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 Méandres montagneuses et sentiers sinueux. [Libre]

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MessageSujet: Méandres montagneuses et sentiers sinueux. [Libre]   Dim 31 Mar - 0:49

Méandres montagneuses
et sentiers sinueux.


Le soleil n'avait pas encore atteint son zénith, mais tandis que les heures s'écoulaient, son rayonnement ne réchauffait point la terre et les coeurs. Il neigeait, nonobstant une absence de nuages, comme si la région était condamnée à s'alourdir sans interruption de ce manteau de neige qui la recouvrait toute l'année durant. Et au fin fond de ces gigantesques canyons, lacérés par d'anciennes rivières, marchait un jeune homme, vêtu d'un Hanfu qu'il avait acheté au marché noir, dont la valeur culturelle suffisait à lui faire oublier le froid mordant de ces montagnes. Son costume, au col croisé et aux manchettes gris clair, était d'une couleur de graphite, ce qui lui permettait de passer inaperçu, s'il venait à croiser quelques personnes - aux intentions néfastes, ou non. Shanshui savait que le pays était pauvre, et que, lorsqu'un Etat était malade, des tumeurs pouvaient apparaître ci et là, le brigandage en étant une comme une autre. Sa chevelure était soigneusement rangée sous un dǒulì assez large, à la teinte grisâtre et morne, comme le paysage environnant, qu'il s'était lui même fabriqué. Et il avançait, fier, d'un pas sûr, le long du seul chemin traversant cette partie du pays, revenant de quelques mines où il s'était prêté à l'interrogation de quelques travailleurs, en vue de rédiger un article sur les conditions des ouvriers. Engagé pour sa nouvelle patrie, il savait qu'il pouvait changer les choses, si son journal venait à devenir célèbre, ce pourquoi il souhaitait commencer à réaliser des bribes polémiques, attirant l'attention sur lui. Inconnu à ce jour, mais ne cherchant pas la célébrité, il jouissait d'une certaine liberté de mouvement lui convenant amplement.

La carte enroulée à sa ceinture, il ne la consultait qu'au détour de certains carrefours, mais il progressait, et jamais ne tournait le dos. Ses pas silencieux feuilletaient la poudreuse comme la brise caressait l'eau, et il poursuivit une heure, puis une autre, avant de tomber nez-à-nez à une petite auberge campagnarde qui lui parut être fort agréable. S'approchant lentement de la porte d'entrée, il toqua trois fois à celle-ci, et attendit qu'on lui ouvrît. La lucarne qui siégeait au centre de l'entrée s'ouvrit, et un visage amusé s'y présenta, observant sans mot dire Shanshui, qui, les bras croisés, attendait. Et puis il se referma, et le son sec d'un loquet qu'on ouvrait se fit entendre, avant que la massive porte de chêne ne dégainât s'ouvrir. C'était un jeune homme, trapu, du coin, qui l'invita à entrer. Foulant le porche, Shanshui suivit la personne dans l'auberge, observant l'endroit, qui, bien que simple, possédait un charme dégageant une certaine aura d'harmonie et de paix. Il n'y avait pas d'abondantes décorations, mais quelques peintures judicieusement bien placées qui embellissaient l'intérieur, qui n'était en fait qu'une grande pièce avec, à l'arrière, contre la montagne, une cuisine qu'il ne put voir, et à l'étage, des chambres, qu'il ne souhaita visiter, expliquant qu'il ne souhaitait que se reposer. Il n'y avait pas de personnes, sinon un homme, sirotant un verre, assis à une table positionnée en face du foyer de la cheminée, et une femme, qui attendait sans doute que le seul employé de l'établissement, à savoir l'homme qui avait ouvert à Shanshui, la servît.

