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 Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]

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MessageSujet: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Dim 10 Nov - 17:47


Une première rencontre tant attendu.
[PV Requiem~]

Après deux jours de travail intensif, et de préparatif en tout genre, le petit Tailleur partait enfin de la Vallée du Vent. Cela faisait un moment qu’il ne s’était pas aventuré hors des frontières du royaume -puisque celles-ci étaient fermées-, et il était plus qu’impatient de voyager de nouveau. Surtout qu’il avait une toute nouvelle motivation ! Bien sûr, il aimait partir à l’aventure pour rencontrer de nouvelle personne, découvrir de nouveau coin, de nouveau paysage, et revoir des amis… Mais aujourd’hui Teira partait surtout pour rencontrer UNE personne bien spécifique. Un homme qu’il avait tellement hâte de voir, qu’il s’était résolu à prendre le Chat-Bus pour arriver plus vite dans les Landes. Pas qu’il n’aimait pas ce moyen de transport, mais disons qu’il préférait marcher en général. Il trouvait ça plus agréable, plus « palpitant », puisqu’il ne savait jamais sur quoi ou qui il allait tomber. Mais il avait bien vite abandonné l’idée de se rendre dans le royaume voisin à pied, pour la simple et bonne raison que l’idée de rejoindre l’homme qui faisait battre son cœur le rendait totalement incontrôlable. Ou plutôt il était tellement presser et excité qu’il ne tenait pas en place. Alors entre passer des jours à parcourir les routes, et seulement quelques heures, le choix était vite fais ! Donc après 3h de trajet, le petit Couturier se retrouva dans les Landes. Et comme il l’avait indiqué dans la dernière lettre qu’il avait envoyé, il se rendait sur la grande place pour attendre son  cher correspondant.

Le Tailleur était arrivé un peu plus tôt que prévu. Pas de beaucoup certes, mais disons, bien une quinzaine de minutes par rapport à ce qu’il avait calculé. En soit, ça ne le dérangeait pas plus que ça. Il était du genre à préférer arriver à l’avance plutôt qu’en retard. Mais l’attente le rendait encore plus nerveux qu’il ne l’était déjà.

-Mais arrête de stresser pour rien ! Tu m’donnes mal au crâne à force de t’agiter comme une puce !

-C’est pas pour rien ! C’est normal d’être nerveux… Toi évidement tu ne peux pas comprendre, t’es une peluche et t’as sale caractère, il prit une pause en regardant les gens qui passaient puis repris, en regardant avec perplexité son petit compagnon. Et puis qu’est ce tu racontes, tu ne peux pas avoir mal !

-Quelle connerie. Tssk ! Va donc boire un thé, ça te calmera.

-Non… imagine qu’il arrive alors que je suis en train de commander. J’veux pas qu’il pense que j’lui ai posé un lapin.

-S’tu veux mon avis, c’plutôt lui qui va te poser un lapin. Et puis au pire, on est en avance. Arrête de faire ta chochotte !

Evidemment, s’en suivit une mini dispute entre les deux compères. Tama soutenait haut et fort que Requiem ne viendrait surement pas à un tel rendez-vous. Surtout pour voir le Couturier. Et qu’ils feraient mieux de se trouver un endroit pour passer la nuit. Tandis que Teira devenait de plus en plus angoisser et soutenait que l’avocat viendrait le rejoindre et qu’ils ne devaient pas bouger d’ici et l’attendre. Au bout de 10 minutes d’échange sans queue ni tête, le Tailleurs décida que ni lui ni la peluche ne pourraient avoir le dernier mot et que seul l’être le plus impartial du groupe, c’est-à-dire Tomo, pourrait décider si oui ou non il était judicieux d’aller prendre un thé, maintenant. Bien sûr, ni l’un ni l’autre ne parlait le chien, et au dernière nouvelle Tomo n’était doué de parole. Cette solution, sortie tout droit de l’esprit tordu du Couturier, était  donc  aussi stupide et invraisemblable qu’elle en avait l’air. Mais après tout… Teira était quelqu’un d’assez imprévisible et doté d’une logique qui lui était propre. Donc ce genre d’idée abracadabrante n’était pas très étonnante lorsque l’on connaissait le Tailleur.

-On va se départager à Papier, Caillou, Ciseau ! annonça le Couturier d’une voix pleine d’entrain, tout en s’accroupissant devant son fidèle compagnon à quatre pattes.

-T’es sérieux… ? Tu vas jouer contre… un chien… ?! demanda Tama plus que consterné.

-Bah ouais ! Bon Tomo prêt ? Il sourit à son chien avant d’agiter sa main devant lui. Papier… Caillou… Ciseau !....

Concentré dans le duel qui l’opposait au canidé, Teira ne se rendit pas vraiment compte du ridicule de la situation, contrairement à Tama ne cessait de pester. Au moment où le Tailleurs fit le signe de la pierre, son compagnon à poils posa doucement sa patte sur sa main. Sur le coup, personne ne réagit vraiment, restant un instant dans l’immobilité la plus totale. Puis Tomo, pencha la tête sur le côté, ce qui aux yeux du petit Couturier semblait vouloir dire « La feuille enveloppe la Pierre. J’ai gagné ? Hein ? ».

-Naaaan !

-… J’y crois pas. Tei’ T’es encore plus stupide que je le pensais ! T’as perdu contre un animal !!

Bien sûr, ne voulant pas rester sur un échec aussi humiliant, Teira recommença plusieurs fois. Si bien qu’il en oublia un peu l’heure au plus grand bonheur de son estomac torturé par l’appréhension et l’impatience.





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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Dim 10 Nov - 20:26


"En retard, en retard...


Deux jours. Ça fait deux jours qu'il est strictement imbuvable. Il ne termine pas ses phrases, ni les tâches qu'il commence. Qu'il prend un objet, pour le reposer une trentaine de centimètres plus loin. Qu'il s'énerve pour un rien. Jette tout par terre, puis se lance dans une frénésie de rangement. Deux jours qu'il chipote en jouant avec sa fourchette. Deux jours qu'il n'arrive pas à dormir. Enfin, deux nuits... Et surtout, deux jours qu'il détruit presque tout ce qu'il touche. La douleur lancinante dans ses bras, dans ses doigts engourdis. Une incapacité totale à se calmer.

Deux jours interminables. Durant lesquels il avait relu des dizaines de fois ces lettres qu'ils avaient échangées. Durant lesquels il avait imaginé des centaines de scenarii. Dont le pire. Celui où il ne venait pas, finalement. Celui où Requiem se retrouvait à attendre, des heures, sur cette place. Tout ce à quoi il ne voulait véritablement pas penser. Parce qu'il ne s'en remettrait pas. Il s'était jeté corps et âme dans cet espoir. Dans cette possibilité. Lui avait ouvert son cœur, son âme, ses souvenirs, ses failles. Avait accepté les siennes. Avait redécouvert... ce sentiment auquel il n'avait plus voulu croire.

Cette rencontre, c'était l'épreuve du feu. La confirmation des fondations jetées par écrit. Ou le moment où tout s'écroulerait comme un château de cartes. Il est tellement jeune, quand il y pense. Presque autant que Sonatine. C'est un peu dérangeant, quand il y pense. Raison pour laquelle il essaie de ne pas le faire. De se plonger dans cette odeur enivrante qui flotte encore sur ce bout de tissu.

Puis le jour J était enfin arrivé. Il aurait voulu pouvoir se libérer, mais il avait un gros dossier à plaider dans la matinée. Il s'était habillé avec soin, comme à son habitude. Un costume anthracite, un pantalon à pinces, classique, une chemise bleue. Pas de cravate, malheureusement. Elle s'était effilochée entre ses doigts, avant de finir en fils usés à ses pieds chaussés de Richelieu vernies. Il s'était dirigé sans enthousiasme vers son cabinet, plus angoissé par ce qui adviendrait ensuite que par le plaidoyer en soi. L'affaire était loin d'être gagnée d'avance, mais il lui fallait bien ça pour, enfin, mettre son appréhension de côté.

11h58. C'était mal parti pour être à l'heure. Le procès s'était éternisé. Ce n'était pas une maudite partie de soccer, il n'étais pas censé y avoir de prolongations. Ou alors, après un report d'une journée, pas d'une demi-heure! Il est descendu du Château au pas de course. Enfin, ce qui aurait été au pas de course s'il n'y avait pas eu une quelconque manifestation, un rassemblement de Dieu seul savait quoi, qui bloquait le chemin. Il avait dû louvoyer, pousser, s'excuser. Aider une vieille dame à porter ses bagages. La réouverture des frontières entraînait de nombreuses complications, et des mouvements de foule inattendus.

12h12. Il était en retard, c'était officiel. Il n'était pas tombé, n'avait pas glissé sur les pavés. Avait hésité à apporter quelque chose. L'idée des fleurs lui avait paru ridicule. Avait donc préféré ne pas s'arrêter. Avait parcouru les dernières centaines de mètres en courant. Il déboutonna sa veste et les premiers boutons de sa chemise, toujours engoncé dans son gilet. Reprit sa respiration en balayant la place de ses yeux brun-rouge. Il ne vit d'abord rien, et son cœur manqua plusieurs battements. Il avait l'impression que tout retenait sa respiration autour de lui, que tout se figeait. Puis il vit un étrange trio. Un gros chien, une drôle de peluche, et un jeune homme.

Son souffle s'emballa. Il parvenait à maintenir un semblant de contrôle, même s'il savait pertinemment que ses oreilles chauffaient sous son flegme affiché. Il s'était immobilisé, ne se rendait même pas compte qu'il gênait la circulation, qu'il se faisait bousculer. Il n'arrivait pas à décrocher son regard. Il observait absolument chaque détail, chaque expression. Il se sentait soudain terriblement embarrassé. Il en avait tellement dit, déjà. Avait terriblement peur. "Et si, et si". Il se fit violence, avança un pied, puis l'autre. Il s'approchait, irrémédiablement. Finit par se tenir à proximité. Et s'il s'était trompé?

Sa voix basse et grave trancha l'air de la place, malgré son hésitation, malgré sa gêne...

"Teira..? Je suis en retard, désolé. Merci d'avoir attendu."

Qu'aurait-il fait s'il n'avait pas été là? Combien de temps aurait-il attendu? Il se tenait un peu trop raide, ne savait pas vraiment quoi faire de ses mains, qu'il voulait jeter vers lui. Il se retenait encore, pour l'instant. Tenta de retenir la rougeur qui n'avait encore envahi que ses oreilles. Essayait de ralentir les battements de son cœur, sa respiration. Il était tout ce qu'il avait imaginé, et plus encore... Mais que penserait-il, lui, de celu qu ise présentait devant lui?
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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Lun 11 Nov - 1:06



Un rêve que je peux toucher...

La grande place se remplissait de plus en plus. Après tout, il était déjà midi passé, les gens sortaient de toutes part pour aller manger ou simplement rentrer chez eux. En tout cas, Teira n’y fit pas vraiment attention. Personne ne l’avait bousculé, personne ne faisait attention à lui et… Il ne se préoccupait pas non plus d’eux. A vrai dire, il était plus occupé à se chamailler avec Tama. Ce dernier remettait sur le tapis le fait que l’avocat ne viendrait surement pas pour un idiot fini comme lui. Ce qui ne faisait que réveiller les angoisses du pauvre Tailleur.

Puis, une voix grave, dans son dos, l’avait coupé. Une voix qui avait prononcé son nom. Une voix qu’il avait rêvé d’entendre. Son ventre s’était retrouvé envahi par une horde de papillon qui s’était mis à tout agité en lui. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Il était là. Juste là.  Rapidement le couturier se retourna et leva directement les yeux pour voir le visage de celui qu’il avait tant hâte de rencontrer.

-Requiem…

Sa voix n’avait été qu’un murmure, un souffle de soulagement. Ses yeux ne lâchaient plus ceux de son vis-à-vis. Il le fixait là, bêtement, n’arrivant pas à croire qui il avait devant lui. Le Tailleur avait plus d’une fois rêvé de cet instant. De cette rencontre. Il avait mainte et mainte fois essayé d’imaginer à quoi pouvait ressembler l’Avocat. Mais l’homme qui lui faisait face dépassait de loin tout ce qu’il s’était imaginé. Lorsqu’il se rendit compte qu’il le contemplait avec autant intensité, Teira se releva précipitamment en se maudissant intérieurement.

-Je.. s-sais… pas grave…

Evidemment il fallait qu’il bafouille en rougissant jusqu’aux oreilles ! Comme première impression, il y avait mieux tout de même !

-Je suis… Il prit une grande inspiration, essayant calmer les battements de son cœur. Je suis tellement heureux de te voir !

Un grand sourire illumina son visage, montrant clairement sa joie. Il s’avança ensuite pour se rapprocher un peu plus de son interlocuteur. Il aurait tellement voulu se jeter dans ses bras, et le serrer contre lui. Pouvoir sentir son odeur à plein nez, entendre son cœur battre, être étreint par ses bras. Mais il se retint devant la raideur de l’avocat. Un léger pincement lui picota la poitrine rien qu’à l’idée que Requiem puisse être déçu. Après tout, il n’avait que 18 ans. Il ne dépassait pas les mètres soixante. Et question vêtement il n’avait pas vraiment la classe, surtout face à un avocat.

Néanmoins, il s’efforça de balayer de la main ses idées noires. Ils se voyaient enfin. Ils se parlaient enfin de vive voix. Et Teira voulait profiter de ce moment ! C’est pourquoi, il attrapa la manche de l’Avocat, d’une main un peu tremblante, tend l’excitation le rendait fébrile, puis maladroitement, il  repris la parole.

-Tu as du courir ? Je pouvais encore attendre tu sais… Hm.. Je.. Tu as déjà mangé ?

A vrai dire, à cet instant, le visage du Tailleur était plus qu’expressif. En fait on pouvait même dire qu’on « lisait en lui comme dans un livre ouvert ». Ses prunelles ne quittaient plus celles de son correspondant. Ses joues et ses oreilles étaient joliment colorées. Ses lèvres ne pouvaient s’empêcher de s’étirer, tellement il était heureux d’être là.  On pouvait clairement comprendre à quel point il était content et gêné. Il n’y avait même absolument aucun doute à avoir sur ses points.





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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Jeu 14 Nov - 17:28

"There's no stopping me...

Il ne s'est pas trompé. Il s'agit bel et bien de Teira. Il l'avait tellement rêvé, l'avait tellement imaginé depuis qu'ils avaient commencé à échanger. Il avait toujours été curieux quant à ce tailleur, ces petites mains qui travaillaient dans l'ombre et de loin pour qu'il ait toujours une apparence impeccable à présenter à la Cour, et à certaines de ses conquêtes, ou à ses clients. Puis leurs discussions étaient devenues moins formelles, plus intimes. Et il avait été consumé par son imagination. Ses nuits avaient été peuplées de son odeur, ses journées de ses mots. Talk about obsession.

Il dut baisser les yeux pour pouvoir, à nouveau, dévorer chaque menu détail de ce qu'il voyait. Chaque expression, chaque mouvement était décortiqué, analysé, mémorisé, stocké dans son esprit pour se rejouer, plus tard, la scène. Il lui fallait lutter à chaque seconde pour ne pas jeter aux orties le peu d'éducation qui lui restait, et qui l'incitait à rester stoïque et flegmatique alors qu'il n'avait envie que d'une chose : s'enfermer avec lui dans une pièce close et vérifier que tout ce qu'il avait espéré était effectivement vrai. Et s'assurer qu'il ne s'était pas bercé d'illusion en croyant qu'il pourrait toucher le jeune homme.

