépare du reste du monde des vivants. Il marche, souffle, palpite et pourtant...
Un « bonsoir »  et elle s'ébranle de façon désordonnée, violente. Il s'incline, impulse sa marche et entreprend de monter les marches. L'accroche est assurée, il peut monter, elle le suit.

Des gerbes de poussières et de morceaux de papiers tournoient dans la pièce. Le parchemin au centre de l’hôtel, auparavant protégé dans son carcan de sable, tombe en morceau.

Dans la salle des trophées, les quelques tapisseries rognées remuent mollement dans des courants d'air. Narr est assit au fond de la pièce sur une litière improvisée de pages arrachées et de vélins. Son visage est à peine discernable dans son manteau de fourrure hirsute aux défenses saillantes. Il n'a pas lâché son grimoire qu'il tient ouvert. Penché au dessus, il tente d'en déchiffrer les écrits. Rien dans cet alphabet ne lui est familier. A moins que l'encre n'ait pas survécu l'épreuve du temps. Las, il repose l'objet sur le côté. La dame fait irruption dans la pièce,  avance une présentation abrégée à son insu.Sa silhouette s'embrume sous un amas nébuleux trop éthéré pour qu'il s'agisse de poussière soulevée.
Le Facteur attarde son regard sur ce phénomène sans qu'aucune expression de surprise ou de curiosité ne se lise sur son faciès. Il semble préoccupé. Tout ce qui lui arrive depuis qu'il est ici remet la plupart de ses certitudes en question, il a finit par décrocher.
Il rassemble ses idées et se relève. S’approchant d'une des parois de la pièce, il secoue une tapisserie. Quelque miettes grises s'échouent sur le bois avant que la toile ne s'effondre dans les bras du Facteur. Il s'affaisse d'un cran sous le poids de la tenture. A nouveau droit, il se retourne vers la jeune dame, son animal et Naufrage qui se tient tout près mais qui s'engage à venir se ranger auprès du garçon. Il tend son paquet vers l'étrangère. Sorte de rituel d'accueil. Vénérable uniforme que cette tapisserie réduite au rang de serpillière. Narr n'est pas regardant de ce genre de détails. Après tout, c'est lui qui a déterré ce château. Les pilleurs auront tous le loisir de commettre leurs exactions une fois l'orage passé. Mais tant que l'eau court dans les rigoles du toit et résonne comme un fourmillement de petites pattes sur la taule vétuste, Il faut investir les lieux.


[HRP : message supprimé par erreur.]



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Grain(s) de Sable, trempé(s). ○ Facteur Cheval

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