Le blondinet en tunique orientale s'installa contre une fenêtre, de sorte à pouvoir balayer du regard la pièce et détailler le paysage qu'il trouvait, malgré ses airs mornes et ternes, impressionnant et effrayant. Il demanda aimablement une tisane à l'aubergiste, au goût de son choix, et s'allégea en lui léguant sa gourde, qu'il souhaitait voir remplie. Il déposa par la suite sa carte sur la table, et sortit de ses poches intérieures le cahier qu'il avait amené avec lui, sur lequel se trouvait quelques essais, et d'autres notes, sans oublier les informations qu'il récoltait à travers la vallée du vent. Il se munit de son encrier et de sa plume de bihoreau superbe, espèce d'héron qui vivait en Chine, la trempa dans ce premier, et commença à écrire. L'homme à tout faire arriva alors, l'interrompant, et sitôt qu'il fut à portée de lire ce que pouvait marquer Shanshui, celui-ci effaça ce qu'il venait de faire, mais laissa son cahier ouvert, sur deux pages blanches. Il saisit sa tasse, remerciant et payant le tenancier, et la déposé à proximité de son ouvrage, qu'il ne toucha plus, détournant son attention sur les falaises escarpées qu'il pouvait observer de là où il était assis, et il commença à boire paisiblement sa boisson.
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MessageSujet: Re: Méandres montagneuses et sentiers sinueux. [Libre]   Mar 2 Avr - 20:53

Elle a un grain Antigone


Un ... Deux ... Trois ... Peut être quatre ?

Non, le quatrième cliquetis ne se fit entendre, ce qui te laissais, il faut l'avouer, un court instant perplexe. Tu songeais à examiner de plus près, le problème qui émanait de ta fabrication. Tu aimais ce petit défaut agaçant qui te faisais réfléchir durant des heures et qui te permettais d'évacuer un nombre incessant de jurons. Tes doigts, disposés habilement sur l'objet en question, se frottaient contre les rouages de la montre pour percevoir la moindre anomalie. Tu regardais au-dessus de toi, puis en direction du sol et tu daignais enfin déposer ton regard sur cette chose qui te faisais gagner ta vie. Tu étais agacée et épuisée, tu déposais brusquement l'objet sur la table, te levant par la même occasion, soupirant. Tes jambes étaient engourdies, décidément tu avais passé un peu trop de temps assise à travailler.
L’atmosphère de ton atelier pesait sur ton esprit, tu demeurais patraque. Il te fallait respirer un air libre et sans contraintes, l'extérieur te ferais un bien fou.
Tu pris donc, la décision de partir "t’exiler" un moment, le stresse te montes bel et bien rapidement à la tête.

Tu n'avais même pas pris le soin de te vêtir correctement, a croire que tu vouais un culte extrême à la décadence. Tes joues se tachetaient machinalement d'un rouge pourpre, qui s'accordait parfaitement avec à ta chevelure. Tes yeux se plissaient au contact du vent. Tu scrutais l'horizon, comme pour trouver un but, un repère. Tu avançais, enfonçant tes pieds dans le sol, marquant de ce fait tes empruntes. Et puis, à quoi bon se dissimuler, ta silhouette et ton apparence ne passaient franchement pas inaperçu.
Tu ressentais, plus vite que tu ne l'aurais cru, la fraîcheur au contact de ta peau. Tu te mettais à gambader de façon vulgaire, cherchant un point chaut. Tes doigts se crispaient. Tu aperçus au loin, une demeure ou du moins, quelque chose qui y ressemblait. Tu ne cherchais pas à comprendre, tu fonçais droit devant en sa direction. Tu frappais contre la porte, hurlant pratiquement et d'un seul coup une pensée s’immisçait :
"Mais pourquoi je suis pas rentrée chez moi ?"
Tu ouvrais la bouche, regardant tes pieds et tu hésitas un instant, puis la porte s'ouvrit.
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MessageSujet: Re: Méandres montagneuses et sentiers sinueux. [Libre]   Mar 2 Avr - 22:21