Entendre sa voix prononcer son nom lui fit rater quelques battements. Il y avait une chose appelée la "conversation civilisée". Qu'il n'allait pas pouvoir faire s'il ne se calmait pas immédiatement. Il continua à l'écouter. Le vit rougir. Il ne put empêcher un sourire d'étirer ses lèvres, taquin. Il y prenait bien plus plaisir qu'il ne l'avait cru. Il pourrait l'observer rougir, d'autant plus de son fait, pour l'éternité. Il inspira profondément, tentant à la fois de se calmer, et de déceler dans l'air les particules de son parfum naturel. Par pur réflexe, il sortit une cigarette, qu'il porta à sa bouche et alluma avec son Zippo. Une bouffée plus tard, il se demanda s'il aurait dû s'informer, afin de savoir si l'odeur, ou la fumée, dérangeait le jeune tailleur. Il répondit à son sourire lumineux par le sien. Il sentait que ses oreilles étaient rouges. Il était heureux de l'entendre. Tellement. Il sentit la boule d'angoisse qui s'était formé dans son estomac se défaire. Tout n'était pas gagné, certes. Mais il n'était déjà pas suffisamment déçu pour tourner les talons. Ce qui était déjà ça.

Quand il attrape sa manche, Requiem ose enfin poser la main sur lui. Sur son avant-bras pour être précis. Délicatement. Comme s'il était fragile. Comme s'il hésitait. Il tira à nouveau sur sa cigarette en l'écoutant. Il sourit. Il avait l'impression d'être sur une corde raide, tendue au-dessus du vide. Le pire étant qu'il avait fortement envie de basculer par-dessus bord. De lâcher prise. D'oublier qu'il était en public, et qu'il s'était posé des questions, qu'ils étaient des hommes, qu'il sortait à peine du travail. Pas immédiatement. Il tenta de penser à autre chose. L'évocation de la nourriture lui donna de multiples idées, toutes moins catholiques les unes que les autres. Après quelques secondes de lutte, il finit par se concentrer sur l'aspect "nourriture" et non "jeu", ce qui le fit sourire, une pointe d'autre chose dans le regard. Sa voix grave était un peu amusée, un peu rauque:

"J'aurais couru de plus loin et plus longtemps encore... Et je n'aurais pas pu attendre plus longtemps."

Il termina sa cigarette, la rangea dans son cendrier de poche, et eut un nouveau sourire avant de poursuivre:

"Et non... Je n'ai pas encore mangé. J'espérais... que je pourrais t'inviter quelque part. Qu'en penses-tu? Je connais un petit restaurant, pas très loin, qui accepte les animaux..."

Il eut à peine un regard furtif pour le chien et la peluche. Il n'arrivait pas à dévier les yeux du jeune homme. Se servit de la main posée sur son avant-bras pour lui faire faire demi-tour. Il ne le forçait pas... tout à fait. Ses doigts remontèrent son bras jusqu'à effleurer son épaule. Il lui laissa un pas d'avance, luttant encore. Il perdit la bataille, comme il s'y attendait... Plus vite qu'il ne l'avait cru, cependant. Il lui fallut qu'un pas pour se glisser dans son dos et l'entourer de ses bras. Il baissa la tête jusqu'à laisser ses lèvres effleurer l'oreille du tailleur, et souffla:

"Je n'ai pas pu m'en empêcher... Laisse-moi juste une minute et je libèrerai. Tu pourras même partir si tu souhaites. Je brûle les étapes mais... Huh... Quand je te disais que tu me faisais perdre mes mots..."

Les dés en étaient jetés, maintenant. Il aurait voulu ne plus bouger, savourer cette chaleur contre la sienne, cette odeur sucrée qui envahissait ses narines. Il ne sentait que son cœur, qui battait bien trop vite, et bien trop fort. Et l'appréhension, à nouveau, qui lui faisait craindre le rejet. Il n'oubliait pas que Teira était inexpérimenté, qu'il pouvait prendre peur. Et que les mots, sur le papier, n'étaient pas la réalité de l'étreinte. Il savait qu'il l'étreignait un peu trop fort, mais il ne voulait pas le lâcher. Pas encore...
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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Ven 15 Nov - 11:57



Ou comment surchauffer...


Un long frisson parcourru sa colonne vertébrale lorsque la main de son vis-à-vis se posa sur son avant-bras. Ce simple contact suffit à l’électriser complétement. Son corps se réchauffa d’un coup, si bien que ses joues prirent une nouvelle teinte. Et puis, comment aurait-il pu en être autrement. Après toutes ses lettres, tous ses mots… Il était normal que les hormones du jeune adulte se réveillent  après se simple geste. N’est-ce pas ? Teira essayait de se convaincre que oui, qu’il n’avait rien d’anormal à cela. Et surtout il espérait que Requiem ne lise pas dans les pensées à cet instant. Si un simple contact, aussi banal, le chamboulait autant, il n’osait imaginer le résultat s’il posait sa main autre part que sur son bras. Sa main ou autre chose d’ailleurs… Bon, il n’imaginait pas de truc salace, loin de là même. Mais une étreinte, un baiser… ce genre de chose totalement « innocente » qui lui correspondait.

L’idée même de savoir que son vis-à-vis était aussi impatient que lui, le rassura. Au moins, il n’était pas seul et, il ne se faisait de fausses idées. Inconsciemment, il se mordilla la lèvre. D’une part parce que les lèvres du plus grand venait d’abandonner la cigarette, et que,  bien que la fumé de le dérange pas, il fallait avouer que le couturier avait trouvé ça assez fascinant. Pour peu, il aurait bien voulu être une cigarette. Et d’autre part, parce qu’il était terriblement heureux de voir que Requiem faisait attention à lui. Ce n’était pas grand-chose, mais il avait pensé à ses compagnons. Et cela touchait énormément le Tailleur.

-Ah génial ! J’avoue que… j’espérais bien pouvoir manger avec toi. Ça me fait super plaisir !

Et ce n’était pas peu dire ! Bien que l’idée d’être assis en face de lui, en tête à tête le fasse littéralement bouillonné de gêne, cela le rendait aussi extrêmement fou de joie. Tout le long de son voyage, Teira s’était demandé comment les choses allaient se passer. Quand Requiem allait-il arriver, comment réagirait-il chacun de leur côté, est qu’il arriverait à lui parler sans rougir et bafouiller… Tout un tas de question qui s’était bousculé dans sa petite tête. Et dans le lot, il avait eu l’espoir que son correspondant le rejoindrait pour le déjeuner. Histoire de passer encore plus de temps ensemble.

-Je te suis alors !

Le sourire scotcher aux lèvres, le couturier se laissa guider par la main de l’Avocat. Main qui lui donnait la chair de poule. Pas dans le mauvais sens bien sûr ! Mais elle arrivait à provoquer moult frémissement au pauvre corps de Teira.

Sentir le corps de l’avocat tout contre le sien, ses bras autour de lui qui le pressait, et son souffle tout près de son oreille… Teira cru un instant qu’il allait défaillir. Sur le coup, le pauvre petit cœur du Tailleur rata un battement avant de se mettre à tambouriner de nouveau dans sa poitrine. Si bien qu’il était persuadé que Requiem pouvait aisément l’entendre, ou le même le percevoir vu leur position. C’était trop d’émotions d’un coup pour lui ! Tout se succédait : le stress, l’embarras, la joie, la nervosité, le soulagement… Si bien que pendant un instant il ne bougea plus du tout. Une vraie statue qui retenait presque sa respiration. Et puis, il avait frissonné, autant à cause du souffle qui caressait son oreille que les paroles qu’il entendait. La voix de Requiem parvint à son cerveau léthargique comme une formule magique pour le réveiller. Alors, le couturier compris qu’il n’avait absolument aucune crainte à avoir, aucun doute. L’Avocat était aussi impatient que lui, aussi tendu… aussi angoissé. Un tendre sourire étira ses lèvres, puis doucement il s’appuya contre le torse tout en posant ses mains sur les avant-bras du plus grand,  avant de tourner la tête comme il le pouvait vers lui.

-Pourquoi est-ce que je voudrais partir alors que je suis venu exprès pour te voir ? Son regard plein de tendresse se leva vers lui. Tu n’avais pas à t’en empêcher… et tu peux rester bien plus qu’une minute. Je ne souhaite pas être « libéré ». Au contraire même… Je… enfin.. Moi aussi j’avais très envie t’enlacer…

Doucement, il étira son cou, et posa délicatement ses lèvres sur la peau de l’homme qui le tenait. Un baiser au coin des lèvres qui lui valut une remarque désobligeante de son cher compagnon, qui regardait la scène, depuis le début, avec une certaine perplexité.

-Vous faites trop d’chichi tous les deux ! Roulez-vous une pelle qu’on en finisse, et allez copuler dans un chambre !

Evidemment, comme à son habitude Tama avait le chic pour casser l’ambiance, et balancer des piques au pauvre Tailleurs. D’ailleurs, ce dernier se senti affreusement gêné en entendant ces paroles.

-Tama ! La ferme ! T’es vraiment… Sa main passa sur son visage, visiblement très embarrassé et un brin désespéré. Il reprit ensuite à l’adresse de Requiem : Bon… inutile que je fasse les présentations je crois… Comme tu peux t’en douter, il s’agit de Tomo et Tama.

Dire que Teira  se sentait stupide était encore bien loin de la vérité. Pour tout dire, il était même mort de honte. Et il espérait de toutes ses forces que l’intervention de son compagnon ne ferait pas fuir l’homme qu’il était venu voir.





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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Ven 15 Nov - 13:33

"Hold me tight in your arms...

Il lui avait fallu un self-control inimaginable pour ne pas fondre sur les lèvres de Teira lorsqu'il les mordilla. La tentation faite homme. Aucun besoin de serpent avec de telles attitudes. S'il ne faisait pas un effort, d'ailleurs, ils n'iraient même pas jusqu'à un arbre ou un espace clos ou confiné. Une partie de son appréhension s'était envolée lorsqu'il lui avait avoué qu'il espérait aussi qu'ils pourraient manger ensemble. La perspective même de devoir rester stoïquement assis en face de lui alors qu'il portait un verre à ses lèvres, ou qu'il ouvrait la bouche pour y poser quelque nourriture promettait d'intéressants instants d'une torture toute nouvelle. Jamais encore n'avait-il expérimenté cette attente dans laquelle il se retrouvait. Avec les femmes, il n'y avait jamais de mystère. Et avec Sid... Ils avaient tout pris à l'envers, à commencer par lui. D'autant plus qu'il n'avait aucune idée de ce dont ils pourraient parler, après tout ce qu'ils s'étaient déjà dit. Et que ce soit dans sa vie quotidienne, dans sa passion ou dans son métier, Requiem n'avait pas l'habitude d'être à court de mots, d'hésiter, ou de bégayer sans fin. Il était un parolier, un adepte des mots, plus souvent inutiles que l'inverse, et de l'humour bas de gamme.

Quand le Tailleur se fige entre ses bras, il croit la fin arrivée. Il était allé trop vite, cette fois. N'avait pas su résister. Toucher était un langage en soi. Dont il était adepte, dont il était friand, même. Et la perspective d'avoir tout fait capoter lui serrait le cœur d'une façon inédite. Il ne guidait jamais. N'avait fait que suivre d'autres plus âgés, plus expérimentés que lui. Il n'avait jamais imaginé l'angoisse qui se cachait derrière les prises d'initiative. Il utilisait trop souvent l'humour comme moyen de défense, mais Teira en savait déjà trop pour que ce stratagème fonctionne avec lui. De plus, sous les propres battements affolés dans sa propre poitrine, il ne pouvait percevoir ceux de son jeune correspondant. Pas plus qu'il ne vit le sourire tendre qui étira ses lèvres.

Pourtant, lorsqu'il s'appuya contre lui, posa ses mains fines et douces sur ses avant-bras, il se détendit. Enfin, façon de parler. Son appréhension fondit. Son corps, en revanche, était tourné entièrement vers celui qu'il serrait dans son étreinte. Il avait l'impression d'être trop sensible à chaque mouvement, à chaque soupir, à chaque frisson. Ses paroles lui firent l'effet d'un baume. Il ne le rejetait pas. L'accueillait, même. L'invitait à rester ainsi. Il aurait pu le faire, plus longtemps. Trop longtemps. A s'affamer, peut-être, même, pour satisfaire un autre appétit. Et ce baiser, au coin de ses lèvres... Sa main, déjà, commençait à remonter le long de la poitrine du Tailleur, pour venir tenir son menton, pour approcher, enfin, de ce...

Les paroles crues valurent à la peluche un regard noir et meurtrier, alors qu'il interrompait son geste, qu'il desserrait l'étau de ses bras. Il soupira intérieurement, après réflexion. Finalement, il devrait lui en être reconnaissant. Sinon, il n'aurait probablement pu répondre de la suite des évènements. Et il n'avait pas envie de trop précipiter les choses. Il ne se redressa malgré tout pas immédiatement, se contentant de s'adresser à la peluche incriminée:

"Je vous saurais gré de ne pas utiliser des termes aussi vulgaires, je vous prie. Un gentleman ne saurait faire une chose telle que vous la décrivez..."

Il souffla cependant à l'oreille de Teira, trop bas pour être entendu par les deux compagnons:

"Quoique je dois avouer ne pas trouver l'idée déplaisante..."

Il finit donc par s'éloigner un peu, détachant à regret son corps de celui du jeune homme, saluant d'un élégant mouvement de tête l'étrange couple qui accompagnait le Tailleur. Il n'était pas particulièrement à l'aise avec les animaux. N'en avait jamais eu, jamais fréquenté. Ne savait pas trop quelle façon il était censé essayer de se faire accepter. Il passa la main dans ses cheveux, ralluma une cigarette. Enfin, tenta. Elle sortit bel et bien du paquet puis, dans un élancement désagréable, s'effondra en cendres entre ses doigts. Trop d'émotions, trop peu de contrôle. Il ferma les yeux, inspira profondément. Une odeur sucrée flottait encore autour de lui. Il sourit, rouvrit ses paupières sur ses prunelles brun-rouges. Rangea son paquet. Et partit en direction du restaurant, non sans avoir emprisonné dans la sienne la main du jeune homme. Il avait l'impression d'un courant électrique qui remontait le long de son bras. D'une conscience exacerbée de ce contact. Sa voix basse, toujours un peu troublée, s'éleva:

"N'importe qui serait grognon lorsque la faim se fait sentir. Je propose que nous reprenions cette... "discussion", après le repas. J'espère que tu as de l'appétit."

Son regard pétillait, taquin, sur cette remarque. Il savait les doubles-sens qu'il glissait dans ses phrases. Se demandait s'il les entendrait, ou non. S'il rougirait, juste pour lui, en y pensant. Tentation, encore. Un nouveau sourire étira ses lèvres alors qu'ils reprenaient leur marche vers le petit bâtiment intimiste et cosy où il avait bien l'intention de combler une autre soif, celle d'informations concernant ce petit Tailleur qui le tentait de sa seule présence...
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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Ven 15 Nov - 21:27



What do you want to eat ?