Un quart d'heure s'était lentement écoulé depuis son arrivée silencieuse. L'endroit, si paisible, lui fit perdre toute notion de temps, alors que seul le crépitement envoûtant des branches de l'âtre caressait ses oreilles. La tasse qu'il avait bue était déposée devant son ouvrage, et, toujours attentif au spectacle qu'offrait la nature de Skies Kingdom par-delà la fenêtre, il oublia le désir qu'il éprouvait d'en quémander une à nouveau. Il était captivé au point même de ne pas avoir fait attention à la disparition de l'homme et de la femme, seuls clients de l'auberge, qui étaient partis de concert quelques instants auparavant. L'aubergiste était toujours occupé dans la cuisine, et sans doute préparait-il le souper pour de potentiels voyageurs, ou tout simplement pour lui-même, car quand bien même l'endroit était sympathique, il fallait avouer qu'il était perdu en pleine montagne, et que très peu de personnes devaient ne serait-ce qu'emprunter la route conduisant à l'auberge. Aussi avait-il nettoyé les tables, et les chaises, et retourné celles-ci, tachant toutefois de ne pas troubler Shanshui, qui rêvassait au lieu de penser. Sa journée s'était résumée à de longues heures de marche, tout comme celle d'avant, de la même façon que la précédente, car les mines qu'il cherchait étaient éloignées du coeur de la vallée du vent, et s'il lui était arrivé de réfléchir à diverses questions sur la route, il préférait se reposer, ce soir là, et se contenter de mettre ses sens à contribution dans sa brève recherche du plaisir qu'il souhaitait trouver dans la nature du pays. S'il n'écoutait pas le chant des oiseaux, il voyait les arbres se mouvoir sensuellement, au gré du vent, et la neige chuter avec une certaine grâce contre la vitre à travers laquelle il pouvait s'adonner à sa passion qu'était l'observation du monde.

Mais sa quiétude fut troublée, quelques dix minutes plus tard. Quelqu'un frappa avec fracas la porte, criant presque, et comme mu par cette soudaine rupture avec ses rêves, il se leva subitement, et se dirigea vers la porte, guidé par ses passions. Partagé entre la crainte de voir un voleur, ou une âme en peine égarée, il agit, voyant que l'aubergiste était toujours occupé dans la cuisine. Il porta alors sa main au loquet qui gardé l'auberge verrouillée, et le glissa de telle sorte qu'il pût ouvrir sans prendre le temps de regarder par la lucarne. Il se retrouva nez à nez avec une jeune femme, peut-être à peine plus vieille que lui, qui semblait hésitante, et rafraîchie par le temps. Shanshui ne réfléchit pas, et lui présenta l'auberge, sans mot dire, en ouvrant la porte, l'invitant à entrer si elle cherchait refuge.

    « Entrez, Mademoiselle, je vous en prie. Ne restez pas dehors, la nuit risque de bientôt voiler le pays. »

Il l'observa un instant, la dévisageant, et sourit. Elle réchauffait les environs de part sa chevelure flamboyante, qui colorait quelque peu les mornes montagnes de la vallée du vent. Elle ne portait pas d'arme, ce qui n'inquiéta plus Shanshui, pensant alors qu'elle devait être perdue, ou juste une voyageuse qui avait trouvé cet endroit sur sa route. Le jeune homme se dirigea vers la cuisine, signalant à l'aubergiste qu'une nouvelle personne était là, et s'il ne jura pas, on put croire que quelque chose le dérangeait, à savoir le fait qu'elle allait déranger l'ordre qu'il avait rétabli dans sa petite masure. Alors il tint quelques mots au français, qui revint vers la belle pour les lui transmettre.

    « Le tenancier a nettoyé l'auberge juste avant votre arrivée, aussi vous propose-t-il de vous asseoir à mes côtés - ce qui ne me gêne pas. Il va venir s'occuper de vous. »
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MessageSujet: Re: Méandres montagneuses et sentiers sinueux. [Libre]   Mer 3 Avr - 11:04



Quand tu vis la porte s'ouvrir devant toi, tes yeux se dirigèrent instantanément sur la personne postée en face de toi. La première pensée qui surgit fut factice : "Tiens ! Je l'ai jamais croisé auparavant." A croire que tu t'attardes sur des détails vraiment puérils. Tu toisas cet être avec nonchalance et remarqua, stupéfaite que celui-ci était légèrement plus grand que toi, ce qui fit s'installer un léger sourire sur ton visage. Toi qui dépasse généralement un bon nombre de personnes, c'est toujours agréable de trouver plus grand que sois.

« Entrez, Mademoiselle, je vous en prie. Ne restez pas dehors, la nuit risque de bientôt voiler le pays. »

A ces mots, tu passas un coup d’œil derrière le jeune homme, pour pouvoir observer attentivement l'endroit dans lequel on "t'invitais". Tu remarquas les tables disposées un peu partout dans cette grande pièce, il ne fallait pas chercher plus loin, tu te trouvais dans une auberge. Par politesse tu hochas la tête, t'introduisant silencieusement à l'intérieur de ce lieu. Le changement radical de température te fis pousser un court soupire de satisfaction. Ton regard se dirigeait sur le moindre objet, tu ne savais plus où déposer tes yeux. Puis un détail t'interpellas, l'homme qui t'avait ouvert la porte n'était manifestement pas de l'auberge.

« Le tenancier a nettoyé l'auberge juste avant votre arrivée, aussi vous propose-t-il de vous asseoir à mes côtés - ce qui ne me gêne pas. Il va venir s'occuper de vous. »

Tu passas machinalement ton regard en direction de la cuisine pour apercevoir le tenancier. L'hospitalité n'était franchement pas de mise avec lui. Tu levas un instant les yeux au ciel comme agacée par son comportement et tu tenais en ton fort intérieur ces propos :

"S'il veut pas qu'on le dérange, il a pas qu'à tenir une auberge ! C'pas possible ça !"

Tu demeurais mal à l'aise face à l'homme de tout à l'heure, tu ne voulais pas t'incruster de la sorte. Tu réfléchis, guère longtemps pour ne pas le faire attendre puis tu décochas :

- Soit ! Je vais donc, prendre place à vos côtés.

Tu lui adressas un sourire et vins t'asseoir à sa table. Tu fus intriguée par les affaires disposées sur la table. Tu regardais un peu partout cherchant un point à scruter en attendant que le tenancier ne se manifeste.
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MessageSujet: Re: Méandres montagneuses et sentiers sinueux. [Libre]   Mer 3 Avr - 15:31



La jeune femme semblait quelque peu agacée aux dires rapportés de Shanshui, ce qui pouvait naturellement se comprendre. Toutefois, il ne la connaissait pas, et ne pouvait savoir si cette impression de nonchalance était constante, ou si elle avait simplement passé une mauvaise journée. Elle était aussi légèrement mal à l'aise. Était-ce le jeune homme qui la dérangeait ? Il ne le savait et ne souhaitait prononcer des conclusions trop hâtives. Il lui adresse du reste un sourire lorsqu'elle lui répondit.

    « Soit ! Je vais donc, prendre place à vos côtés. »

Elle le lui rendit, et tous deux se dirigèrent vers la table où siégeaient les affaires et la tasse vide de Shanshui, qui, une fois assis, mit un peu d'ordre en rangeant notamment son cahier et son encrier, mais il garda la plume entre ses doigts, jouant subséquemment avec. Occupée à observer les alentours, sans doute en n'osant pas lancer la conversation, la jeune demoiselle l'intriguait. Alors il la regardait, se posant certaines questions. Mais il ne pouvait les lui adresser sans même s'être présenté, sous peine de passer pour une personne indiscrète. Le tenancier n'arrivant toujours pas, Shanshui entreprit de briser le silence, sans toutefois user de son second don.

    « Je me nomme Shanshui, de la vallée du vent. Et vous ? »

À peine la discussion fut-elle entamée que l'aubergiste s'approchait déjà, dans un souci de satisfaire sa clientèle. Cette interruption soudaine ne put que dérober un sourire au jeune homme qui, souhaitant mettre un nom à ce nouveau visage, voyait ses attentes balayées. Il baissa un instant la tête, afin de les laisser converser sans les déranger, mais finalement, il dut la relever.

    « Je suis à vous ! Que vous faut-il mademoiselle ? »

Et, tournant la tête vers la tasse vide de Shanshui qu'il avait oublié de débarrasser, il reprit en s'adressant directement à celui-ci :

    « Quel mauvais hôte je fais ! Voilà presque une heure que vous êtes ici, et que je ne vous ai pas resservi ! Ou même demandé si vous en voulez encore ! »

Il soupira un instant, dans ses belles paroles, mais ne manqua point d'ajouter un « En revoulez-vous ? », auquel le jeune homme répondit par un simple hochement de tête. C'est que le serveur devait assurer son commerce, et tout devait, pour lui, être un prétexte pour se faire de l'argent en resservant les voyageurs. Mais Shanshui ne savait le mépriser pour cela. Il respectait même ce brave homme qui, en s'exilant ainsi du monde, ne goûterait pas à tels ou tels plaisirs qu'il pouvait lui prodiguer. En avait-il eu le choix ? Rien n'était moins sûr, mais qui sait, peut-être existait-il des personnes qui pouvaient apprécier ce genre de vie presque monastique ? Le blondinet désirait se battre pour cela, en s'engageant à travers le journalisme : Permettre à tout le monde d'être libre, leur octroyer la faculté de choisir leur vie, non pas de tout simplement survivre. Et il en était convaincu : Ce n'était pas la politique menée par Akane qui allait arranger la Vallée du vent. Il fallait agir, et il la pensait passive. Du reste, son interview le rassurait dans sa réflexion, et les pauvres mineurs méritaient de meilleures conditions de travail, et de vie, que celles qu'ils avaient actuellement. Et ce tavernier aussi, pour peu qu'il eût la volonté nécessaire, devait choisir sa vie !