Les paroles de Tama cassèrent bien entendu l’ambiance, au plus grand damne de Teira. Il avait bien senti la main de Requiem remonter contre lui. Et c’est le cœur battant à tout rompre qu’il s’attendait à être embrasser. Mais évidemment, la peluche au caractère de cochon avait tout fait foirer ! Il s’était senti obliger d’intervenir avec une remarque déplacé. En fait, sous ses grands airs, et ses insultes perpétuelles à l’égard du Tailleurs, Tama l’adorait énormément. Il n’aimait spécialement que quelqu’un d’autre embête le Couturier, ou s’en approche de trop près. Bien sûr, il n’avouerait jamais qu’il voulait protéger son créateur. C’est pourquoi aussi, il ne s’en voulait absolument pas d’avoir interrompu les deux hommes. Même si il se mit ronchonner face aux réflexions du plus grand.

-Gentleman pfff…. T’restes un homme avec une nouille !

-Tama !

Teira s’apprêtait à l’engueuler une énième fois, n’appréciant pas vraiment qu’il parle de cette façon. Qu’il lui parle comme ça à lui ça passait, mais alors à l’Avocat ! Il n’aimait vraiment pas ! Il n’eut cependant pas le temps de le réprimander correctement. Les mots prononcés au creux de son oreille lui firent perdre tous ses moyens. Il était certain qu’il venait d’inventé une nouvelle teinte de rouge tellement ses joues le brûlait. L’idée ne lui déplaisait pas non plus, mais… c’était terriblement embarrassant de l’entendre dire. Rien de cohérent ne sorti de sa bouche, quelques bafouillages, des sons… Requiem l’avait pris au dépourvu avec cet aveu ! Une nouvelle fois, le Tailleur se mordilla la lèvre. La perspective que l’Avocat puisse le toucher un jour de cette façon ne laissa absolument pas indifférent.

Avec une pointe de regret, il laissa son correspondant s’éloigner de lui. Puis un léger sourire étira ses lèvres lorsqu’il vit Requiem saluer ses amis. D’un geste de la tête il appela Tomo, qui s’approcha immédiatement deux hommes. Ce dernier s’approcha du plus grand, le renifla un peu, lui tourna autour puis vint s’assoir à côté de son maitre. Teira lui gratouilla ensuite la tête en souriant.

-Tu sais je crois qu’il t’aime bien. Il n’est pas farouche mais…

Il releva les yeux pour regarder son interlocuteur et vit la cigarette partir en fumé. Sa phrase mourut alors dans sa gorge. Plus que l’état de la clope, ce qui figea surtout le Tailleur, fût l’état de l’Avocat.

-Requiem ? Ça va ?

Le regard inquiet de Teira se posa sur le visage du plus grand. Il était réellement angoissé en le voyant ainsi, si bien qu’il se rapprocha de lui, posant même sa main sur son torse. Pendant un instant il scruta les yeux de son vis-à-vis. Il n’osait pas poser plus de question, de peur d’entrer dans un sujet qu’il n’aurait pas dû aborder. Le Couturier se contenta donc du sourire que lui offrait l’homme en face de lui, et le lui rendit bien. Son sourire s’élargit lorsqu’il sentit une main prendre la sienne. Il la serra alors avec plaisir, essayant d’ignorer les papillons qui lui parcourait le ventre.

Avançant le sourire aux lèvres, le Tailleurs ne compris pas tout de suite le double sens des paroles de son interlocuteur. Il lui fallut un instant avant de comprendre le sous-entendu. Et évidemment, il se mit à bafouiller.

-O-oui avoir faim.. c’est jamais agréable… je.. euh.. enfin.. tu .. oui..  E-et je.. hrum Je suis un gros mangeur. Même si on ne dirait pas !

Oh bien sûr, il voulait faire comme si il n’avait pas compris, ce qui en temps normal aurait surement été le cas. Mais, avec ce qui avait été dit précédement… Il ne pouvait pas ne pas avoir compris ! Et puis, ses rougeurs et ses bafouillages le trahissaient immédiatement. Allaient-ils reparler de « l’idée qui ne déplaisait pas » ? De quel faim parlait-il ? Est-ce que du coup, le fait qu’il est dit qu’il était un goinfre le faisait passer pour dépraver ? Dans la pauvre tête du Couturier s’était l’apocalypse !! Il se posait trop de question qui dépassait de loin tout ce à quoi il avait pu penser jusqu’à présent.

Trop gêner, pour oser regarder Requiem dans les yeux, Teira se contenta de faire vagabonder son regard sur les alentours. Inconsciemment, ses doigts caressèrent la peau de l’Avocat. Petit à petit il se détendit de nouveau, appréciant grandement cette petite balade main dans la main. Et puis son attention se fixa sur l’enseigne vers laquelle ils se dirigeaient.

-Tu viens souvent manger ici ? Ca à l’air chouette..

-T’façon tant que tu peux manger… Tout est « chouette » à tes yeux.

Teira baissa les yeux vers la boule de tissus qui avait décidé de ne pas passer inaperçu. Pour toute réponse, le Tailleur se pencha un peu pour lui envoyer une pichenette. Ce qui eut pour effet de faire légèrement tanguer sur sa « monture ». Car oui, Tama se déplaçait essentiellement en se servant de Tomo comme d’un fidèle destrier. Pour éviter, que la peluche ne tombe à chaque secousse, Teira, en grande âme charitable qu’il était, avait trouvé une ingénieuse astuce. Il avait fabriqué une espèce de harnais qu’il avait fixé au collier du chien. Ainsi, Tama pouvait se déplacer sans forcément avoir besoin de son aide.

-Soit polie surtout Tama. Et fait toi discret pour une fois !

Une fois rentrer dans le restaurant, il salua poliment les membres du personnelle qui se trouvait là, puis leva ses grands yeux bleu vers Requiem.

-Tu as une préférence pour la place ?

Personnellement, il aurait aimé une table dans un coin, sans qu’il n’y ait trop de personne autour d’eux… Histoire d’être en « toute intimité.





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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Sam 16 Nov - 0:46

"You... Sorry, wasn't that an option?

Quelques pas seulement les séparaient du restaurant. Sa poitrine le brûlait, là où le jeune homme avait posé sa main, alors qu'il levait son regard céruléen empli de sollicitude. Étrange et nouvelle expérience. D'autant baisser les yeux, d'une part. A part Melody, il ne fréquentait pas grand-monde de suffisamment près pour véritablement se poser la question. Mais surtout, cette impression que quelqu'un s'inquiétait pour lui. L'engourdissement avait déjà quitté son bras. Au moins, la douleur l'avait aidé à redescendre de son petit nuage. A chasser de ses oreilles cette rougeur inconvenante qui vendait bien plus que ses paroles le point auquel cette horrible petite peluche avait raison. Il n'était bien qu'un "homme avec une nouille". Bien qu'il trouvât l'expression surprenante et particulièrement... mal choisie (ou au contraire, un peu trop bien).

Un sourire ne quittait pas son visage depuis que Teira avait bafouillé en lui répondant. Oui, définitivement, il avait compris. Ce qui était pour le mieux. Il préférait autant qu'il garde cette fraîcheur. Cette innocence, de même... Aussi longtemps qu'il pourrait la lui laisser. Le sourire s'évanouit. Il se débattait encore avec cette idée, les rares fois où il parvenait à y songer suffisamment. Les rares fois où il ne se perdait pas dans le fantasme de ce que cela pourrait être. Avait-il vraiment le droit de le toucher comme il le faisait? D'imaginer même qu'il pourrait faire autre chose? Qu'il pourrait... Il secoua discrètement sa main libre. Plia et replia les doigts. S'efforça de ne rien toucher. Heureusement qu'il ne pouvait pas affecter les êtres vivants. Il jeta un regard peu amène à la peluche perchée sur le dos du chien. Avoir une âme signifiait-il qu'elle était considérée comme vivante? Prendrait-il le risque de tester, alors qu'il comprenait bien ce qu'elle voulait. Protéger le Tailleur. Et elle avait raison. Il n'était qu'un loup dans un déguisement d'agneau. Prêt à tout pour défaire l'innocente brebis de sa blancheur immaculée.

Il songea d'ailleurs que s'il avait l'occasion d'en parler avec Tama... Il lui demanderait peut-être, pour le jeune homme, de ne pas hésiter à l'interrompre à nouveau. Il aimait bien trop ce qu'il avait déjà touché, effleuré. La perspective, même, de ce qui pourrait encore se presser contre son corps, contre ses lèvres. Cette réflexion ne lui avait pris que quelques instants. Boucle habituelle. Emotional rollercoaster. Avant qu'il ne redevienne le pétulant avocat. Celui qui pouvait jeter un regard taquin et s'exclamer, un sourire aux lèvres:

"Heureusement que je sais de source sûre que tu ne sais pas cuisiner, ou je commencerais à me poser mes questions..."

Le tout accompagné d'un clin d’œil. Torture ordinaire. Se rappeler à lui-même les raisons pour lesquelles il devait aller doucement. Pour lesquelles il se limitait. Pour lesquelles il essayait désespérément de NE PAS l'embrasser. Quel que soit le sens qu'il mettait dans ce verbe, par ailleurs. La lente caresse de cette main fine sur la sienne, rugueuse, couverte de cals dus à la guitare, à la batterie, à la boxe et au golfe, aussi. Comme un intrus dans cette liste, d'ailleurs. Tout pour ne pas penser à l'effet que ce rond mouvement lui faisait. Pour se concentrer sur tout sauf son cœur qui battait trop vite, et sur cette tentation, encore...

Parler du restaurant, bien sûr. Un endroit mignon, capitonné. Il n'y avait pas particulièrement d'habitude. N'y avait jamais amené de clients. De clientes, surtout. Aucune conquête. Un endroit où il emmenait Melody, parfois. Un endroit intime, pour lui. Une autre parcelle de sa vie privée, qu'il avait voulu lui montrer. Il hocha la tête à sa question. Il était déjà venu. Savait qu'ils avaient les meilleurs desserts qu'il avait jamais goûtés. Et un Yorkshire pudding à se damner. Ainsi qu'une cave des plus étendues... Il réfléchit quelques secondes. Teira était probablement un peu jeune pour l'alcool, si sa mémoire était bonne. Et s'il n'était pas habitué, il serait sensible. Et s'il était saoul, il serait vulnérable. Pas la peine de se compliquer, ou plutôt de se faciliter, la tâche. Qu'il ait au moins la possibilité d'opposer un minimum de résistance. Que Requiem l'entende ou non...

Il salua le gérant comme un habitué. Il savait. La carte sans les tarifs, comme d'habitude. Sinon, Melody faisait une vie. Non, c'était une blague, elle s'en moquait. Mais l'Avocat était un gentleman, encore un peu. Quelques restes épars. Et cela ne se faisait pas. Il l'accueillit d'une tape sur le bras pour ne pas lâcher la main de Teira. Il le vit prendre deux menus sur le zinc (un vrai) et les entraîner vers la table du fond. Il laissa s'échapper la main du jeune homme à contrecœur pour retirer sa veste, puis remonter les manches de sa chemise, offrant un saisissant contraste avec son veston très habillé. Par son col entrebâillé, la chaîne au bout de laquelle se balançaient des souvenirs était à peine visible sur sa peau pâle.

Il attendit que le jeune homme soit assis pour prendre place à son tour, ouvrant son menu alors qu'un serveur apportait une gamelle d'eau pour le chien. Requiem ne le regarda même pas. Il savait déjà ce qu'il prendrait. Mais c'était une excellente couverture pour continuer à dévorer des yeux, à défaut d'autre chose, celui qui lui faisait face. Il lui répondit d'ailleurs, sur un ton faussement nonchalant:

"Je viens de temps à autre avec Melody. Elle n'aime pas trop la foule, donc nous avons pris l'habitude d'avoir cette table reculée. J'espère que ça ne te dérange pas d'avoir l'impression d'être seul dans cet endroit clos avec moi."

Nouveau sourire, nouvelle lueur espiègle dans son regard. En réalité, c'était une véritable question. Il se demandait une nouvelle fois s'il avait fait ce qu'il fallait. Il essayait déjà désespérément d'arranger ses longues jambes pour qu'elle ne se glissent pas entre les pieds de la chaise de son vis-à-vis, comme il avait l'habitude de le faire. Ou pour qu'elles ne partent pas en exploration, plutôt. Il jeta un regard au menu pour vérifier quelque chose. Il n'avait pas enlevé le menu canin. Une bonne chose... Une bonne excuse pour recommencer à parler.

"Prends ce que tu veux, ne te restreins surtout pas. Comme tu le constates, Tomo ne mourra pas de faim non plus. Et tu devrais trouver de quoi te sustenter, entre les mélanges sucrés-salés, épicés, ou plus doux..."

*Requiem, ramène ton esprit sur un autre rail...* C'était difficile. Trop tentant. Il dissimula un petit rire en refermant son menu. Il s'apprêtait à commander les boissons, lorsqu'il se retourna vers Teira, visiblement très à l'aise dans cet environnement, dans ce rôle de décideur, d'être choyé et servi. Très naturel.

"Que souhaites-tu boire? Je ne pense pas que l'alcool soit une bonne idée... Aucun besoin d'avoir plus chaud ou de perdre un peu plus le contrôle, n'est-ce pas?"

Véritable inquiétude, dissimulée sous de l'humour, encore. Scène inhabituel, dans son quotidien régulier et facile. Beaucoup de questions. C'était agréable, en un sens, et dans un autre... Il se demandait vraiment comment Sid avait bien pu gérer l'horrible gamin instable qu'il avait été, tout en prenant chaque petite décision consciente, sachant pertinemment qu'il changerait sa vie à jamais...
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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Jeu 5 Déc - 15:26



Tomato, words, water and love, that's my menu ~

Lâchant à regret la main du musicien, Teira ne put s’empêcher de sentir une pointe de déception naitre en lui. Bien sûr, il savait que Requiem ne l’avait pas rejeté, qu’il ne l’avait pas lâché pour s’éloigner de lui, mais seulement pour retirer sa veste et s’assoir. Néanmoins, le Couturier ne put réprimer le flot de sentiment qui l’envahissait. Et cela n’alla pas en s’arrangeant. Une fois assis, son cœur fut pris d’assaut face à la vision que lui offrait son vis-à-vis. Les yeux du Tailleur ne purent s’empêcher de glisser sur la peau pâle qui se trouvait en face. Et puis… un coup de chaud le prit soudainement. Pas qu’il est eu des pensées… mal tournée dirons-nous, mais plutôt qu’il s’était rendu compte qu’il dévorait l’Avocat des yeux. Ils s’en étaient dit trop dans leur lettre, avoué trop de choses. Alors évidemment, pour un jeune garçon à peine majeur, se retrouver en face de l’homme, qui faisait bouillonnées ses hormones, était un tantinet éprouvant. Aussi pur et innocent soit-il, il restait un garçon !

Un peu honteux, il se plongea alors dans la lecture du  menu, bafouillant un merci lorsqu’un serveur amena à boire pour Tomo. Tant bien que mal, il lut rapidement les différents mets que proposait le restaurant, jusqu’à ce que la voix du plus grand lui fasse relever la tête.

-Je… n-non bien au contraire ! un grand sourire illumina son visage, malgré ses joues rouges. J’apprécie même plutôt beaucoup. J’avais peur qu’il y est trop de monde et que… qu’on ne soit pas en.. hrum « tête à tête » tu vois ?