Sur cette brève pensée, Shanshui déposa ses mains sur la table, tout comme la plume, et écouta avec attention les dires de la demoiselle qui devait passer une commande.
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MessageSujet: Re: Méandres montagneuses et sentiers sinueux. [Libre]   Mer 3 Avr - 16:49



Tu n'osais détourner tes yeux d'une chandelle disposée contre un mur légèrement usé. Pour tout dire, tu ne voulais pas confronter ton regard avec celui de cet homme assis en face de toi. Tu joues parfois ta grande timide, mais ça, c'est bien quand cela t'arranges. Tu t'interrogeais sur cet individu, tu t'imaginais son passé, son occupation dans la vie et le pourquoi du comment il s'était retrouvé dans cette auberge. Car, il faut bien faire la remarque : ce lieu est au beau milieu de nul- part. Tu ne penses pas vraiment que le gérant, est tellement de passage dans son lieu de travail.
Tu grommelais quelques paroles incompréhensibles sans même t'en rendre compte, tout en glissant tes doigts dans ta chevelure. Tu ne prêtais guère attention au jeune homme. Tu te mettais petit à petit à l'aise, plongée dans ta bulle. Quand soudain, ton oreille capta un son, ce qui te fis immédiatement te tourner en sa direction.

« Je me nomme Shanshui, de la vallée du vent. Et vous ? »

Tu baissas les yeux, gênée de ton comportement. Tu n'eus le temps de répondre à sa question, que l'aubergiste vint à toi.

« Je suis à vous ! Que vous faut-il mademoiselle ? »

Tu esquissas un sourire en faveur du tenancier. Tu réfléchis un instant, puis tu fus une fois de plus coupée, cette fois-ci dans ta réflexion, par le serveur.

« Quel mauvais hôte je fais ! Voilà presque une heure que vous êtes ici, et que je ne vous ai pas resservi ! Ou même demandé si vous en voulez encore ! »

Tu scrutas rapidement la tasse qui se trouvait sur la table, puis le jeune homme et enfin le gérant.

« En revoulez-vous ? »

L'homme à la chevelure blonde hocha la tête. Puis tu repris ton occupation : tes pensées. Tu ne savais quoi commander, tu n'étais même pas venue ici pour pouvoir te désaltérer, mais plutôt pour trouver un peu de chaleur. Mais bon, tu n'allais pas rester ici sans même faire un achat. Tu n'abuses décidément pas de l'hospitalité des gens. Et il faut bien l'avouer, tu n'avais pas envie de retourner maintenant dans le froid. D'un ton hésitant tu t'exclamas :

- Un ... thé s'il vous plait.

Tu semblais anxieuse, pourquoi ? Toi-même tu n'en savais rien. Une fois la commande prise, l'homme s’éclipsa. Tu repris :

- Antigone, également de la vallée du vent ... pour répondre à votre question !
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MessageSujet: Re: Méandres montagneuses et sentiers sinueux. [Libre]   Mer 3 Avr - 17:56



    « Un ... thé s'il vous plait. »

La voix d'Antigone fut limpide, quoique toujours hésitante, dans le même registre que l'entrée dans l'auberge, et elle trahissait une anxiété plus ou moins prononcée chez celle-ci. L'homme se retira en cuisine, les commandes en tête, les laissant deux nouveaux seuls, contre la fenêtre qu'il y avait à leurs côtés. Elle répondit alors à Shanshui, qui n'avait toujours pas obtenu de réponse, interrompu par le tenancier.