Une fois de plus, le Couturier malmena ses lèvres sous la gêne. Il était loin d’être habitué à dire des choses aussi embarrassantes, surtout en face à face. Un peu nerveux Teira se frotta la nuque en lançant un léger regard à ses deux compagnon. Tama semblait se tenir tranquille, surement histoire de voir comment se débrouillait le Tailleur, tandis que Tomo relevait la tête de la gamelle d’eau qu’on lui avait apportée pour regarder son maitre.

-Oh.. euh.. oui merci ! C’est vraiment gentil d’avoir pensé à lui. Généralement on ne fait pas tellement attention au fait que Tomo m’accompagne partout. Je suis content que toi… Bah.. Enfin… tu t’en soit soucié. Ça me touche beaucoup…

Un sourire tendre étira ses lèvres. Vraiment, il tombait un peu plus sous le charme de l’homme qu’il avait en face de lui. C’était ce genre de petites attentions qu’il appréciait. Un peu comme une mère qui serait contente que l’homme dont elle s’est amouraché prenne en compte le fait qu’elle est des enfants. C’était assez similaire à la situation selon Teira. Mais passons.

Le Couturier allait répondre qu’il hésitait entre plusieurs plats, puisque tout avait l’air absolument succulent, mais la question de Requiem le stoppa net. Pendant un instant il resta là, sans bouger, en le fixant, la bouche légèrement entrouverte…

-Je.. bah.. euh.. c’est.. que…

Son pauvre cerveau avait un peu de mal à réagir. A démarrer même. Aucune phrase compréhensible ne sorti de sa bouche, tant l’idée que les choses pouvaient déraper ou bien que l’Avocat puisse perde le contrôle à cause de lui, lui embrouillait l’esprit. Evidemment les rougeurs qui coloraient ses joues ne quittèrent définitivement pas son visage. Bien au contraire.

C’est à ce moment-là : en voyant son compagnon en grande difficulté ; que Tama décida d’intervenir.

-Tu comptes faire le poisson rouge encore longtemps là ? C’que tu peux être benêt ! Répond lui avant qu’il ne te prenne vraiment pour un demeuré ! C’est évident que vous allez vous sautez dessus ! Alors arrête de paniquer comme un abrutit et rebranche c’qui te reste de neurone pour avoir un minimum de conversation ! On n’est pas sorti d’ce restau’ si tu restes là à bafouillé ‘spéce de Crétin fini !

La délicatesse de la peluche vivante eut au moins pour effet de faire sortir le Tailleurs de sa «transe », à défaut d’avoir été discrète.

-J-je suis désolé… il se passa la main sur le visage tout en riant un peu nerveusement. Je me comporte comme un idiot… il releva alors yeux vers Requiem. C’est juste que.. tu sais… qu-quand tu dis des choses comme ça… ça me fait perdre mes moyens…Et comme c’est la première fois… je sais pas très bien réagir. Excuse-moi… Tu dois me trouver bête et ennuyant.

Maladroitement il se gratta la nuque en affichant un petit sourire penaud, avant de se claquer doucement les joues.

-B-bon ! Pour te répondre, ouais.. je pense pas que l’alcool soit une bonne idée. J’ai les joues suffisamment rouge comme ça je pense, dit-il en riant légèrement. Et chaud aussi ! Et puis, j’ai pas tellement l’habitude d’en boire, je ne suis pas sûr de savoir si je le supporterais bien ou pas. Toi tu.. Tu as l’habitude ? Enfin… J’imagine que oui. T’es avocat tu bois p’t’etre avec tes clients non ? Genre, du vin ?

Et voilà que le Tailleur avait repris du poil de la bête, m’étant de côté sa gêne en quelque secondes ! Il voulait passer et surtout faire passer un bon moment à Requiem. Alors il parlait, il se laissait aller. De nature, Teira était quelqu’un d’assez bavard, et d’assez curieux, un peu comme un enfant en fait. Avide de savoir encore et toujours plus de chose.

-Tu as choisis ce que tu allais prendre au fait ? Tout à l’air super bon ! T’as un plat à me conseiller ? J’me laisserais bien tenté par une bonne entrecôte de bœuf ! J’aime beaucoup la viande rouge… Mais comme je sais pas tellement cuisiné je la rate tout le temps. Ça serait l’occasion d’en manger sans qu’elle soit grillée… Et sans risquer de mettre le feu quelque part.

Un nouveau rire s’échappa de ses lèvres alors qu’il s’agitait pour expliquer qu’il avait failli mettre le feu à sa maison en faisant cuire un steak et que depuis, il n’en avait plus jamais cuisiné. Puis le serveur arriva, interrompant le Couturier et ses gesticulations. Ce dernier répondit joyeusement ce qu’il désirait prendre, commandant aussi de quoi restaurer Tomo, qui avait l’air tout aussi impatient que Teira de manger.
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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Dim 8 Déc - 16:03

"Feeling hungry already, but longing for...

Dévorer des yeux est un passe-temps terriblement mal élevé. Requiem le sait. Le conçoit à tout le moins. Peine à se retenir de le faire, cependant. La fascination qui le saisit lorsque Teira se mordille la lèvre, sa main lorsqu'il se frotte la nuque, la rougeur de ses joues... Tout est observé avec minutie. L'avocat perd ses inhibitions au fur et à mesure qu'il le côtoie. Quel genre de dépravé peut-il bien être pour aller jusqu'à oublier l'endroit où il se trouve? Déjà, il a oublié ses restrictions premières et a fini par étendre ses jambes, chevilles croisées, sous la chaise du Tailleur, sans considération aucune pour la façon dont celui-ci devrait arranger ses propres jambes.

Il ne peut s'empêcher de lui sourire. Maelström d'émotions. Tout n'est pas qu'attraction malvenue. Le désir est mâtiné de tendresse, d'affection. D'une angoisse sourde. D'une envie de protection. D'une jalousie déjà violente qui lui tord les entrailles. Qui l'a déjà poussé à se mettre dans cet endroit. Pour qu'on ne le voit pas, qu'on ne les dérange pas. Dangereux. Il est facile de perdre les gens quand on n'est pas sans cesse avec eux. Quand on ne les a pas avec soi à tout instant. Même quand on essaie de se les attacher, en les gravant à même la peau, ils partent quand même. Longue liste d'abandons. Il n'est pas en reste cependant. Mais ce n'est pas le moment d'y penser.

Son sourire n'a pas vacillé. S'est simplement fait moins taquin. Plus tendre. Un peu plus triste. Puis vient la question. Il ne s'était pas attendu, cette fois, à cette réaction. Bien entendu, elle n'avait pas été innocente. Pas tout à fait. Ne l'était jamais. C'était un jeu, un réflexe, une inquiétude. Mais ça... Son expression se fait perplexe. Un sourcil se hausse, interrogateur. Ses prunelles brunes fixent le Tailleur rougissant. Il a à peine le temps d'entrouvrir les lèvres pour demander, essayer de comprendre. La peluche prend les devants, de sa façon brusque qui semble être habituelle. Rudes insultes. Insinuations bien trop véridiques.

Ses sourcils se froncent, mais pas de colère. Il se passe une main sur le visage, défait. Il appuie son menton dans sa paume et regarde la peluche, hésitant entre reconnaissance et agacement. Sa voix grave s'élève, presque un peu soulagée. Ses yeux se portent sur l'agaçant interlocuteur imprévu avec lequel il faudra, en définitive, composer:

"Il faudra que l'on discute un jour prochain, de ces interventions intempestives..."

Probablement pas pour lui dire d'arrêter, pour son bien ou non, d'ailleurs. Mais il a à peine eu le temps de parler que Teira éclate d'un rire gêné. Reprend la parole. Le coup est plus dur, cette fois. Mais il l'a cherché, il le sait. Il entremêle ses doigts, pose les mains sur la nappe blanche. Pas tout à fait. Il les fixe. Lutte contre la douleur. Il n'a pas vraiment envie de détruire la table. Finalement, le nom qu'il avait trouvé à son "don" lui allait bien. Corruption. Il l'avait jeté dans la confusion, exposant tout ce qu'il avait de plus... Il avait revêtu ses plus belles couleurs, comme un paon à la parade, pour se mettre en valeur, au détriment du jeune Tailleur. Pour ne pas avoir à se remettre en question. Il en arrivait même à oublier comment on pouvait avoir une conversation normale. Il était aussi troublé que le jeune homme. C'était une première pour lui aussi, même si sur des sujets moins... Ou plus délicats, au choix.

Il n'a pas besoin de se demander longtemps ce qu'il devait faire, ou dire. Quand son interlocuteur reprend la parole, il relève ses prunelles brunes sur lui, un sourire aux lèvres. Il peut enfin poser les mains sur la table sans crainte. Il n'a pas oublié. Il n'a rien résolu. Il a simplement tout refoulé pour se concentrer sur l'instant présent. Il hoche la tête à la question. Serre les mains pour ne pas promener ses doigts sur les joues brûlantes du Tailleur. Restriction. Un peu de savoir-vivre, que diable. Il ne tient pas longtemps. Pose sa paume contre sa joue, laisse glisser son pouce sur sa peau, puis retire sa main. Au diable le savoir-vivre, plutôt... Mais il avait voulu le rassurer. Il ne le trouvait ni ennuyeux ni stupide. Il le trouvait... délicieusement mignon. Il laisse un très léger grondement de frustration lui échapper alors qu'il détourne le regard, les oreilles subtilement rougies. Puis reprend contenance, presque.

Il se contente de passer la main dans ses cheveux, détruisant tout travail de coiffure pour exposer sa tignasse décolorée et complètement ébouriffée. Finit par s'accorder un vrai sourire amusé, qui le fait paraître un peu plus jeune, avant de répondre:

"Disons simplement que j'ai l'habitude de boire. J'ai eu une adolescence assez... débridée. Et plus de repas d'affaire que je ne saurais en compter. Et je ne me suis pas limité qu'au vin, malheureusement..."

Tous ses souvenirs de beuverie n'étaient pas bons, et il s'était retrouvé plus d'une fois dans des situations très... particulières, certains lendemain de soirée. Rien d'effrayant. Quoique... Mais il n'y avait pas eu que de l'alcool ces fois-là. Il laisse un petit sourire gêné affleurer à ses lèvres, puis se replonge dans l'écoute et l'observation attentive du jeune homme. Rit à la mention de son manque de compétences culinaires, et à l'anecdote. Bien. Une conversation normale. Essayer de rester sur cette voie. Il rend le menu au serveur, retient une remarque malvenue sur ce dont il avait véritablement envie, se contente de commander un plat épicé. Et, sans plus se soucier du personnel, reprend le cours de la discussion:

"Je crois bien que ça m'est déjà arrivé aussi, au début. J'étais à peu près toujours tout seul chez moi, et la jeune fille au pair avait préparé quelque chose que je n'aimais pas. J'ai voulu essayer de me préparer autre chose qu'un sandwich. Une catastrophe monumentale! La cuisine ressemblait à un champ de bataille... J'ai pris une correction dont je me souviens encore et j'ai fini par me faire préparer des repas par quelques filles du lycée..."

Pas l'épisode le plus glorieux de sa carrière. En souriant, il se laisse aller sur sa chaise, les bras croisées sur son torse. Il en aurait eu, des anecdotes de cuisine à raconter. Mais il n'est pas certain qu'elles plaisent à son jeune interlocuteur. Comme ce curry qu'il avait préparé chez Sid et qui... Non, définitivement, pas un souvenir qu'il avait envie de partager avec lui. Un petit rire lui échappe et il regarde, embarrassé, avec une pointe d'auto-dérision, le jeune homme:

"Je crains de ne pas avoir grand-chose d'intéressant à raconter, j'en suis navré. Tu me fais vraiment perdre mes mots, et c'est assez... perturbant. C'est aussi une grande première pour moi d'être dans cet état, et le résultat est plus que maladroit et navrant. N'hésite surtout pas à dire si quelque chose ne va pas, ou ne te plaît pas, vraiment..."

Pour qu'il n'en fasse pas qu'à sa tête. Ou à autre chose. Oui, vraiment, s'il peut faire ça, il évitera certainement une catastrophe. Il se demande vraiment s'il est prêt pour le défi que représente Teira. Ou s'il va simplement le "corrompre" et détruire quelque chose en lui. Son sourire est affectueux, peut-être un peu inquiet. Difficile à dire. Difficile de déchirer le masque d'un avocat...
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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Lun 6 Jan - 21:46




Ta jambe contre la mienne

Sans aucun remord, Tama jugea l’avocat d’un air « hautain » -autant qu’une peluche puisse avoir l’air hautaine du moins. De son point de vue, il n’avait absolument rien à se reprocher. Après tout il ne disait que la vérité, pour « aider » au mieux le Tailleur. D’ailleurs, pour répondre à l’homme aux cheveux décoloré, il ne prit pas plus pincette. Tama affirma « Sans mes interventions comme vous dites, votre discussion n’iraient pas bien loin avec ce mou du bulbe. Il est tellement gêner de vous faire face et tellement préoccupé par l’idée de finir dans votre lit que son cerveau surchauffe. Non mais regarder le ?! Vous feriez mieux de me remercier oui ! Pfff… Mais si vous voulez me parler, soit soit ! » Après ça, le plus petit de la bande se mit à ronchonner avant de se taire.

Bien sûr, les mots crus –et à moitié vrai- de la peluche firent grandement grandir l’embarras du Teira. Malgré ça, ce dernier réussit à passer outre, s’excusant de son comportement et fut bien décidé à profiter du repas et surtout de la présence de l’homme qui lui faisait face. Il essaye tellement d’oublier ce qui le préoccupe qu’il ne voit pas que l’Avocat est tout aussi troublé que lui. A dire vrai, il tente plutôt de ne pas le dévorer des yeux. Alors il prend son courage à deux mains et poursuit une conversation un tant soit peu normal en parlant comme à son habitude, de manière enjoué. Et puis, Requiem avait caressé son visage. Légèrement, le plus jeune avait appuyé sa joue contre la paume du plus grand, souriant timidement. Appréciant grandement ce geste, cette douceur. Il réprime un soupir de regret lorsque la main blanche se retire. Mais offre à son interlocuteur un regard plein de gratitude.

Ayant repris de l’assurance, Teira s’accorde même un petit sourire amusé en voyant les oreilles de l’Avocats, aussi rouge que ses propres joues. Sans un commentaire à ce sujet, le Tailleur profita de la vue que lui offrait l’homme décoiffé, avant de répondre un peu distrait.

-Oui… j’imagine bien.

Et ce n’était pas peu dire. Teira imaginait sans mal le bel homme qu’il avait devant lui boire à mainte reprise. Surement en charmante compagnie d’ailleurs. Et sa curiosité, ainsi qu’une pointe de jalousie, vinrent titiller son esprit. Avec qui avait-il eut l’occasion de boire ? Avait-il déjà été ivre au point d’aller avec la première, ou le premier d’ailleurs, venu ? Au point de ne plus se rappeler de ce qu’il s’était passé ? Comment était-il lorsqu’il avait bu ? Violent ? Hilare ? Pleurnichard ? Coquin ? A cette dernière pensée, le Tailleur se gifla intérieurement. Ce n’était définitivement pas le moment de retourner sur ce genre de chemin ! Heureusement, le Tailleur était bien décidé à profiter de leur tête à tête pour échanger au maximum avec Requiem. D’ailleurs le rire de ce dernier l’encouragea à continuer sur cette voie. A être naturel et aussi bavard et agité qu’à son habitude.