    « Antigone, également de la vallée du vent ... pour répondre à votre question ! »

Le fruit de Sophocle ! La gamine d'Anouilh ! Aimait-elle le théâtre ? Il se devait de faire une réflexion quant à son nom, pour savoir si elle possédait cette passion. Elle surprit du reste Shanshui, qui n'avait pas l'habitude de rencontrer - face à lui - des personnes avec qui pouvoir parler de cela. C'est que, de là où il venait, il ne jouissait pas d'un environnement intellectuel fort, qu'il aurait souhaité avoir. Enfin, il y avait quelques exceptions ! Mais ne nous étalons pas sur son ancienne vie, révolue, disparue, enterrée à tout jamais. Il n'y pensait plus, les yeux rivés vers l'avenir. Et puis, quand bien même il aurait été nostalgique, il n'y avait rien à voir, en arrière, sinon beaucoup d'ombres.

Souriant, Shanshui se redressa légèrement pour être correctement installé, sans cesser d'observer Antigone, qui l'intriguait de nouveau. Pourquoi s'être présentée ainsi ? Toujours fut-il que l'aubergiste ne mit pas longtemps pour revenir, muni d'un plateau sur lequel étaient déposés le thé et la tasse remplie de tisane. Il servit les deux boissons, les déposant devant les deux jeunes gens, et repartit. Shanshui glissa la tasse par la anse - pour ne pas sur brûler - sur le côté, et l'observant comme un astronome observerait les astres, il reposa une question à Antigone.

    « La fille d’Œdipe. Vous devez aimer la littérature, ou bien y a-t-il un symbole caché derrière cet emprunt ? »

Il retira alors son chapeau chinois, qu'il déposa contre le piètement de sa chaise, et passa une main dans ses cheveux, qu'il arrangea brièvement. Il attrapa alors la tisane, souffla dessus pour la refroidir, et la porta à ses lèvres pour en savourer quelques gorgées. Paisiblement, il rabaissa son bras contre la table, la tasse toujours entre ses doigts fins, et attendit une réponse.
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MessageSujet: Re: Méandres montagneuses et sentiers sinueux. [Libre]   Dim 7 Avr - 12:25



L'aubergiste vint déposer les commandes, ce qui permit par la même occasion de briser brusquement le silence épais qui venait tout juste de s'installer. Tu n'appréciais pas forcément l’atmosphère dégagée. Tu te répétais incessamment la même chose :
"J'aurais vraiment dû rentrer chez moi !"
La tête baissée, les premières mèches de ta chevelure retombaient vulgairement sur la table, tu les remis après un court instant. Tu pouvais distinguer, une légère fumée s'évacuer de la tasse. Tu observais ce phénomène sans même une seule fois en détacher tes yeux.
Tu décidais par la suite, d'agripper l'objet en porcelaine et de le diriger vers ta bouche.Tu te redressas et bus quelques gorgées l'air rassuré. Ton regard se porta dans un délai très bref, en direction du jeune homme.

« La fille d’Œdipe. Vous devez aimer la littérature, ou bien y a-t-il un symbole caché derrière cet emprunt ? »

A ces mots, tes yeux s'écarquillèrent, tu laissas retomber ton bras, la tasse vint heurter la table. Tu étais, en effet, surprise d'une telle question. Un sourire s'échappa de ton visage. Tu observais, passivement les moindres gestes de cet individu. Puis après une courte réflexion tu dis, enjouée :

- Ah c'est intéressant ! Je ne pensais pas entendre une telle question. Et bien oui, il faut l'avouer j'aime la littérature ! Et vous ?

Tu appuyais ton visage contre tes mains.
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MessageSujet: Re: Méandres montagneuses et sentiers sinueux. [Libre]   Dim 7 Avr - 21:51



Le temps poursuivait son cycle, alors que dehors, le soleil commençait déjà à perdre de l'altitude. Même le soleil allait mourir un jour, mais contrairement à celui-ci, les Shanshui avait la faculté de vivre. Si les journées qu'éclairait l'Astre n'étaient rien pour celui-ci, elles étaient beaucoup plus importantes aux yeux des habitants de Skies Kingdom qui les savaient comptées. Alors ils vivaient, savourant chaque heure, et même si ce début de soirée allait bientôt être entamé, pour se terminer sitôt les deux personnes en pleines conversations, il se disait qu'il ne devait pas en perdre une miette. Cette jeune femme, qu'il venait tout juste de rencontrer, semblait aux premiers abords sympathiques, mais il ne pouvait pas encore affirmer son caractère.