Il écouta avec attention ce que lui racontait l’Avocat, désireux d’en connaitre encore plus sur ce dernier. Un léger rire lui échappa alors que son esprit repoussait encore une fois pointe de jalousie qui revenait.

-J’ai du mal à t’imaginer « plus jeune », enfin… Cuisiner et mettre la cuisine sans dessus dessous. Tu es tellement class’, et puis de ce que tu m’as dit tu es bon cuisto’ alors… J’aurais bien aimé voir ça ! il ria de nouveau avant de reprendre. Hnnn quel chance ! Je serais presque jaloux de ses filles ! Mais bon, vu mon niveau je n’aurais fait que t’empoisonner si j’avais été à leur place… Te faire gagner une indigestion n’est certainement pas un bon moyen de gagner ton affection !

Rien qu’à l’idée Teira ne put s’empêcher de rire de nouveau. Heureusement qu’il était meilleur couturier, grâce à ça il avait eu la chance de se rapprocher de son vis-à-vis. Doucement, le Tailleur bougea sur sa chaise et effleura les jambes qui se trouvaient entre les siennes. Jusque-là, il n’avait pas remarqué que Requiem avait étendu ses jambes au point que ses pieds se retrouvèrent sous sa propre chaise. Avec une pointe de timidité qui se refléta, une fois n’est pas coutume, sur ses joues, Teira s’approcha innocemment pour que leur jambes soient en contact. Il espérait que ce geste ne dérangerait pas le plus âgé. Il regarda d’ailleurs l’homme qu’il avait en face de lui avec tendresse.

-C’est assez flatteur de faire perdre ses mots à un avocat… Mais tu sais, il te suffit de rester naturel. Si tu as envie de quelque chose ou de poser des questions, peu importe le sujet, je serais ravi d’y répondre ! N’hésite surtout pas non plus. Et puis je doute qu’il y est quelque chose qui me dérange, jusque-là tout va bien.

Un grand sourire barrait le visage de Teira, même si ses pommettes étaient toujours un peu rose. Et comme pour prouver qu’il était sincère, il tendit la main pour prendre celle de l’Avocat. Un nouveau contact, plein de douceur, pour combler son inquiétude.

-J’apprécie vraiment d’être ici, avec toi. Et j’ai envie d’en savoir d’avantage à ton sujet.

De nouveau, le coin de sa lèvre fut titillé par ses dents. Il espérait que l’Avocat se sentirait mieux. Plus à l’aise ? En tout cas Teira était réellement sincère dans ses dires et cela se voyait sur son visage. Il fut cependant un peu distrait lorsque le serveur amena un pichet d’eau et la gamelle de Tomo. Il le remercia en souriant légèrement avant de refixer son regard sur l’homme qui faisait battre son cœur.

-J’espère que l’on sera servi bientôt aussi… Je meurs de faim !





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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Ven 10 Jan - 15:11

"Les femmes n'ont pas le monopole de la tentation, après tout...

Les attitudes hautaines n'ont pas de secret pour l'avocat. Il en avait toute une panoplie, chaque expression adaptée à un public et à une circonstance particulière. Rien de surprenant, rien d'intimidant. Un peu de ridicule, même, mais il ne serait pas permis de rire au nez de la peluche. Il avait un service à lui demander, et se la mettre à dos dans ces circonstances n'était pas forcément une idée des plus brillantes. Et il se targuait d'être relativement éclairé, la plupart du temps. Même s'il ne l'a pas encore vraiment prouvé. Un retour d'hormones. Ou comment ne pas penser avec son cerveau mais plutôt avec son... euh... cœur? Il se contente donc de lui faire son sourire le plus brillant et avenant, celui qu'il réserve aux jurés récalcitrants, ou aux juges les plus renfrognés. S'il pouvait charmer une rombière... Enfin, une aimable juge bien trop âgée pour siéger encore où que ce fut, il pourrait charmer cette maudite peluche.

Mais il ne peut pas longtemps dévier le regard de l'objet de toutes ses attentions et, avouons-le, de tous ses désirs. D'autant plus qu'il a senti la pression de sa joue dans sa paume. Et il lui avait fallu plus de contrôle qu'il ne croyait en posséder pour résister à la tentation de se pencher par-dessus cette table pour, simplement, ravir ses lèvres. Mais il se retient, encore. Il a eu des années pour s'entraîner à ne pas laisser paraître ce qu'il pense véritablement. Et ce n'est pas une si mauvaise habitude que ça, même si ça a toujours rendu de nombreuses choses complexes. Mais il se contente d'écouter les remarques, le rire. Il se détend un peu, conscient que cette situation est étrange pour eux deux, et que c'est à lui de la rendre plus aisée pour le jeune tailleur. Il était censé être l'adulte responsable des deux, et ce n'était ni un rôle auquel il était habitué, ni un rôle qui avait l'habitude d'endosser. Cela demanderait de nombreux ajustements, d'un côté comme de l'autre.

Ainsi, il a du mal à l'imaginer jeune? Requiem laisse échapper un rire franc, avant de répondre, la voix basse et amusée, un large sourire aux lèvres:

"Rassure-toi, ce n'était pas beau à voir. Et d'après Melody, je n'ai pas beaucoup changé. Je fais juste semblant d'être civilisé dans des costumes d'excellente facture et parfaitement adaptés à ma morphologie, qui donnent l'impression aux gens qui m'entourent qu'ils traitent avec un adulte en pleine possession de ses moyens. C'est à peu près textuellement ce qu'elle ne cesse de me répéter."

Sauf la partie sur les costumes, bien entendu, mais il n'a pas besoin de le préciser, ayant simplement accompagné sa remarque d'un clin d’œil appuyé. Il passe distraitement le doigt sur le rebord de sa serviette encore pliée, appréciant la texture sous la pulpe de son index, avant de reprendre, un sourire taquin aux lèvres:

"Oh, tu aurais eu mon attention, à tout le moins, mais probablement pas celle qu'elles recherchaient. Et je suis à peu près persuadé qu'elles ne cuisinaient pas elle-même. C'est le problème avec le personnel de maison, parfois, il fait perdre l'envie de faire les choses par soi-même. Et puis il faut bien commencer quelque part. La cuisine c'est de l'art, un monde de sensations. Avec le bon professeur, tu n'auras aucun problème. Et, devine quoi? J'en connais un excellent qui ne vit pas très loin d'ici..."

Un mantra de calme et de contrôle, ou dix, lui sont nécessaires pour ne pas renverser la table lorsqu'il sent les jambes de Teira autour des siennes, sous la chaise. Un rapprochement initié par le Tailleur, comme cette main sur la sienne, sur laquelle il ne peut s'empêcher de faire courir ses doigts. Et une remarque sur laquelle il essaie désespérément de ne pas rebondir. Il peut faire ce qu'il veut, ça ne le dérange pas? Il tente de ne pas laisser ses pensées descendre cette gouttière très particulière. Il se contente de dégager ses jambes, les glissant autour de celles du jeune homme, puis les rassemblant. Entre les siennes. Là où il ne lui laisserait pas l'occasion de s'enfuir. Beaucoup mieux. C'est dangereux. S'il le considère déjà comme "sien", il risque d'être... envahissant. Un tantinet étouffant, aussi. Mais ce n'est pas le moment d'y penser. Même si ces dents, qui titillent ses lèvres, lui font se pourlécher les babines. Tout doux. Une chose à la fois.

Un regard rapide vers un serveur lui apprend que les plats approchent, en réalité, et il se contente de commenter, sans lâcher la main de Teira:

"J'apprécie également. Et la même chose est vraie. Si tu as envie de savoir quoi que ce soit, même s'il s'agit de mes épisodes de beuverie les moins glorieux, je te le dirai. Absolument tout, Teira..."

Et à peine le jeune homme a-t-il le temps d'exprimer sa faim qu'un serveur arrive et dépose leurs assiettes sur la table. A contrecœur, il laisse s'échapper la main du Tailleur, avant de déplier sa serviette sur ses genoux et de prendre ses couverts. Il ne regarde qu'ensuite le contenu de son plat, un curry qu'il sait délicieux. Mais il s'interrompt avant d'entamer, sa fourchette pleine suspendue entre la table et sa bouche. D'un habile mouvement de poignée, il la tourne dans l'autre sens, et l'approche du jeune homme:

[b]"Tu veux goûter?"

De quoi parle-t-il, au juste? Il n'est pas certain de vouloir préciser cette pensée, à cet instant...
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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Lun 13 Jan - 22:17



Un échange de salive ? C’est pas un baiser indirect ça ?  


L’aveu de Requiem fit rire une fois de plus le petit Tailleur. A ses yeux, l’Avocat n’avait rien d’enfantin, ou de « non-civilisé ». Bien au contraire... Enfin, de ce qu’il connaissait de lui du moins. Teira savait qu’il ne connaissait pas toutes les facettes de l’homme qu’il avait en face de lui, bien sûr. Après tout, malgré tout ce qu’ils s’étaient écris, le plus jeune n’avait pas la prétention de dire qu’il connaissait tout du caractère de son vis-à-vis. Mais disons qu’il avait du mal à se l’imaginer. Même si, en y réfléchissant, un « Requiem-qui-retourne-en-enfance-(ou du moins dans l’adolescence) » ne lui déplaisait pas tellement. Pas du tout même. Cela avait quelque chose « d’excitant » -sans connotation sexuel bien sûr !- .  Inconsciemment, il avait l’impression que le « vrai Requiem » était plus proche de lui. Et puis, la mention de sa sœur lui rappela quelque peu les remarques de Tama. En beaucoup moins vulgaire évidement, mais il lui semblait quand même qu’ils y avaient quelques similarité.

Pour changer, attentif aux moindres fait et geste de son interlocuteur, Teira ne put s’empêcher de se sentir quelque peu timide face au clin d’œil et au sourire qui lui étaient destinés. Et puis à ces mots qui le flattaient encore et toujours, qui le faisaient se sentir étrangement bien. Un peu euphorique peut être ? Cependant, ça n’empêcha pas le Tailleur de participer activement à la conversation, content que leur discussion prenne un chemin « normal ».

-Oui j’imagine… Il acquiesça légèrement tout en se grattant la joue. Enfin, personnellement, je n’ai jamais connu ce « problème »… L’orphelinat c’est pas vraiment l’endroit où l’on a des domestiques. Mais bon, ça n’empêche que je suis totalement nul pour la cuisine… C’est pas faute d’avoir essayé pourtant ! Il ria de bon cœur avant de reprendre. Vrai ? J’espère que ce prof’ est patient parce que je suis vraiment maladroit tu sais ! Et très gourmand… J’ai tendance manger avant que ça ne soit prêt.

Sur le moment il avait dit ça sans vraiment penser que le dit « professeur » n’était autre que son vis-à-vis. Après tout, Teira étant Teira, il ne comprenait pas tout de suite certaine chose. Jusqu’à ce qu’il se souvienne de leurs échanges. Leurs précieuses lettres. Dans lesquelles Requiem proposait de lui apprendre à cuisiner… Pendant un instant, le Tailleur se senti affreusement bête et s’empourpra d’avantage. Heureusement, cela n’avait duré qu’un court instant et puis l’idée que l’Avocat joue les profs pour lui apprendre à manier le fouet –à pâtisserie-  rendait Teira encore plus joyeux.

Et puis il avait sentis les grandes jambes de Requiem bouger. Un frisson lui avait alors parcouru l’échine, lui faisant légèrement presser ses doigts contre ceux, plus calleux, de son vis-à-vis. Ses jambes s’étaient trouvées entre celles de l’Avocat sans qu’il ne sache trop comment. Mais cela avait quelque chose de « réconfortant » dans un sens. C’était « stupide » selon lui, d’éprouver un tel sentiment et de s’emballer autant, juste parce que l’homme qui faisait battre son cœur avait décidé d’entourer ses jambes des siennes. Parce que oui, le pauvre cerveau du Tailleur marchait à 100 à l’heure ! Pour lui, ce simple geste avait énormément de sens. C’était un peu comme si l’Avocat voulait l’enlacer, le garder entre ses bras, se rapprocher de lui… Et qu’il se servait de ses grandes gambettes pour exprimer cette envie.

Enfin, ce n’était que les déductions de l’esprit enivré du Tailleur. Objectivement, Requiem avait pu aussi bouger seulement parce qu’il trouvait cela plus agréable, ou que l’initiative de Teira l’avait gêné… Mais bien évidemment, ce dernier préférait largement l’hypothèse number one : celle où l’Avocat voulait le garder pour lui.  D’ailleurs, les paroles, que son interlocuteur lui retourna, malmenèrent une fois encore son pauvre palpitant.

Il serait prêt à répondre à tout ? Il lui faisait confiance au point de répondre à n’importe quelles questions ? Même si elles étaient intimes, ou qu’elles concernaient une époque peu réjouissante de sa vie ? Teira fût à la fois affreusement heureux et soulagé. Il répondit alors en souriant de toutes ses dents qu’il était incroyablement reconnaissant de la franchise dont faisait preuve Requiem.

Quelque instant après, les plats leur furent servis, au plus grand bonheur du plus jeune qui avait véritablement une faim de loup. A regret, sa main quitta sa jumelle. Ses yeux se posèrent sur l’appétissante assiette qu’il avait sous les yeux. Et dans un bruit fort peu élégant son estomac gargouilla bruyamment.

-Ah… Il se massa le ventre d’un air penaud tout en riant légèrement. Je crois que mon ventre a parlé pour moi !

Rapidement il prit ses couverts, bien décidé à découper cette entrecôte qui avait l’air tout bonnement succulente, lorsque  que la question du décoloré lui fit relever les yeux, l’air interrogateur.

-Hm ? … Hein ? Ton curry ? Vraiment… Je peux ?

Un petit air gourmand se peignit alors sur le visage légèrement rougit de Teira. Il se pencha alors pour atteindre la fourchette qui lui était tendu. Avec une lenteur –non calculé- ses fines lèvres enveloppèrent le couvert. Il s’arrêta un instant, plongeant ses yeux rieur dans ceux de son vis-à-vis avant de se rassoir correctement, le contenu de la fourchette avalé.

-Hnnnnn ! C’est super bon ! Il se lécha les babines pour appuyer ses dires. Tu sais en faire aussi ?

S’il y avait possibilité d’apprendre à faire un curry aussi bon, il était preneur ! En fait il était prêt à apprendre à cuisiner n’importe quel plat tant qu’ils étaient bons et que Requiem était son professeur. Rapidement, il découpa un morceau de sa viande, bien décidé à partager lui aussi. Il tendit ensuite sa fourchette en se penchant de nouveau pour se rapprocher.

-Et toi tu veux gouter ? Demanda-t-il en penchant un peu la tête.

Il se rassit ensuite à sa place en souriant, et continua de découper sa viande. Une fois qu’elle fut entièrement en morceau, il déposa son couteau et commença enfin à manger.

-Au fait, Melody… elle a aimé la robe que je lui ai faite ?  

La question lui était revenu à l’esprit d’un coup, et il trouva l’instant approprié pour engager un nouveau sujet de conversation.





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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Lun 27 Jan - 13:16

"My mind's in the gutter, but my heart's right with you

Requiem a l'habitude de passer par un certain nombre de sentiments. Il se sait instable, ne s'en plaint pas vraiment, la moitié du temps, cependant... Malgré tout, il est assez rarement déconcerté. Il pourrait, avec les cas qu'il traite, tous plus absurdes les uns que les autres, défendus souvent par une accusation qui se base sur moins de faits crédibles que leur présence en ce lieu... Mais être déconcerté par cette naïveté qu'il découvre chez son interlocuteur. Non, s'il veut être juste, il sait que le jeune Tailleur est encore jeune et impressionnable. Et en un sens, il est émerveillé par le fait qu'il ne comprenne pas ce qu'il sous-entend. Ce qui le fait sourire et, tout à la fois, le fait se sentir encore plus coupable de ce qu'il lui fera. Parce qu'il sait, désormais et avec de plus en plus de certitude, qu'il ne saura probablement pas s'en empêcher. Il se contente donc, à nouveau, d'écraser ses pensées négatives sur lesquelles il aura tout le temps de revenir lorsqu'il sera seul, et lui sourit, attendri, avant de répondre:

"Malheureusement, il n'est pas très patient, mais il est très indulgent quand on lui demande gentiment..."

Les plats arrivent et une toute nouvelle torture fait faire de petits salto à son estomac. Il est tellement surpris et, légèrement, choqué par les images naissant dans son esprit à la vision de la bouche de Teira sur cette fourchette qu'il hausse un sourcil. Il sait que ses oreilles doivent avoir pris une teinte rosée plus qu'inhabituelle. Son sourire est encore un peu confondu lorsqu'il lui répond, la voix légèrement rauque:

"Je suis content que ça te plaise, c'est un des meilleurs plats d'ici. Le mien n'est pas tout à fait aussi bon, mais il ne se défend pas si mal, et ce n'est pas compliqué à faire, tu verras..."

Discrètement, il se racle la gorge, avant de se rendre compte que ses jambes se sont resserrées autour de celle du jeune homme. Il se détend légèrement, tente de se réinstaller confortablement sur sa chaise, et poursuit son repas comme il peut. Mais il passe bien plus de temps à regarder le tailleur déguster sa viande, par ailleurs succulente, comme il a lui-même pu le constater. Il a bien en tête une idée pour la rendre meilleure, mais il sait que ce ne sont pas des façons de se comporter dans un restaurant. Il sait déjà qu'il n'aurait pas dû faire courir sa langue sur sa fourchette dans l'espoir de goûter sa salive...

Un soupir inaudible lui échappe, et il prend une grande inspiration pour tenter de se vider la tête. C'est un repas, bon sang de bonsoir. Ce n'est pas son premier, ni son dernier, alors pourquoi, par tout ce qui était beau et bon en ce monde, n'arrivait-il pas à penser à autre chose qu'aux lèvres de Teira sur cette fourchette, ce lent mouvement de mastication, et le chemin de sa gorge alors qu'il avalait son repas?

Par chance, il fut tiré de ses pensées par un sujet neutre. Melody. Un léger rire lui échappa. Elle le sauvait bien plus qu'elle ne s'en douterait jamais, même lorsqu'elle n'était pas là. Il reposa sa fourchette dans son plat à peine entamé et se laissa aller contre le dossier de sa chaise, un sourire aux lèvres. Il se rappelait encore de la scène qu'elle avait faite quand il lui avait présenté la robe. La voix à nouveau pleine d'humour, il entreprit de lui raconter l'événement.

"J'ai été vertement réprimandé pour avoir osé commander un vêtement pour elle. Quelque chose aux alentours de 'Je n'ai pas besoin de toi pour m'habiller', vois-tu. Bien entendu, loin de moi l'idée de sous-entendre qu'elle s'habille mal... Quoique, c'est un miracle en soi que tu sois parvenu à faire une tenue qui irait avec ses chaussures."

Un vague geste de la main pour exprimer toute son opinion sur les bottes à semelle compensée et à larges boucles, avant de reprendre, encore plus ironique:

"Et donc, après avoir pesté contre moi, et claqué la porte de sa chambre en me maudissant de toutes les façons imaginables et en des termes que je ne répèterai pas... Elle l'a essayée, et je peux te garantir que malgré tout ce qu'elle te dira, elle a adoré. Sa mauvaise foi naturelle l'empêchera d'être honnête à ce sujet, donc je préfère te le dire."

Une petite blague qui lui arrache un rire. Il est probablement d'encore plus mauvaise foi qu'elle, mais il aime la taquiner à ce sujet. Quoiqu'il lui soit bien difficile de cacher ses affections, contrairement à la jeune femme. Quand Requiem aime, il aime trop, et quand il déteste... Des années d'entraînement lui ont appris à ne pas montrer ce qu'il n'aime pas. Le flegme anglais n'est pas totalement inné, à ce qu'il semblerait...

Il porte son verre d'eau à ses lèvres en suivant des yeux le serveur apportant le menu spécial de Tomo. Ses yeux bruns se fixent ensuite à nouveau sur Teira, suivant le moindre de ses mouvements, son propre repas oublié. Un instant, il réalise qu'il devrait combler le silence, tenter de dire quelque chose pour le mettre à l'aise, ne pas l'observer aussi intensément. Mais peu importe. Autant qu'il s'habitue au plus vite aux étranges lubies de l'avocat...
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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Jeu 30 Jan - 14:54



Ne jamais reveillé la peluche qui dort.  

–Ah je suis sûr que tu es trop modeste et que ton curry doit être aussi succulent que celui-ci! J’ai hâte que tu m’apprennes !

« Hâte », ce mot était à mille lieux de l’excitation qui parcourait Teira lorsqu’il s’imaginait cuisiner aux côtés de l’Avocat. Bien entendu, il savait d’avance qu’il serait maladroit, qu’il raterait probablement tout –ou presque- ce que Requiem lui demanderait, mais il s’en fichait éperdument. L’idée de pouvoir passer du temps avec son ainé, d’aller –pourquoi pas- faire les courses, pour ensuite se rendre chez ce dernier pour cuisiner, et enfin, dîner… Aux yeux du Tailleur ces simples petites choses semblaient incroyablement… merveilleuses ? Non ce n’était pas vraiment le mot que le couturier cherchait. C’était bien plus que ça pour lui. Comme un doux rêve qui se réalise. Quelque chose qu’il attend maintenant depuis quelque temps. Depuis le moment où il s’est rendu compte que l’homme à qui il écrivait, avait ravis son cœur.

Mais, il décide de repousser toutes ses pensées, et de se concentrer sur le repas. Ce n’était pas le moment de se remettre à rougir comme une écrevisse, et de ne plus réussir à articuler un mot, simplement parce que l’on pense à une possible, hypothétique, journée en « amoureux » ! D’ailleurs, lorsqu’il sent les jambes du plus grand se resserrer autour des siennes, un sourire timide étire ses lèvres. Il ne fait aucune remarque mais son visage parle pour lui : Il est heureux de cette « étreinte ».

Loin de s’imaginer les pensées de l’Avocat, Teira détaille une fois de plus son vis-à-vis, puis retourne à son assiette pour déguster sa viande avec appétit. Après deux ou trois bouchées, ses yeux se fixent de nouveau dans ceux de son interlocuteur, pour demander comment sa robe avait été reçue. Il fallait dire que le portrait qu’avait fait Requiem de Melody laissait penser que cette dernière aurait pu… « Mal réagir » à l’initiative ? Se vexer ? Avec attention, le couturier écouta donc le récit de l’Avocat, et se permit un léger rire à l’idée que ce dernier est pu être sermonné.

-Décidemment… Ta sœur a l’air d’avoir un sacré caractère ! Mais bon, tant que la robe lui plait… C’est l’essentiel, même si je suis désolé pour toi qu’elle t’ait disputé à cause ça… Dit-il un sourire amusé scotché sur le visage. Tu sais, de ce que tu m’en dis, je trouve qu’elle ressemble sensiblement à Tama ! Elle fait attention à toi à sa manière, elle rouspète même quand quelque chose lui plait… Et elle est de mauvaise foi, apparemment !

A la dernière remarque, un petit « hrum hrum » fit baisser les yeux du Tailleur vers la source du bruit. La peluche qui s’était tenu tranquille jusqu’à maintenant lui lançait un regard torve… Du moins, aussi menaçant que peut être le regard d’un boule de tissu et de coton. Visiblement vexé, il n’appréciait pas les commentaires que le couturier avait faits et ne manqua pas de le faire signaler à ce dernier.

-T’insinue qu’j’ai pas bon caractère ? Moi ? Tsss ! J’retiens. Attend voir que j’raconte à ton avocat-chéri toutes les conneries que tu débites et qu’tu fais ! T’auras d’quoi avoir honte tiens, tu feras moins l’malin !

-… ah, ah, ah, un léger rire nerveux lui échappa. … Ca va pardon, pardon.. c’était pour rire.

Pour toute réponse, il eut un simple « hmpf » suivit d’un grommèlement, qui ressemblait fort à « mauvais caractère, j’t’en foutrais des mauvais caractères moi ! ». Un peu embarrassé, le Tailleur reporta son attention sur le plus âgé, lui adressant un petit sourire désolé tout en se grattant la nuque.  Son regard se posa ensuite sur le serveur qu’il remercia, puis sur Tomo.

-Ah, il a l’air d’apprécier autant que nous son repas !

Il replongea ensuite dans son assiette, qu’il avait déjà à moitié vidé, ne remarquant pas vraiment le regarde qui pesait sur lui, bien trop gêner. Après quelque instant, il releva la tête, une question titillant un peu sa curiosité. Il hésita une fraction de seconde, avant de baisser les yeux, essayant d’avoir l’air le plus détaché possible –même si ses joues redevenu rose le trahissaient-.

-Et au fait… Melody, elle savait que.. Qu’on allait se voir ? Enfin, tu lui avais parlé de moi ?  

Tant bien que mal, il essayait d’avoir l’air neutre, comme si il venait demander à Requiem s’il aimait le chou-fleur. Alors qu’en vérité, cette question était pour le moins  importante pour lui, même si elle était peu embarrassante. C’était une manière de confirmer que l’homme parlait de lui à son entourage, qu’il « l’incluait » en quelque sorte dans sa vie de tous les jours. Et il pria intérieurement pour que la réponse soit positive, et que la question n’ait pas dérangé son interlocuteur. Mais après tout, ce dernier lui avait bien dit qu’il pouvait tout lui demander non ? Alors…

-Ah oui tiens ! En parlant d’ça !

Teira tourna immédiatement la tête vers Tama qui venait de reprendre la parole, sentant la catastrophe venir.

-On va rester ici combien de temps ? Parce que c’est bien beau, mais où est c’qu’on crèche nous ? Tu nous héberge l’décoloré ? Dit-il en s’adressant au plus âgé.

-Tama ! La ferme ! On s’invite pas comme ça chez les autres !

-Déjà, c’pas à toi qu’je parle. Et puis… C’pas « un autre », et c’lui qui voit non ? C’tout benef’ pour vous en plus, vous pourrez passer votre temps à vous bécotez et à… faire c’que vous voulez faire ensemble, cuisine, claquette, c’que vous voulez… J’vois pas d’soucis ? Pas vrai l’avocat ? Non parce que la tente ça va bien 5 minutes mais quand même !

Désespéré. Il était désespéré. Sa main s’aplatit sur son visage dans un long mouvement las. Pourquoi avait-il fallu qu’il emmène Tama pour une journée si importante. Durant leur dialogue, le Tailleur n’avait pas osé rencontrer les yeux de l’homme qui lui faisait face, de peur de voir quelque chose qui ne lui plairait pas. Sa main glissa le long de son visage pour se poser sur sa serviette, il inspira un bon coup avant de reprendre la parole à l’adresse de son homologue.

-Désolé pour ça… encore, soupira-t-il. Ignore le, et te sens pas du tout obligé de nous inviter ou quoi hein. On a la tente et au pire on se prendra une chambre d’hôtel.





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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Lun 3 Fév - 20:04

"C'est une invitation?

Un sacré caractère. Un bel euphémisme pour définir l'esprit contestataire de sa petite sœur. Il ne fallait pas oublier que c'était aussi une sacrée tête de mule, et qu'elle pouvait montrer une mauvaise foi exemplaire. Ce que Teira ne manque pas de mentionner, en tirant un parallèle intéressant avec Tama. L'avocat étouffe un petit rire alors que la peluche commence à pester. Il attend une pause, savourant l'air gêné du jeune homme, avant de glisser avec humour:

"Généralement, j'évite de le lui dire en face, ça a tendance à provoquer exactement le même genre de réaction. Comme quoi, tu as raison, ils doivent se ressembler..."

Fortement amusé, il se tourne ensuite vers la peluche, avant de lui glisser:

"J'écouterai ces histoires avec plaisir. Après tout, tout ce que je peux apprendre sur Teira est bon à prendre..."

Un sourire charmeur en direction de la peluche, puis son regard revient se poser sur le jeune tailleur embarrassé. Le menton posé dans le creux de sa main, le coude posé sur la table, il se rend compte qu'il apprécie cette expression grandement. Et qu'il espère avoir rapidement l'occasion de la revoir rapidement et fréquemment. En de nombreuses circonstances. Une fois encore, il s'efforce de sortir de cet état d'esprit, essayant simplement de s'imaginer une journée agréable, passée ensemble. Seuls. Un rêve qui n'a que peu de chance de se réaliser, lorsqu'il regarde les compagnons du jeune homme.

Il ne le quitte pas des yeux alors qu'il relève la tête. Sa question le surprend quelque peu. Haussant un sourcil, il lui sourit, le menton toujours posé dans sa main, la voix basse et tendre:

"Comment aurais-je pu ne pas lui en parler, quand vous êtes tous deux si import..."

Pour être interrompu par la peluche, à nouveau. Il se redresse, l'air surpris, un sourcil haussé. Après tout, l'expérience prouvait que Tama avait un passif d'offenses diverses et variées. Cela ne manque d'ailleurs pas, et l'étonnement de Requiem croit au fur et à mesure des paroles du jeune ami de coton et de fil. De fait, il n'a même pas le temps de répondre qu'évidemment il prévoyait de les héberger, n'aurait-ce été que pour passer un peu plus de temps avec Teira, du moment que personne ne dérangeait l'atelier. D'autant plus qu'il n'avait pas le choix, puisque Melody voulait à tout prix le rencontrer. Bien entendu, les a-côtés évoqués, et la proximité induite par le nombre réduit de chambres dans la maison à étage.

Il suit le cheminement de la main du tailleur le long de son visage, et il tend le bras pour mêler leurs doigts. Il le regarde, les sourcils un peu froncés, l'air faussement vexé:

"Ce que je vais finir par mal prendre, c'est le fait que tu proposes d'aller à l'hôtel et que tu aies même douté que tu dormirais chez moi. Je n'ai jamais imaginé que tu pourrais aller ailleurs..."

L'air vexé disparaît alors qu'une pensée émerge dans son esprit. Il a refusé d'y penser jusque-là, mais ce serait cohérent, bien entendu. Il se demande d'ailleurs comment il a pu laisser cette idée de côté. C'est pourtant logique. Il cherche simplement une façon de ne pas s'y trouver forcé. Il pense qu'il va trop vite, ou il n'a simplement pas envie d'envisager... Un petit sourire triste étire ses lèvres, et il laisse la main du tailleur s'échapper:

"Sauf si tu préfères aller à l'hôtel, bien entendu... Je... je comprendrais... si c'était le cas."