Il remarqua, en l'interrogeant quant à son prénom, qu'elle fut surprise. Elle ne s'y attendait clairement pas, mais sourit, non pas perturbée. Elle observa du reste attentivement les gestes de Shanshui, qui, la regardant, le devina sans problème. Elle prit alors un ton plus chaleureux, pour lui répondre.

    « Ah c'est intéressant ! Je ne pensais pas entendre une telle question. Et bien oui, il faut l'avouer j'aime la littérature ! Et vous ? »

Le français esquissa à son tour un sourire, satisfait de pouvoir débloquer la conversation. Il avait certes le don de mettre l'ambiance, mais il ne souhaitait pas l'utiliser, estimant que s'il n'arrivait pas à le faire sans y avoir recours, il était ennuyeux. Il reposa sa tasse, et dévisagea un instant Antigone. À ce moment-ci, il se demanda s'il n'avait pas trouvé une personne suffisamment cultivée pour l'accompagner dans ses ambitions révolutionnaires. Après tout, elle pouvait bien correspondre à ses attentes. Il répondit alors, en souriant de plus belle :

    « Pour sûr ! Même si je pense mieux en parler qu'en écrire. Et puis, je n'ai jamais réellement essayé; mais j'aime l'Art sous toutes ses formes. Je vous avoue toutefois ne pas être un grand adepte de la culture antique, préférant réalistes ou autres naturalistes. »

Il s'arrêta un instant, en profitant pour boire de nouveau un peu de cette boisson qui marqua à vrai dire son enfance - qu'il passait dans les Alpes - puis il sortit de sa poche une cigarette, et une boîte d’allumettes, sans oublier un cendrier portatif. Il la porta à ses lèvres, tira un doigt de bois, et le fit flamber contre le paquet, pour brûler le bout de sa cigarette et commencer à fumer. Il inspira un instant, puis expira, projetant quelques volutes contre la vitre qu'il avait préalablement ouverte, entre temps, et il reprit, après avoir proposé une clope à Antigone.

    « J'apprécie notamment Zola, et j'essaye de m'inspirer de ses travaux. C'est que je suis un journaliste, au service de la Vallée du Vent. Je reviens par ailleurs de quelques mines perdues où j'y ai questionné des travailleurs. Et vous ? Qu'aimez-vous particulièrement ? Et que faîtes-vous en Skies Kingdom ? »
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MessageSujet: Re: Méandres montagneuses et sentiers sinueux. [Libre]   Sam 13 Avr - 20:58




Tu observais attentivement cet être en face de toi, le sourire qu'il esquissa te paru amicale. Tu attendais une réponse, qui ne se fit pas priée pour arriver.

« Pour sûr ! Même si je pense mieux en parler qu'en écrire. Et puis, je n'ai jamais réellement essayé; mais j'aime l'Art sous toutes ses formes. Je vous avoue toutefois ne pas être un grand adepte de la culture antique, préférant réalistes ou autres naturalistes. »

Te fronças quelque peu tes sourcils en entendant cette réponse. A dire vrai, tu ne pensais pas à cela et tu fis légèrement déçue de savoir qu'il ne s'intéressait pas forcément à la culture antique. Tu baissas un instant ta tête, scrutant de ce fait la table puis ta tasse. Tu redressas immédiatement cette dernière en sentant l'odeur du tabac. Tu fis craquer tes mains et voulus dans un sombre moment, arracher cette saloperie de sa bouche, mais malheureusement pour toi tu devais subir cela sans broncher. D'ailleurs, il t'en proposa une, que tu déclinas.

« J'apprécie notamment Zola, et j'essaye de m'inspirer de ses travaux. C'est que je suis un journaliste, au service de la Vallée du Vent. Je reviens par ailleurs de quelques mines perdues où j'y ai questionné des travailleurs. Et vous ? Qu'aimez-vous particulièrement ? Et que faîtes-vous en Skies Kingdom ? »

Tu frappas la table, comme illuminée par ce mot, ce nom : "Zola".

- Cet auteur est fabuleux !

Tu fermas la bouche et t'excusas de ta réaction, puis tu repris :

- Vous êtes donc journaliste ...

Tu réfléchis un laps de temps, te disant que cet homme pourrait bien faire parler de ton petit commerce.

- Moi je suis horlogère.

Tu sortis de ta poche une montre à gousset que tu avais confectionnée, puis tu la déposas soigneusement sur le morceau de bois.

- Voici l'une de mes plus belles pièces.
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