Il n'apprécierait pas, en revanche. Il a déjà l'impression de sentir son estomac se retourner et son cœur se serrer à cette simple perspective. Comme s'il avait besoin de cela pour se rendre compte qu'il ne pourrait déjà plus se passer de sa présence. Il inspire profondément, tentant de calmer son esprit en ébullition. Il gère mal ce genre de situations, il le sait déjà. Pourtant, il semblerait qu'elles ne cessent d'avoir lieu. Il se racle la gorge, reprenant contenance, et désigne l'assiette de Teira d'un geste du menton, pour changer de sujet, levant la main pour appeler un serveur:

"Tu as terminé? Nous pouvons passer au dessert?"

Tout pour ne pas penser que, peut-être, le jeune homme lui annoncera qu'il préfère qu'ils en restent là...[/b]
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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Ven 7 Fév - 18:51



Petit lapsus qui en dit long…

Une petite moue s’était formée aux paroles de Requiem lorsque ce dernier s’était adressé à Tama. Il ne manquerait plus que son compagnon raconte à l’homme, qu’il aimait, toutes les petites choses qu’il avait fait et dont il avait honte ! La couleur de ses joues de partirait jamais si jamais cela arrivait, il en était sûr. Mais la peluche ne sembla pas se soucier du Tailleur une seule seconde. Il promit même à l’Avocat de lui raconter toutes les frasques qu’avait commises le couturier ! Au grand désarroi de ce dernier. Néanmoins, même si il éprouvait énormément de gêne, il fut absolument ravi de voir son vis-à-vis s’intéresser ainsi à lui. Même si c’était pour découvrir toute la bêtise dont il était capable, ou des choses totalement inavouables… -Comme certain réveil un peu trop honteux, après avoir rêvé intensément de l’homme avec qui il correspondait-.

Son pseudo masque « neutre » -qui ne l’était pas tant que ça au final, surtout face à l’Avocat- tomba rapidement. Encore plus rapidement qu’une pierre au fond d’une piscine. Le depuis de la réponse de Requiem avait enflammé ses pommettes « comment aurait-il pu ne pas lui en parler » ? Ca sonnait incroyablement bien à ses oreilles ! Jusqu’à ce que l’autre intervienne, interrompant l’homme aux cheveux décolorés, au grand damne de Teira. Ce dernier incendia immédiatement son petit compagnon du regard, lui demandant ensuite de se taire. Bon dieu qu’il était gêné ! Et encore… Gêner était un mot faible ! Si il avait su, il n’aurait jamais laissé Tama l’accompagner ! Il l’aurait enfermé chez lui, quitte à ce que la peluche lui fasse la tête pendant 3 mois après…

Alors que sa main passait avec lassitude sur son visage, le Tailleur senti les doigts calleux s’entremêler au sien. Un simple contacte qui l’électrise littéralement, si bien qu’une multitude de frisson parcourent  son corps en quelques secondes. Il n’osait vraiment pas imaginer comment son corps réagirait si Requiem posait plus que ses doigts sur lui… Cependant, il ne s’étend pas sur le sujet. Le visage « vexé » qui lui fait face le préoccupant beaucoup plus. Ses yeux s’écarquillent légèrement alors que ses lèvres s’entrouvrent pour bredouiller quelque chose d’incompréhensible. Son visage vire écarlate, tellement la perspective que le plus âgé veuille de lui sous son toit le rend heureux. Jusqu’à ce que ce dernier affiche ce sourire qu’il qualifiait de… triste ? Teira n’avait jamais été doué pour déchiffrer les visages, mais en tout cas, il était clair au vu des paroles qui suivirent que l’homme se trompait sur ses intentions. Et lorsqu’il le senti retirer sa main, le couturier fut pris de panique. Pendant un instant il resta tétanisé, son cerveau un peu lent ayant du mal à réagir. Jusqu’à ce le plus âgé décide de changer de sujet. Teira se réveilla alors, comprenant le malentendu qui venait de s’installer, et qu’il devait absolument dissiper !

-N-non ! Il déglutit en se rendant compte qu’il a parlé un peu trop fort. Il rattrapa les doigts qui s’étaient enfuit pour les serrer une nouvelle fois entre les siens, Requiem c’est pas… C’est pas ça ! Tu te trompes… Je… J’ai super envie de dormir dans ton li-chez toi !

Le Tailleur se mordit la langue devant ce lapsus révélateur… Espérant que son interlocuteur ne l’ait pas relevé. Il souffla un bon coup avant de regarder son vis-à-vis dans les yeux, attirant de nouveau la main de celui-ci vers son visage, frôlant sa peau pâle de ses lèvres sans vraiment sans rendre compte, alors qu’il baisse la tête sous l’embarras.

-J’ai envie de dormir chez toi… Evidemment que j’en ai envie ! Mais ce n’était pas à Tama de s’inviter comme il l’a fait. Je me suis dit que… Si jamais, tu ne pouvais pas m’accueillir, ou que Melody ne voulait pas d’un inconnu chez elle ou… ou que tu ne voulais pas de moi bah… J’irais dormir autre part… Mais j’ai vraiment, vraiment très envie tu sais… Il releva un peu la tête en se mordillant la lèvre de gêne, après sa déclaration, avant de planter son regard dans celui de Requiem.J’ai sincèrement envie de passer le plus de temps possible avec toi… Alors ne croit pas que je ne veuille pas ou quoi d’accord ! Mais bon… Comme Tama l’a demandé comme ça, je ne voulais pas que tu te sentes obligé… Un petit sourire étira ses lèvres alors qu’il posait sa joue sur dos de la main de l’Avocat. Mais, si tu avais l’intention de m’inviter dès le départ… Je serais ravi de venir.

Ce fût un immense sourire qui illumina le visage de Teira une fois sa tirade terminé. Il espérait avoir réussi à rassurer l’homme qui faisait battre son cœur. Sans lâcher les doigts du plus âgé, Teira reposa sa main sur la table.

-Hrum… Pour le dessert.. Euh… Tu me conseillerais quoi ? Tu veux qu’on en partage un ? Genre… Un banasplit pour deux ?






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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Dim 9 Fév - 2:38

"Je ne serai pas toujours à même de me retenir...

Les perspectives intéressantes s'étaient enchaînées, pourtant. Ce qu'avait proposé Tama, le bon repas, l'idée de passer une journée, une soirée, un dîner, une nuit... Ou pas, d'ailleurs. Il se demande encore s'il aurait véritablement décidé, véritablement pris la décision consciente, de lui faire ça si rapidement, de... le bouleverser à ce point. Alors qu'il pouvait être incertain, douter de sa volonté de s'engager. D'un autre côté, Requiem n'est pas certain non plus qu'il lui aurait été possible de résister, s'il avait la possibilité de contempler l'alliance de Teira et de son lit dans une même image, et sur un plan horizontal.

Bien entendu, son humeur a grandement changé après cette intervention de la peluche. Après qu'il ait retiré sa main, après qu'il ait fini par comprendre qu'il avait eu tort en imaginant que le jeune homme pouvait avoir le même genre d'idées que lui. C'est normal, d'un autre côté. Il n'a pas l'expérience. Il n'a pas d'expérience, point. Ce doit être effrayant, en un sens. Il se souvient que lui-même, quand il a dû faire le choix d'aller voir Sidney après la nuit où il avait été simplement trop... ailleurs pour véritablement se rendre compte de ce qui se passait, ç'a été éprouvant. Un vrai choix, et pas uniquement une chose sur le moment. Cependant, il n'avait jamais eu la certitude qu'il s'agissait de sa seule possibilité. Et il subissait la pression... Une pression multiple. Ses parents, ses amis, l'école, les clients, le cabinet...

Il prend une grande inspiration alors qu'il enferme ses souvenirs, ses sentiments et ses désirs dans une boîte mentale qu'il ferme à triple-tour. Ses yeux bruns se relèvent rapidement, écarquillés de surprise, en entendant le "Non" retentissant du tailleur. Une seconde, il se demande ce qu'il refuse, avant que sa main ne se pose sur la sienne et qu'il ne poursuive. Il entend presque véritablement le son que fait le premier loquet alors qu'il saute, dans son esprit. Certaines choses sont dangereuses à dire, et les lapsus, révélateurs, qui plus est, ne sont pas bons pour son contrôle et sa santé mentale. Ses dents qui lui mordillent les lèvres, puis cette même bouche sur ses doigts, sur sa main. Il en tremble presque alors qu'un second cadenas disparaît dans les méandres de son esprit bouillonnant.

Il avait mal compris. C'est comme... Une épiphanie pour lui. Un sentiment chaud et rassurant qui dénoue le nœud dans son estomac. Qui fait battre son cœur plus vite. Trop vite. Un kaléidoscope d'images de Teira et de sa chambre est retenu par la dernière serrure. Celle-ci tient bon. Il veut dormir chez lui. Il veut dormir "dans son lit". Il prend à peine le temps de murmurer:

"Melody meurt d'envie de te rencontrer et il n'y a que deux chambres."

Il n'est pas forcé de rajouter cette précision, mais il avait bien voulu lui faire comprendre qu'il avait saisi le message, et le sous-entendu. Détendre l'atmosphère en mettant le tailleur mal à l'aise, légèrement? Peut-être, également, oui. Un sourire tendre et sincère étire ses lèvres alors que le jeune homme pose sa joue contre sa main.

"C'est décidé alors, vous êtes tous les bienvenus chez moi ce soir. Et aussi souvent que tu le voudras, même si tu arrives à l'improviste."

Et d'une façon surprenante, la combinaison de leurs mains enlacées et de se sourire resplendissant firent s'envoler en fumée la dernière restriction qu'il s'était imposée. La dernière contrainte qu'il posait entre ses propres sentiments et ce qui lui avait été inculqué en termes de comportement décent à avoir en public. Il ne lâche pas sa main mais, avant même que le jeune homme ne termine sa phrase, il a ramassé ses pieds de son côté de la table, le supportant alors qu'il se lève et se penche par-dessus la maigre barrière de bois, sa deuxième main se glissant dans les cheveux du tailleur.

Il pourrait s'appuyer sur la table, mais son orgueil et une volonté certaine de faire montre de sa force le poussent à ne compter que sur la puissance de ses muscles abdominaux. De plus, un sursaut de son insécurité l'empêche de donner à Teira la possibilité de s'esquiver alors que sa bouche se pose sur la sienne, avide, demandeuse. Sa langue caresse sa lèvre inférieure, celle qui le tente depuis qu'il l'a vu, celle qu'il tourmente sans cesse de ses dents, à chaque instant de gêne.

Un dernier baiser léger, à peine un effleurement, une pression de ses doigts sur la main du tailleur et il se rassoit, replaçant ses grandes jambes autour de celles de l'homme qui a volé son cœur, sous le regard mi-réprobateur mi-amusé du serveur qui a approché de la table. Il lui adresse un sourire ravageur, tentant encore de remettre ses hormones en place, avant de prendre la parole:

"Un banana-Split pour deux. Et nous avons terminé avec le plat de résistance."

Il adresse au jeune tailleur un regard qui en dit long sur le fait qu'il a un tout autre menu en tête, puis ferme les yeux, prenant une grande inspiration. Quand il les rouvre, ses prunelles plus orangées que brunes sous l'effet du feu qui brûle en lui, il est un tantinet plus calme. Sa main ne quitte pas celle de Teira, et il reprend la parole, et la conversation, sa voix basse un peu rauque et ses oreilles d'un rouge flamboyant:

"Parle-moi, Teira. N'importe quoi, quelque chose de neutre... Ton voyage? Comment s'est-il déroulé? Pas de problème dans le chat-bus?"

Le contrôle. Il avait lutté si longtemps pour en avoir un semblant, mais vingt-quatre ans de flegme semblaient s'envoler en présence de cet homme-là...
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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Mer 12 Fév - 17:07



Un bon moyen de ratatiner un cerveau

Les paroles de Requiem enflammèrent un peu plus les joues de Teira. Déjà, parce qu’il se rendait compte que son vis-à-vis avait très bien entendu son petit lapsus, mais qu’en plus il lui signifiait bien qu’il allait dormir dans sa chambre. Dans son lit. Et ensuite, parce que savoir que Melody avait envie de le rencontrer l’intimidait énormément. Néanmoins, il fût extrêmement soulagé de voir un sourire étirer les lèvres de son interlocuteur. Ravi d’avoir pu dissiper le malentendu, d’avoir rassuré l’homme qu’il aimait.  

-D’accord… Je te prends au mot hein. Je risque de venir te rendre visite souvent…Répondit-il avec un petit rire.

Alors qu’il allait enchainer, continuer de blablater, Teira se tût momentanément en voyant le plus âgé se déplacer. Pendant un instant il ne comprit pas vraiment ce que l’autre faisait. « Pourquoi se leve-t-il ? Est-ce qu’il va partir ? Pourquoi cette caresse me fait elle autant frissonner ? Comment Requiem fait-il pour se pencher de la sorte sans se retenir à rien ? » Des questions que le Tailleur n’eut pas le temps de se poser, bien trop préoccupé à admirer les fait et gestes de l’Avocat, à savourer cette main qui passait dans sa chevelure… Son cerveau avait décidé de se mettre en pause. D’ailleurs tout son corps avait cessé de bouger. Et lorsque que le visage du plus grand arriva à quelque centimètre du sien, le couturier cessa même de respirer. Son cœur tambourinait dans sa poitrine comme si il venait de courir un sprint…. Jusqu’à ce que les douces lèvres du plus grand se joignent aux siennes. Un soupir lui échappa sous l’émotion. Son palpitant rata un battement alors qu’une nuée de frisson parcourait l’intérieur de son corps. Un flot de sentiment différent le traversa : La joie intense de sentir l’être qu’il aimait lui accorder un tel geste, la gêne face à son premier vrai baiser, la peur d’être maladroit, de ne pas être à la hauteur. Cependant, il ne se penche pas vraiment sur tout ça, son esprit envolé à des milliers de kilomètres de là ne lui permettait pas de réfléchir, et lentement ses yeux se fermèrent pour savourer leur contact. Sa bouche s’entrouvrit légèrement sous la langue quémandeuse, et timidement sa jumelle vint la retrouver.

Bien trop vite à son gout, Requiem se redressa et se rassit. Et instinctivement, Teira se lécha légèrement les lèvres, cherchant le gout de l’Avocat. La pression de sa bouche contre la sienne qu’il avait encore l’impression de sentir…. Le Tailleur avait du mal à s’en remettre d’ailleurs, de ce baiser. Sa tête était en feu –tout comme le reste de son corps en fait-, son cœur ne semblait pas vouloir se calmer, et son cerveau ne semblait pas vouloir se reconnecter. Il ne vit même pas que le serveur est là ni le sourire que Requiem lui adressa, il n’entendit pas non plus sa commande. Non, il restait là, le souffle cour, trop d’émotions qui l’empêchaient de vraiment réagir. Et puis, après quelque seconde, un sourire commença à se former sur son visage cramoisi. Un sourire de bonheur, un peu niais, béat même. Sa main, légèrement tremblante, passa sur son visage sous l’embarras, n’arrivant pas à se remettre de ce qui venait de se passer. Ses doigts effleurèrent un instant sa bouche avant de se rendre compte qu’il avait totalement décroché de la réalité. Puis la voix du plus âgé fini de dissiper les dernières brides de brouillard qui avaient élu domicile dans son esprit. Il posa alors ses yeux sur son vis-à-vis.

-P-parler de… de moi ? Euh.. je.. euh.. Un rire embarrassé s’échappa de ses lèvres, alors que sa main passait nerveusement dans ses cheveux. Bah.. hrum.. Mon voyage c’est passé.. Normalement y’a pas grand-chose à dire… Enfin… Oui c’était normal !

Ses propres bégayements le firent rire une nouvelle fois. Il avait conscience que son sourire n’arrivait pas à disparaitre de ses lèvres, et qu’il devait avoir l’air profond imbécile heureux, mais dans le fond, il s’en fichait. La seule chose à laquelle il pensait, c’était « Il m’a embrassé ! Il m’a embrassé ! ».

-Excuse-moi, je suis un peu… Un nouveau petit rire, qu’il essaye de contenir en se mordant la lèvre, lui coupa la parole. Il prit une grande inspiration avant de reprendre la parole : C’est la première fois que… Bon bref ! Sujet neutre donc ? Hrum… J’ai amené quelques projets en cour. J’aimerais bien te le faire voir. Tu pourrais peut être me donner ton avis ? Ou euh… des idées ? Y’a des trucs plutôt marrant…

Son regard vagua un instant ce qui les entourait et il se rendit compte que le serveur revenait en leur direction, les mains chargées d’un plat de dessert. Le Tailleur remercia timidement l’homme qui leur apportait le bananasplit, avant de replonger son regard remplis de joie dans celui de Requiem.

-Je sais que c’est moi qui l’est proposé mais… Je t’imagine, enfin de compte assez mal te gaver de glace, chocolat et chantilly.

Comme pour le défier, Teira prit une bonne cuillérée du dessert et la tendit à son vis-à-vis, un petit sourire au coin des lèvres.






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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Lun 17 Fév - 15:55

"J'en mangerai avec plaisir... Je parle du dessert, bien sûr.

Avec délectation, Requiem observe la rougeur brillante des joues du Tailleur, sa langue qui parcourt ses lèvres comme pour y recueillir les derniers vestiges de leur échange. C'est un jeu dangereux, pour lui, que de se concentrer sur cette bouche convoitée, sur l'objet de son désir et de son amour. Alors qu'il doit se calmer, évacuer la pression qui s'accumule dans son cœur, dans son corps. Une nouvelle fois, il se demande s'il a pris la bonne décision en lui proposant de venir chez eux, en offrant, avec tant de légèreté, de l'accueillir dans sa chambre. Peut-être était-ce plus de tentations qu'il ne pourrait en supporter.

Mais malgré toutes ses réflexions, il ne peut empêcher un sourire aussi resplendissant que celui du jeune homme d'étirer ses lèvres. Parce qu'il le voit heureux, et se trouve donc heureux lui-même. Et parce qu'il sait, au plus profond de lui-même, qu'il ne souhaite que cela. Même si, à cet instant précis, ce n'est pas vraiment au bien-être de l'âme de Teira qu'il pense. S'il s'écoutait, il le condamnerait à l'enfer dans la seconde, ici-même. Non, définitivement, pas la meilleure des idées.

Il suivit le mouvement de la main du jeune homme le long de son visage, tenté de faire la même chose pour se calmer. Pour essayer de penser à autre chose que la sensation de ses cheveux, qu'il avait encore l'impression de sentir sur sa main, de sa chaleur, qu'il pouvait presque encore ressentir, de son souffle, qui l'avait effleuré. Mais cela ne l'empêche pas de se concentrer sur ses paroles, sur son rire. Nerveux, si nerveux. Il est celui qui lui a demandé de lui parler de son voyage, et pourtant, ça ne sert à rien. Il ne peut que repasser cet instant délicieux dans son esprit, le ressasser, encore et encore. Alors même qu'un insidieux soupçon naît.

Soupçon malheureusement rapidement confirmé. Son premier baiser. Comment a-t-il pu faire une chose pareille? Au débotté? Sans aucun romantisme, simplement pour satisfaire son désir égoïste. Oh, bien entendu, il n'est pas aveugle ou sourd, au point de n'avoir pas remarqué les réactions... favorables... du jeune homme. Cependant, il a l'impression d'avoir tiré profit de sa vulnérabilité, de son innocence, de ses ouvertures. La naïveté est le grand fléau de leur époque, selon lui. Si facile à manipuler, qu'il en ait envie ou non. Son métier n'est-il pas très exactement d'abuser de la moindre ouverture?

Il inspire profondément, des relents de la fragrance si particulière et si désirable du Tailleur remontant jusqu'à ses narines. Des projets. Il en a des tonnes, de projets. Mais il lui faut un certain temps pour réussir à comprendre qu'il parle de vêtements. Oui, bien sûr. Son travail. Un terrain neutre, un sujet neutre, rien de sensible, rien de... tentateur. Il lui sourit, alors que le serveur commençait à poser le banana split sur la table:

"J'adorerais pouvoir voir tes projets. Je suis certain qu'ils sont tous absolument exceptionnels, et j'ai bien peur que mes idées aient plus à voir avec le fait d'en enlever que d'en coudre. D'autant plus que tu avais exprimé le désir de pouvoir prendre toi-même mes mesures, pour de futures commandes, alors..."

Il ne prête pas attention à l'expression perplexe du serveur, qui intercepte le regard brun-rouge, et se retire avec un petit sourire. De toute évidence, les rumeurs iraient bon train à partir de cet instant. Il n'a jamais amené de femmes ici, mais il a une réputation en ville, ce grand avocat toujours bien habillé. Un instant, des souvenirs de son père, de sa vie, à Londres, lui retournent l'estomac, assombrissent son humeur, mais il se reprend bien vite en regardant Teira. Impossible d'être triste ou de mauvais humeur, avec lui.

Lentement, sans le quitter des yeux, il se penche pour engloutir le contenu de la cuiller, glace, chocolat, chantilly. Il les laisse fondre sur sa langue avant de les avaler, se léchant les lèvres en un mouvement gourmand, avant d'attraper la seconde cuiller et de la tendre, pleine, vers le jeune homme:

"Je dois admettre que la glace n'est pas exactement mon support préféré pour de la chantilly, mais je pense que j'y survivrai."

Il n'a rien en particulier contre le sucre, cela dit. Mais ce dont il a envie, pour l'instant, c'est de voir réapparaître le cramoisi délicieux sur les joues du jeune homme...
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MessageSujet: Re: Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]   Sam 8 Mar - 11:18



Enfin un tête à tête…

Niais. Tout ça était drôlement niais aux yeux d’une petite peluche au caractère de cochon. Sans un mot Tama avait regardé la scène à la fois amusé et écœuré. Son crétin de créateur souriait comme un parfait idiot juste pour un petit échange de salive. Décidément, tout ça le dépassait. Mais il s’était retenu de dire quoique ce soit. Aucune moquerie, ou critique. Il observait simplement les deux humains d’un air goguenard. Oh bien sûr, il se ferait un plaisir de railler Teira à la première occasion. Mais il savait qu’ouvrir sa bouche maintenant serait surement la goutte d’eau qui ferait déborder le vase pour le Tailleur. C’était un moment important pour lui, si il le gâchait… Il n’était pas sûr de sa réaction. Tout comme il n’allait pas risquer de trop provoquer l’Avocat. Pas qu’il en est peur hein. Une peluche n’a peur de rien, que diable ! Mais il n’arrivait pas bien à cerner le personnage… Ni ses réactions. Tama se tût donc, malgré les réflexions qui brûlaient sa langue de coton.

Quant au couturier, il était sur son petit nuage. Le sourire de son vis-à-vis le rendait… Incroyablement heureux. Joyeux. Euphorique… Pour lui, plus rien ne comptait, hors mis le plus âgé. Il se fichait de bafouiller, d’avoir l’air un peu stupide, des regards des autres… Seul Requiem captivait son attention.  Si bien qu’il en oublia même Tama et Tomo pendant un court instant. Il ne s’aperçut même pas que son compagnon à quatre pattes avait finis de manger, et qu’il regardait maintenant la table avec intérêt. Pour dire, même les petites allusions de son vis-à-vis n’arrivait à le sortir complétement de sa béatitude.

-O-oh bah tu sais… Je… tu enfin… Je serais vr-vraiment content de prendre tes mensurations moi-même. Hrum… Et puis,  pour te faire voir mes nouveaux projet il faudra bien les enfiler alors… hum.. Faudra forcement qu’on se dévêtisse !

Ses joues ne semblaient décidemment pas prêtes à perdre leurs couleurs pourpre. Et la perspective de prendre lui-même les mesures de l’homme qui lui faisait face l’émoustillèrent plus qu’il ne l’aurait soupçonné. Il y avait déjà pensé, il avait lui-même énoncer cette envie  dans ses lettres. Mais là maintenant tout de suite, qu’il se retrouvait face à lui, qu’ils avaient échangé une étreinte, un repas, un baiser…. Teira savait d’avance que ses hormones de jeune adulte inexpérimenté se réveilleraient  sans qu’il ne puisse rien contrôler. Déjà là, l’idée de frôler sa peau nue, de pouvoir regarder Requiem  sous tous les angles, lui donnait un coup de chaud… Alors le faire réellement, pour de vrai ! Il n’osait trop y songer, sous peine d’avoir un problème gênant à régler ! Et puis, après une courte réflexion, il s’était aussi rendu compte de ses paroles. De sa dernière phrase. Il venait de dire au tac au tac que la perspective d’enlever ses vêtements ne le dérangeait pas. En soit, si ça avait été un autre que l’Avocat… Non, le Tailleurs ne s’en serait pas vraiment formalisé. Il était pudique certes, mais plutôt naïf et « concon » sur les bords. Si un autre homme lui avait dit ça, il n’y aurait vue de « suspect ». Mais avec le décoloré… C’était tout autre chose. Surtout avec leurs discutions, leurs insinuation, leurs déclarations. Le couturier commençait d’ailleurs à croire que son cerveau embrouillé voyait plus d’allusion qu’il n’aurait due.

Pendant un bref instant, le plus jeune fût subjugué par les lèvres de son interlocuteur. Un frisson parcouru son échine avant d’aller fourmiller au creux de son ventre à la vision de cette langue qui était un peu plus tôt contre la sienne. Mais encore une fois, le Tailleur se reprit bien vite et se pencha à son tour pour gober la cuillère de l’autre. Comme précédemment, il savoura  le contenu qui lui était tendu avant de se remettre correctement à sa place. La glace fit frémir ses papilles, et à son plus grand plaisir le froid fit un bien fou à son corps en ébullition. Il sentit rapidement ses joues devenir moins brûlantes, son esprit sortir enfin du brouillard dans lequel il était empêtré. Un soupir de contentement lui échappa.

-C’est vraiment super bon ! Sa tête se pencha légèrement sur le côté, Ah oui ? Tu préfères manger la chantilly avec quoi alors ? Des fraises ? Personnellement j’adore avec les fraises et les framboise… C’est tellement bon !

Un léger rire passa la barrière de ses lèvres alors que sa cuillère ramenait à celles-ci un nouveau morceau de dessert. Et oui, Teira ne comprenait pas tous les sous-entendus. Il n’avait d’ailleurs jamais imaginé que la chantilly puisse se manger autrement que dans un dessert. Et n’ayant jamais considéré un autre homme, ou bien lui-même d’ailleurs, comme un dessert… Son esprit ne fit pas vraiment le rapprochement. La nuance n’était pas vraiment son truc. Il fallait être beaucoup plus franc avec le couturier. Ce que ne manqua pas de faire remarquer Tama à l’adresse de Requiem.

-C’pas possible d’être aussi idiot. Même moi j’ai compris. Il poussa un soupir désespérer avant de s’adresser directement à l’Avocat. C’tu veux mon avis il a pas capté. Il est trop benêt. Faut lui dire les choses crument pour que son cerveau attardé comprenne. Sinon on est risque pas d’aller bien loin.

Habitué au « insulte » Teira ne se formalisa pas plus que ça des petits piques que son compagnon lançait. Non ce qui l’interpelait plutôt c’était d’avoir –apparemment- mal interpréter les paroles de son vis-à-vis. Un peu confus son regard vira de l’avocat à la peluche et ainsi de suite, cherchant à comprendre ce qu’il avait loupé.

-Quoi ? Qu’est-ce que j’ai pas…

Ses sourcils se froncèrent légèrement sous l’incompréhension, jusqu’à ce que le troisième membre de son trio se mette aussi en action. Le compagnon à poil s’était relevé d’un coup, sa queue battant gaiment l’air, avant de faire bref mouvement en direction de l’avocat qui fut stopper net par la voix du plus jeune.

-Non Tomo. Tu laisses Requiem tranquille ! Viens là.

Docilement, le chien posa sa tête sur les genoux de son maitre pour recevoir quelque caresse. Tout le long du repas, l’animal s’était tenu comme il faut. Il n’avait pas aboyé, pas fait le fou, n’avait pas réclamé l’attention de son maitre ou d’une autre personne. Même lorsque que Tama et Teira s’était chamaillé. Même lorsque l’homme qu’il ne connaissait pas s’était rapproché pour embrasser le couturier. Il n’avait pas bronché d’un pouce. Mais là, il ne tenait plus. Il avait envie de bouger, de se faire papouiller, de sortir du restaurant. Et ça, le Tailleur l’avait bien compris.

Sans prévenir, il se baissa autant qu’il put, s’étirant de tout son long et attrapa la peluche qui se mit à pester autant qu’elle pouvait. Sans écouter ses protestations, Teira l’attacha au harnais de Tomo avant de donner une légère tape amicale sur la troupe de celui-ci.  

-Arrête de râler, il lui donna une pichnette avant de reprendre. Il a envie de sortir, va donc faire un tour avec lui. On vous rejoint sur la place. J’ai envie de finir mon repas tranquille. En… vrai tête à tête.

-Pfff ! J’suis pas ton larbin. Mais t’façon j’préfère sortir… Pas parce que tu m’le demande. Mais parce que ta stupidité et ta niaiserie m’énerve, c’tout. Il lança un regard à l’Avocat histoire de dire « j’t’ai à l’œil », puis guida Tomo en râlant jusqu’à la sortie.

Malgré le mauvais caractère de l’autre, Teira ne put s’empêcher de lui sourire tendrement, parce qu’ il savait que Tama avait beau pester comme un pestiférer, il avait beau dire que ça ne le dérangeait pas de partir… Au fond, c’était juste un air qu’il se donnait.

Il poussa soupir mi-amusé, mi-soulagé une fois seul pour de bon avec l’homme qu’il aimait.

-Encore désolé pour cette interruption. J’aurais dû les envoyer dehors plus tôt ! Un rire un peu confus s’échappa de sa bouche, avant de reprendre, les joues légèrement rosit. M’enfin maintenant on est peu savourer notre dessert rien que tous les deux. En prenant notre temps… Pour appuyer ses dires, il reprit une cuillère de banana split. Et donc, qu’est ce que je n’ai pas compris correctement ?





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Une première rencontre tant attendu [PV Requiem]

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